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CONVENTION NATIONALE (1795).
sait cette question intacte. De plus, la républiquefrançaise se réservait la faculté, en cas de guerredu côté du Rhin ou de la Zélande , de mettre gar-llls on dans les places de Grave, Bois-le-Duc etBerg-op-Zoom. Le port de Flessingue demeuraitcommun. Ainsi, toutes les précautions étaient pri-ses. La navigation du Rhin, de la Meuse , de l’Es-Caut, du Hondt et de toutes leurs branches, étaita jamais déclarée libre. Outre ces avantages, une•ndemnité de 100 millions de florins était payéePar la Hollande. Pour dédommager cette dernière( ie ses sacrifices, la France lui promettait, à la pa-cification générale, des indemnités de territoire,prises sur les pays conquis, et dans le site le plusconvenable à la bonne démarcation des limitesréciproques.
Ce traité reposait sur les bases les plus raison-nables ; le vainqueur s’y montrait aussi généreuxqu’habile. Vainement a-t-on dit qu’en attachant laHollande à son alliance, la France l’exposait àperdre la moitié de ses vaisseaux détenus dans lesports de l’Angleterre, et surtout ses colonies livréessans défense à l’ambition de Pitl. La Hollande,laissée neutre, n’aurait ni recouvré ses vaisseaux,ni conservé ses colonies, et Pitt aurait trouvé en-core le prétexte de s’en emparer pour le compte'lu stathouder. La conservation seule du stathou-Hérat , sans sauver d’une manière certaine ni lesVaisseaux , ni les colonies hollandaises, aurait duMoins ôté tout prétexte à l’ambition anglaise;ntais le maintien du stalhoudérat, avec les princi-pes politiques de la France , avec les promessesfrites aux patriotes bataves, avec l’esprit qui lesanimait, avec les espérances qu’ils avaient conçuese n nous ouvrant leurs portes, était-il possible, con-v enable même?
Les conditions avec la Prusse étaient plus faciles0 régler. Bischoffverder venait d’être enfermé. Ler oi de Prusse, délivré des mystiques, avait conçu"ne ambition toute nouvelle. Il ne parlait plus deSa uver les principes de l’ordre général ; il voulaitMaintenant se faire le médiateur de la pacificationUniverselle. Le traité fut signé avec lui à Bâle ,fr 16 germinal (5 avril 1795). Il fut convenu d’a-^°cd qu’il y aurait paix, amitié et bonne intelli-gence entre Sa Majesté le roi de Prusse et la répu-blique française ; que les troupes de cette dernièreabandonneraient la partie des États prussiensbelles occupaient sur la rive droite du Rhin ;fi" elles continueraient à occuper les provincesP r nssiennes situées sur la rive gauche, et que le
sort définitif de ces provinces ne serait fixé qu’àla pacification générale. Il était bien évident, d’a-près cette dernière condition, que la république,sans s’expliquer encore positivement, songeait à sedonner la limite du Rhin , mais que, jusqu a denouvelles victoires sur les armées de l’Empire etsur l’Autriche , elle ajournait la solution des diffi-cultés que cette grande détermination devait fairenaître. Alors seulement elle pourrait ou évincerles uns, ou donner des indemnités aux ,autres. Larépublique française s’engageait à recevoir la mé-diation du roi de Prusse pour sa réconciliationavec les princes et les États de l’empire germani-que ; elle s’engageait même, pendant trois mois,à ne pas traiter en ennemis ceux des princes de larive droite en faveur de qui Sa Majesté Prussiennes’intéresserait. C’était le moyen assuré d’amenertout l’Empire à demander la paix par l’intermé-diaire de la Prusse .
En effet, aussitôt que ce traité fut signé, le ca-binet de Berlin fit solennellement annoncer sa dé-termination à l’Empire, et les motifs qui l’avaientdirigée. Il déclara à la diète qu’il offrait ses bonsoffices à l’Empire s’il désirait la paix; et, si lamajorité des États la refusait, à ceux d’entre euxqui seraien t obligés de traiter isolément pour leursûreté personnelle. De son côté, l’Autriche adressades réflexions très-amères à la diète; elle dit qu’elledésirait la paix autant que personne, mais qu’ellela croyait impossible; qu’elle choisirait le momentconvenable pour en traiter, et que les États del’Empire trouveraient beaucoup plus d’avantages àse confier à l’antique foi autrichienne , qu’à despuissances parjures qui avaient manqué à tousleurs engagements. La diète, pour paraître se pré-parer à la guerre, tout en demandant la paix,décréta pour cette campagne le quintuple contin-gent, et stipula que les États qui ne pourraientfournir des soldats auraient la faculté de s’en dis-penser en donnant 240 florins par homme. Enmême temps, elle décida que l’Autriche , venant dese lier avec l’Angleterre pour la continuation dela guerre, ne pouvait être médiatrice de la paix,et résolut de confier cette médiation à la Prusse.11 ne resta plus à déterminer q Ue la forme et lacomposition de la députation.
Malgré ce vif désir de traiter, l’Empire ne le pou-vait guère en masse ; car il devait exiger, pour sesmembres dépouillés de leurs États, des restitutionsque la France n’aurait pu faire sans renoncer à laligne du Rhin . Mais il était évident que, dans cette