CONVENTION NATIONALE (1795).
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B peuple. Faites-nous justice de l’armée de Fré-11 r on, et de ces messieurs à bâtons. Et toi, Mon-J> tagne sainte, ajouta l’orateur en se tournant vers” les bancs de gauche, toi qui as tant combattu4 Pour la république, les hommes du 14 juillet, du* lOaoûtetduôl mai te réclament dansce momentJ) de crise ; tu les trouveras toujours prêts à teB soutenir , toujours prêts à verser leur sang pour11 la patrie ! » Des cris, des applaudissementsAccompagnent les dernières paroles de Vanec.^oe voix de l’assemblée semble s’élever contremais on la distingue à peine. On demande'I lle celui qui a quelque chose à dire contre’anec se fasse entendre. — « Oui, s’écrie Duhem,4 qu’il le dise tout haut. » — Les orateurs de plu-s ' e urs sections se succèdent à la barre, et, en ter-mes plus mesurés, demandent les mêmes choseslue celle de la Cité. Le président Dumont répondAvec fermeté que la convention s’occupera desV( 6ux et des besoins du peuple aussitôt qu’ellePourra reprendre ses travaux. — Qu’elle le fassel °ut de suite, répondent plusieurs voix; nous5v <>ns besoin de pain. — Le tumulte dure ainsi? e udant plusieurs heures. Le président est en butteJ, 'les interpellations de toute espèce. — Le roya-le est au fauteuil, lui dit Choudieu . — Nos en-tl °*ï»is excitent l’orage, répond Dumont ; ils igno-que la foudre va tomber sur leurs têtes. —***, réplique Ruamps, la foudre c’est votre jeu-^s$e d u Palais-Royal. — Du pain! du pain! ré-P^ent des femmes en furie,j Cependant, on entend sonner le tocsin du pavil-| 011 de l’Unité. Les comités, en effet, exécutantj. l°i de grande police, faisaient réunir les sec-Plusieurs avaient pris les armes, et mar-ient sur la convention. Les montagnards sen-( |! ent bien qu’il fallait se hâter de convertir en^cts les vœux des patriotes ; mais pour cela il(j 9 * 1 nécessaire de dégager un peu l’assemblée et
I, 6 * a laisser respirer. — Président, s’écrie Du-engage donc les bons citoyens à sortir, pourn ous puissions délibérer. Il s’adressa aussi aurj'tde. — Le tocsin a sonné, lui dit-il, la géné-| a | e a battu dans les sections; si vous ne nousC|, ez P as délibérer, la patrie est perdue. —t'ouï* 6U veut P ren d re une femme par le bras
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e sortir : — Nous sommes chez nous,p 1 11 r<! P 0 nd-f 11 e avec colère. — Choudieu inler-e ^ e président, et lui dit que, s’il ne sait pasU’, ( ‘ 1|r son devoir et faire évacuer la salle, ilà céder la place à un autre. Il parle de nou-
veau à la foule : « On vous tend un piège, lui dit-» il ; retirez-vous, pour que nous puissions accom-» plir vos vœux. » Le peuple, voyant les marques| d’impatience données par toute la Montagne, se' dispose à se retirer. L’exemple donné, on le suit: peu à peu ; la grande aflluence diminue dans l’in-! térieur de la salle, et commence aussi à diminuer: au dehors. Les groupes de jeunes gens n’auraientrien pu aujourd’hui contre ce peuple immense ;mais les bataillons nombreux des sections fidèlesà la convention arrivaient déjà de toutes parts, etla multitude se retirait devant eux. Vers le soir,l’intérieur et l’extérieur de la salle se trouventdéga-gés, et la tranquillité est rétablie dans la convention.
A peine l’assemblée est-elle délivrée que l’ondemande la continuation du rapport de Boissy-d’Anglas, qui avait été interrompu par l’irruptionde la populace. L’assemblée n’était pas encore bienrassurée, et voulait prouver que, devenue libre,son premier soin était de s’occuper des subsistancesdu peuple. A la suite de son rapport, Boissy pro-pose de prendre dans les sections de Paris uneforce armée pour protéger aux environs l’arrivagedes grains. Le décret est rendu. Prieur de la Marne propose de commencer la distribution du pain parles ouvriers ; cette proposition est encore adoptée.La soirée était déjà fort avancée; une force consi-dérable était réunie autour de la convention.Quelques factieux, qui résistaient encore, s’étaientréunis les uns dans la section des Quinze-Vingts,les autres dans celle de la Cité. Ces dernierss’étaient emparés de l’église de Notre-Dame , et s’yétaient pour ainsi dire retranchés. Néanmoins onn’avait plus aucune crainte, et l’assemblée pouvaitpunir les attentats du jour.
Isabeau se présente au nom des comités, rap-porte les événements de la journée, la manièredont les rassemblements s’étaient formés, la di-rection qu’ils avaient reçue, et les mesures queles comités avaient prises pour les dissiper, con-formément à la loi du 1" germinal. 11 rapporte quele député Auguis, chargé de parcourir différentsquartiers de Paris , a été arrêté par les factieux etblessé; que Pénière, envoyé pour le dégager, a étéatteint d’un coup de feu. A ce récit, on pousse descris d’indignation, on demande vengeance. Isa-beau propose: 1° de déclarer qu’en ce jour laliberté des séances de la convention a été violée;2° de charger les comités d’instruire contre lesauteurs de cet attentat. A cette proposition, lesmontagnards, voyant quel avantage on va tirer