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Tome II.
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RÉVOLUTION

» temps d’aller manger, nous étions convenus do» nous prêter les signatures. Nous signions une» multitude de pièces sans les lire. Je signais des» mises en accusation et mes collègues signaient» des ordres de mouvement, des plans d’attaque,» sans que ni les uns ni les autres nous eussions» le temps de nous expliquer. La nécessite de cette» œuvre immense avait exigé cette dictature indi-» viduelle, qu’on s’était réciproquement accordée» à chacun. Jamais, sans cela, le travail n eût été» achevé. L’ordre d’arrêter l’un de mes meilleurs» employés à la guerre, ordre pour lequel j’atta-» quai Saint-Just et Robespierre , et les dénonçai» comme des usurpateurs, cet ordre, je l’avais si-» gné sans le savoir. Ainsi notre signature ne» prouve rien, et ne peut nullement devenir la» preuve de notre participation aux actes reprochés» à l’ancien gouvernement. » Carnot s’attacha en-suite à justifier ses collègues accusés. Tout en con-venant, sans le dire expressément, qu’ils avaientfait partie des hommes passionnés et violents ducomité, il assura qu’ils s’étaient élevés des pre-miers contre le triumvirat, et que l’indomptablecaractère de Billaud-Varennes avait été le plusgrand obstacle que Robespierre eût rencontré surses pas. Prieur de la Côte-d’Or, qui, dans la fa-brication des munitions et des armes, avait rendud’aussi grands services que Carnot, et qui avaitdonné les mêmes signatures, et de la même ma-nière, répéta la déclaration de Carnot, et de-manda, comme lui et Lindet , à partager la res-ponsabilité qui pesait sur les accusés.

Ici la convention sc trouvait replongée dans lesembarras d’une discussion déjà entamée plusieursfois, et qui n’avait jamais abouti qu’à une affreuseconfusion. Cet exemple, donné par trois hommesjouissant d’une considération universelle, et ve-nant se déclarer solidaires de l’ancien gouverne-ment, cet exemple n’était-il pas un avertissementpour elle? Ne signifiait-il pas que tout le mondeavait été plus ou moins complice des anciens co-mités , et qu’elle devait elle-même venir demanderdes fers, comme Lindet , Carnot et Prieur? Eneffet, elle n’avait elle-même attaqué la tyranniequ après les trois hommes qu’elle voulait puniraujourd hui comme ses complices; et, quant àleurs passions, elle les avait toutes partagées; elleétait même plus coupable qu’eux si elle ne lesavait pas ressenties, car elle en avait sanctionnétous les excès.

Aussi la discussion devint-elle, pendant les

FRANÇAISE.

journées des 4, 5 et 6 germinal (24, 25et 26mars)»une mêlée épouvantable. A chaque instant le nomd’un nouveau membre se trouvait compromis; ddemandait à se justifier; il récriminait à son tour*et on se jetait, de part et d’autre, dans des discus-sions aussi longues que dangereuses. On décret®alors que les accusés et les membres de la commis-sion auraient seuls la parole pour discuter les fa* 18 ;article par article, et il fut défendu à tout dép utede chercher à se justifier si son nom était p r °'noncé. On eut beau rendre ce décret; à chaq® einstant la discussion redevint générale, et il nïeut pas un acte qu’on ne se rejetât des uns au*

autres avec une affreuse violence. L’émotion û ul

existait depuis les jours précédents ne fit que s’a c '

croître; il n’y avait qu’un mot dans les faubourg 81

Il faut se porter à la convention pour demandé

du pain, la constitution de 95 et la liberté des p a '

trioles. Par malheur, la quantité de farine néce 8 '

saire pour fournir les dix-huit cents sacs n’éta® 1

pas arrivée à Paris dans la journée du 6, on n®

distribua, dans la matinée du 7, que la moitié d e

la ration, en promettant pour la fin du jour l’ aU ”

tre moitié. Les femmes de la section des Gra v ‘j"

liers, quartier du Temple, refusèrent la de» 11 '

ration qu’on voulait leur donner, et s'assemblère® 1

en tumulte dans la rue du Vert-Bois. Quelq ueS '

unes, qui avaient le mot, s’efforcèrent de form er

un rassemblement, et, entraînant avec elles tout®®

les femmes qu’elles rencontraient, marchèr®®

vers la convention. Pendant qu’elles prenai® ^

cette route, les meneurs coururent chez le P 1 ’®^

dent de la section, s’emparèrent violemment d® ,

sonnette et des clefs de la salle des séances, et»

renl former une assemblée illégale. Us nom®*®

rentun président, composèrent un bureau, 61 .

rent à plusieurs reprises l’article de la déclara 11

des droits qui proclamait l’insurrection comm e

droit et un devoir. Les femmes, pendant ce tem ’

avaient continué leur marche vers la convenu

vo®

en'la

et faisaient un grand bruit à ses portes. EH eSlaient être introduites en niasse : on n’en laissa

trer que vingt. L’une d’elles prit hardiment ^parole, et se plaignit de ce quelles n’avaient reÇ^qu’une demi-livre de pain. Le président ay^voulu leur répondre, elles crièrent : Du P all !'j eSpain! Elles interrompirent par les mêmes ci* 8explications que Boissy-d’Anglas voulait d° n ^^sur la distribution du matin. Enfin, on les fit 8 ^tir et on reprit la discussion sur les accuses- ^comité de sûreté générale fit ramener ces fett*