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CONVENTION NATIONALE (1795).
Le lendemain devait amener line discussion toutaussi grave que celle du jour : en effet, Billaud,Lollot, Barrère et Vadicr devaient être entenduspour la première fois devant la convention. UnePoule de patriotes et de femmes étaient accourusde bonne heure pour remplir les tribunes. LesJeunes gens, plus prompts, les avaient devancés,61 avaient empêché les femmes d’entrer. Ils lesavaient congédiées assez rudement, et il en étaitVesulté quelques rixes autour de la salle. Cepen-dant, de nombreuses patrouilles, répandues auxe nvirons, avaient maintenu la tranquillité publi-lue ; les tribunes s’étaient remplies sans beaucoupde trouble , et depuis huit heures du matinjusqu’à"ûdi, le temps avait été employé à chanter des airsPatriotiques. D’un côté on chantait le Réveil duPeuple, de l’autre la Marseillaise , en attendant'lue les députés vinssent prendre leur place. Enfin,* e président se plaça au fauteuil, au milieu des«ris de Vive la convention! vive la république!Les prévenus vinrent s’asseoir à la barre, et onRendit la discussion avec le plus grand silence.
Robert-Lindet demanda aussitôt la parole pour|* n e motion d’ordre. On se doutait que cet homme"véprochable, que l’on n’avait pas osé accuser* Vec les autres membres du comité de salut public,*hait défendre ses anciens collègues. II était beau
1Ul de le faire, car il était encore plus étranger< P , u Carnot et Prieur de la Côte-d’Or aux mesures
Polit:
uques de l’ancien comité de salut public. Ila vait accepté le soin des approvisionnements ettransports qu’à la condition de rester étranger
ries
a tuâtes les opérations de ses collègues, de neja-tUais délibérer avec eux, et d’occuper même avecSe s bu
Cl;
orité
reaux un autre local. Il avait refusé la soli-avant le danger; le danger arrivé, il venaitf. rec lamer généreusement. On pensait bien que^* ri °t et Prieur de la Côte-d’Or allaient suivreI temple : aussi plusieurs voix de la droite s’é-j^'Ofent à la fois pour s’opposer à ce que Robert-' nde t fût entendu. — La parole est aux préve-^ s > s’ecrie-t-on ; ils doivent la prendre avant leurs» ^ l,Sa 'ours et leurs défenseurs. — « Hier, dit„ Olml on de l’Oise , on a tramé un complot pourj, ? aü y er les accusés; les bons citoyens l’ont dé-" m* 16 Aujourd’hui on a recours à d’autres„ , J ens ; on réveille les scrupules d’hommes hon-
s ’ < l ue l’accusation a séparés de leurs collè-gues ;
• on veut les engager à s’associer aux cou-# P®bles, pour retarder la justice par de nouveaux°bstacles. » Robert-Lindet répondit que c’était
tout le gouvernement qu’on voulait juger, qu’ilen avait été membre, que par conséquent il ne de-vait pas consentir à être séparé de ses collègues,et qu’il demandait sa part de responsabilité. Onose difficilement résister à un acte de courage etde générosité. Robert-Lindet obtint la parole; ilretraça fort longuement les immenses travaux ducomité de salut public; il prouva son activité, saprévoyance, ses éminents services, et fit sentir quel’excitation de zèle produite par la lutte avait seulecausé les excès reprochés à certains membres dece gouvernement. Ce discours, de six heures, nefut pas entendu sans beaucoup d’interruptions. Desingrats, oubliant déjà les services des hommes au-jourd’hui accusés, trouvaient que cette énuméra-tion était longue; quelques membres même eurentl’indécence de dire qu’il fallait imprimer ce dis-cours aux frais de Lindet , parce qu’il coûteraittrop à la république. Les girondins se soulevèrenten entendant parler de l’insurrection fédéralisteet des maux qu’elle avait causés. Chaque partitrouva à se plaindre. Enfin on s’ajourna au lende-main, en se promettant de ne plus souffrir de ceslongues dépositions en faveur des accusés. Cepen-dant, Carnot et Prieur delà Côte-d’Or voulaientêtre entendus à leur tour; ils voulaient, commeLindet , prêter un secours généreux à leurs collè-gues, et se justifier en même temps d’une fouled’accusations qui ne pouvaient porter sur Billaud,Collot et Barrère, sans les atteindre eux-mêmes.Les signatures de Carnot et de Prieur de la Côte-d’Or se trouvaient en effet sur les ordres les plusreprochés aux accusés. Carnot, dont la réputationétait immense, dont on disait en France et en Eu-rope qu’il avait organisé la victoire, dont les lut-tes courageuses avec Saint-Just et Robespierre étaient connues; Carnot ne pouvait être écoutéqu’avec égard et une sorte de respect. Il obtint laparole. — 11 m’appartient, à moi, dit-il, de jus-tifier le comité de salut public, moi qui osai lepremier attaquer en face Robespierre et Saint-Just; et il aurait pu ajouter : Moi qui osai les at-taquer lorsque vous respectiez leurs moindresordres, et que vous décrétiez à leur gré tous lessupplices qu’ils vous demandaient. Il expliqua d’a-bord comment sa signature et celle de ses collè-gues les plus étrangers aux actes politiques ducomité se trouvaient néanmoins au bas des ordresles plus sanguinaires. « Accablés, dit-il, de soins» immenses, ayant jusqu’à trois et quatre centstj affaires à régler par jour, n’ayant pas souvent le
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