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RÉVOLUTION FRANÇAISE.
des Gravilliers ; que les jeunes gens étaient ras-semblés au nombre de trente mille au Champ deMars , et qu’avec leur secours on allait désarmerles sections patriotes. Ils forcèrent les autorités dela section de la Cité de donner ses tambours; ilss’en emparèrent, et se mirent à battre la généraledans toutes les rues. L’incendie s’étendit avec ra-pidité; la population du Temple et du faubourgSaint-Antoine se leva, et, suivant les quais et lesboulevards, se porta vers les Tuileries . Des femmes,des enfants, des hommes ivres, composaient cerassemblement formidable; ces derniers étaientarmés de bâtons, et portaient ces mots écrits surleurs chapeaux: Du pain et la constitution de 93.
Dans ce moment, la convention écoutait un rap-port de Boissy-d’Anglas sur les divers systèmesadoptés en matière de subsistances. Elle n’avait'auprès d’elle que la garde ordinaire; le rassem-blement était parvenu jusqu’à ses portes; il inon-dait le Carrousel, les Tuileries , et obstruait toutesles avenues, de manière que les nombreuses pa-trouilles répandues dans Paris ne pouvaient venirau secours de la représentation nationale. La foules’introduit dans le salon de la Liberté, qui précé-dait la salle des séances, et veut pénétrer j usqu’ausein même de l’assemblée. Les huissiers et la gardefont effort pour l’arrêter ; des hommes, armés debâtons, se précipitent, dispersent tout ce qui veutrésister, se ruent contre les portes, les enfoncent,et débordent enfin, comme un torrent, dans lemilieu de l’assemblée en poussant des cris, en agi-tant leurs chapeaux, et en soulevant un nuage depoussière. Du pain! du pain! la constitutionde 93! tels sont les mots vociférés par cette fouleaveugle. Les députés ne quittent point leurs siègeset montrent un calme imposant. Tout à coup l’und’eux se lève, et crie: Vive la république! Tousl’imitent, et la foule pousse aussi le même cri,mais elle ajoute : Du pain ! la constitution de 93 !les membres seuls du côté gauche font éclater quel-ques applaudissements, et ne sembleni pas attris-tés de voir la populace au milieu d’eux. Cette mul-titude , à laquelle on n’avait tracé aucun plan,dont les meneurs ne voulaient se servir que pourintimider la convention, se répand parmi les dé-putes, va s’asseoir à côté d’eux, mais sans oser sepermettre aucune violence à leur égard. Legendreveut prendre la parole. — Si jamais, dit-il, la mal-veillance... On ne le laisse pas continuer. — Abas! à bas! s’écrie la multitude, nous n’avons pasde pain ! Merlin de Thionville , toujours aussi cou-
rageux qu’à Mayence ou dans la Vendée , quittesa place, descend au milieu de la populace, P ar ^ eà plusieurs de ces hommes, les embrasse, en estembrassé, et les engage à respecter la convention-- -— A ta place ! lui crient quelques montagnards-« Ma place, répond Merlin, est au milieu du p eU '» pie. Ces hommes viennent de m’assurer q u» n’ont aucune mauvaise intention ; qu’ils ne v eU '» lent point imposer à la convention parleur non 1 '» bre; que loin de là, ils la défendront, et qu d s» ne sont ici que pour lui faire connaître l’urgen ce» de leurs besoins. — Oui, oui, s’écrie-t-on e11 '» core dans la foule, nous voulons du pain ! »
Dans ce moment, on entend des cris dans 1°salon de la Liberté : c’est un nouveau flot pop u 'laire qui déborde sur le premier: c’est une se 'coude irruption d’hommes, de femmes et d e nfants, criant tous à la fois; Du pain! du pain!- - |Legendre veut recommencer ce qu’il allait dir e ’on l’interrompt encore en criant : A bas!
Les montagnards sentaient bien que, dansétat, la convention, opprimée,avilie, étouffée, !,cpouvait ni écouter, ni parler, ni délibérer, etflj 1 ®le but même de l’insurrection était manqué, P U,Sque les décrets désirés ne pouvaient être rend uS-Gaston et Duroi, tous deux siégeant à gauche»lèvent et se plaignent de l’état où l’on a réd ull’assemblée. Gaston s’approche du peuple : ((
» amis, dit-il, vous voulez du pain, la liberté d®
» patriotes et la constitution ; mais pour ceh*
» faut délibérer, et on ne le peut pas si vous r® s» tez ici. » Le bruit empêche que Gaston soit e(ltendu. André Dumont, qui a remplacé le présmau fauteuil, veut en vain donner les mêmes ra ^sons à la foule ; il n’est pas écouté. Le montagn arHuguet parvient seul à faire entendre que'fl 11 ^mots: «Le peuple qui est ici, dit-il, n’est p aS ,
» insurrection ; il vient demander une chose j ust f^
» c’est l’élargissement des patriotes. Peuple» n» bandonne pas tes droits! » Dans ce momeut»homme monte à la barre, en traversant l a 1 jqui s’ouvre devant lui; c’est le nommé Vanec, lcommandait la section de la Cité à l’époq ue ^31 mai. « Représentants, dit-il, vous voy eZ» vant vousles hommes du 14 juillet, du 10 a °
» et encore du 51 mai... » Ici les tribunes,pulace et la Montagne applaudissent à outr« Ges hommes, continue Vanec, ont juré de v ^
» libres ou de mourir. Vos divisions déchu» patrie; elle ne doit plus souffrir de vos ha 1 ^
» Rendez la liberté aux patriotes, et le P a