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Tome II.
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RÉVOLUTION FRANÇAISE.

que, serait incapable de négocier un traité avec jaucune puissance, même la plus franche. Il faut, jpour traiter, signer des suspensions d’armes, neu- jtraliser des territoires; il faut surtout du secret, jcar une puissance négocie quelquefois longtemps iavant qu’il lui convienne de l’avouer. Ce n’est pas ■;tout : il y a souvent des articles qui doivent de- |meurer ignorés. Si une puissance promet, par !exemple, d’unir ses forces à celles d’une autre; si |elle stipule ou la jonction d’une armée, ou celle jd’une escadre, ou un concours quelconque demoyens, ce secret devient de la plus grande im-portance. Comment le comité de salut public, re-nouvelé par quart chaque mois, obligé de rendrecompte de tout, et n’ayant plus la vigueur et lahardiesse de l’ancien comité, qui savait tout pren-dre sur lui-même; comment aurait-il pu négocier,surtout avec des puissances honteuses de leursfautes, n’avouant qu’avec peine leur défaite, ettenant toutes, ou à laisser des conditions cachées*ou à ne publier leur transaction que lorsqu’elleserait signée? La nécessité où il s’était trouvé d’en-voyer deux de ses membres en Hollande, sans faireconnaître ni leur nom, ni leur mission, était unepremière preuve du besoin de secret dans les opé-rations diplomatiques. Il présenta en conséquenceun décret qui lui attribuait les pouvoirs indispen-sablement nécessaires pour traiter, et qui fut lacause de nouvelles rumeurs.

C’est un spectacle curieux, pour la théorie desgouvernements, que celui d’une démocratie sur-montant son indiscrète curiosité, sa défiance àl’égard du pouvoir, et, subjuguée par la nécessité,accordant à quelques individus la faculté de sti-puler même des conditions secrètes. C’est ce quefit la convention nationale . Elle conféra au comitéde salut public le pouvoir de stipuler des armis-tices, de neutraliser des territoires, de négocierdes traités, d’en arrêter les conditions, de les ré-diger, de les signer même, et elle ne s’en réservaque ce qui lui appartenait véritablement, c’est-à-dire la ratification. Elle fit plus : elle autorisa lecomité à signer des articles secrets, sous la seulecondition que ces articles ne contiendraient riende dérogatoire aux articles patents, et seraient pu-bliés dès que l’intérêt du secret n’existerait plus.Muni de ces pouvoirs, le comité poursuivit et con-duisit a terme les négociations commencées avecdifférentes puissances.

La paix avec la Hollande fut enfin signée sousl’influence de Rewbell, et surtout de Sieyes , qui

étaient les deux membres du comité récemrof 1envoyés en Hollande. Les patriotes holland alSfirent au célèbre auteur de la première déclaratifdes droits un accueil brillant, et eurent pour l u 'une déférence qui termina bien des difficultés. L eSconditions de la paix, signée à La Haye le 27 fl®réal an m ( 16 mai ), furent les suivantes : La l ' e 'publique française reconnaissait la république 0Provinces-Unies comme puissance libre et i n< ^pendante, lui garantissait son indépendancel’abolition du stathoudérat. Il y avait entre les de u *républiques alliance offensive et défensive pends 11toute la durée de la guerre actuelle. Cette alli al,ceoffensive et défensive devait être perpétuelle ent reles deux républiques dans tous les cas de gue rl ’ econtre l’Angleterre. Celle des Provinces-Unies m cl 'tait actuellement à la disposition de la Fraïfdouze vaisseaux de ligne et dix-huit frégates, fdevaient être employés principalement dans 1mers d’Allemagne, du Nord et Baltique . Elle fnait en outre pour auxiliaire à la Fi’ance la mof 1 'de son armée de terre, qui, à la vérité, étaitduite presque à rien, et devait être réorganisée el 'entier. Quant aux démarcations de territoire,étaient fixées comme il suit : la France g ar ,,toute la Flandre hollandaise, de manière qu’ 6 * 1,complétait ainsi son territoire du côté de la if r !et l’étendait jusqu’aux bouches des fleuves; dude la Meuse et du Rhin , elle avait la possessio® ^Venloo et Maestricht , et tous les pays compr* s ‘midi de Venloo , de l’un et l’autre côté de laAinsi la république renonçait sur ce point à stendre jusqu’au Rhin , ce qui était raisonnable-ce côté, en effet, le Rhin, la Meuse , l’Escatt®>mêlent tellement qu’il n’y a plus de limite c> al , -Lequel de ceà bras d’eau doit-il être consid ecomme le Rhin ? on ne le sait, et tout est con v ®^tion à cet égard. D’ailleurs, de ce côté, al f yhostilité ne menace la France que celle de lu . clande, hostilité fort peu redoutable, et qui n ' j epas la protection d’une grande limite. ^ a ^ 0 g-territoire indiqué par la nature à la Hollande^ ^sistant dans les terrains d’alluvions transpof ^l’embouchure des fleuves, il aurait falluFrance , pour s’étendre jusqu’à l’un des V TinC ^ 0 \pscours d’eau, s’emparât des trois quarts au ^de ces terrains, et réduisît presque à rien lu r ^blique qu’elle venait d’affranchir. Levient limite pour la France , à l’égard de 1 • . „

gne, qu’aux environs de Wesel , et la p aSdes deux rives de la Meuse , au sud de Ven oo,