177
CHAPITRE XI.
°fttinuation des négociations de Bâle . — Traité de paix avec ta Hollande. Conditions de ce traité. — Autre traité de paix* v ec la Prusse. — Politique de l’Autriche et des autres Etats de l’Empire. — Paix avec la Toscane. — Négociations avecVendée et la Bretagne. Soumission de Charette et autres chefs. Stofflet continue la guerre. Politique de Hoche pour^ pacification de l’Ouest. Intrigues des agents royalistes. Paix simulée des chefs insurgés dans la Bretagne . PremièrePacification de la Vendée. — Etat de l’Autriche et de l’Angleterre ; plans de Pitt , discussions du parlement anglais , —Préparatifs de la coalition pour une nouvelle campagne.
Pendant ces tristes événements, les négociationsCommencées à Bâle avaient été interrompues unOioment par la mort duTjaron de Goltz. Aussitôt,e s bruits les plus fâcheux se répandirent. Un jour0,1 disait: Les puissances ne traiteront jamais avecCfte république sans cesse menacée par les fâc-hons; elles la laisseront périr dans les convulsions'•!(: l’anarchie, sans la combattre et sans la recon-naître. Un autre jour, on prétendait tout le con-fire. La paix, disait-on, est faite avec l’Espagne ,6s armées françaises n’iront pas plus loin ; ontp oite avec l’Angleterre, on traite avec la Russie ,'"ois aux dépens de la Suède et du Danemark , quiV °nt être sacrifiés à l’ambition de Pitt et de Cathe->ln e, et qui seront ainsi récompensés de leur ami-
tié
Averse dans ses dires, imaginait toujours le con-fire de ce qui convenait à la république; ellePposait des ruptures où l’on désirait la paix, et
k 4
j paix où l’on désirait des victoires. Une autre> enfin, elle tâcha de faire croire que toute paix6l nit à jamais impossible, et qu’il y avait à ce sujet1)116 protestation déposée au comité de salut public,la majorité des membres de la convention., 6t ait une nouvelle saillie de Duhem qui avait^° n «é lieu à ce bruit. Il prétendait que c’était unenperie de traiter avec une seule puissance, et^>1 ne fallait accorder la paix à aucune, tant^ e Ues ne viendraient pas la demander toutes en-
^jùble. Il avait déposé une note à ce sujet au co-nfit'
*ùie
6 de salut public, et c’est là ce qui fit supposerPrétendue protestation.
^ patriotes, de leur côté, répandaient desnon moins fâcheux. Ils disaientque la Prussea ' n ait les négociations en longueur, pour faire^ ^Prendre la Hollande dans un traité communec elle, pour la conserver ainsi sous son in-
fluence et sauver le stathoudérat. Ils se plai-gnaient de ce que le sort de cette république restaitsi longtemps incertain, de ce que les Français n’yjouissaient d’aucun des avantages de la conquête,de ce que les assignats n’y étaient reçus qu’à moitiéprix et seulement des soldats; de ce que les négo-ciants hollandais avaient écrit aux négociantsbelges et français qu’ils étaient prêts à rentrer enaffaires avec eux, mais à condition d’être payésd’avance et en valeurs métalliques; de ce que lesHollandais avaient laissé partir le stathouder em-portant tout ce qu’il avait voulu, et envoyé àLondres ou transporté sur les vaisseaux de lacompagnie des Indes une partie de leurs richesses.Beaucoup de difficultés s’étaient élevées en effet enHollande, soit à cause des cdnditions de la paix,soit à cause de l’exaltation du parti patriote. Lecomité de salut public y avait dépêché deux deses membres, capables par leur influence de ter-miner tous les différends. Dans l’intérêt de la né-gociation, il avait demandé à la convention la fa-culté de ne désigner ni leur nom ni l’objet de leurmission. L’assemblée y avait consenti, et ils étaientpartis sur-le-champ.
Il était naturel que de si grands événements,que de si hauts intérêts excitassent des espérances,des craintes et des dires si contraires. Mais, mal-gré toutes ces rumeurs,les conférenceseontinuaientavec succès; le comte de Hardenberg avait rem-placé à Bâle le baron de Goltz, et les conditionsallaient être arrêtées de part et d’autre.
A peine ces négociations avaient-elles été enta-mées que l’empire des faits s était fait sentir, etavait exigé des modifications aux pouvoirs du co-mité de salut public. Un gouvernement tout ou-vert, qui ne pourrait rien cacher, rien décider parlui-même, rien faire sans une délibération publi-