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Tome II.
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CONVENTION NATIONALE (1795).

abandonnés de leurs paysans, suivis à peine deQuelques guerroyeurs déterminés, pressés de tou-tes parts par les généraux républicains, réduits àloisir entre une amnistie ou une destructionc °mplète, avaient été amenés à traiter de la paix ;0,1 a vu comment Charette avait accepté une en-tr evue près de Nantes ; comment le prétendu baronde Cormatin , major général de Puisaye, s’étaitPrésenté pour être le médiateur de la Bretagne ;Comment il voyageait avec Humbert, balancé en-le désir de tromper les républicains, de seConcerter avec Charette, de séduire Canclaux, etAmbition d’être le pacificateur de ces célèbresMontrées. Le rendez-vous commun était à Nantes ;es entrevues devaient commencer au château dea Jaunaye, à une lieue de cette ville, le 24 plu-'iôse (12 février).

Cormatin, arrivé à Nantes , avait voulu faireParvenir à Canclaux la lettre de Puisaye; maisc et homme, qui voulait tromper les républicains,Ce sut pas même leur soustraire la connaissance^ cette lettre si dangereuse. Elle fut connue etPubliée, et lui obligé de déclarer que la lettreCl ait supposée, qu’il n’en était point le porteur,

^ qu’il venait sincèrement négocier la paix. Il selr °uva par là plus engagé que jamais. Ce rôle de'uplomate habile, trompant les républicains, don-nant le mot à Charette, et séduisant Canclaux, luiéchappait; il ne lui restait plus que celui de paci-‘cateur. Il vit Charette , et le trouva réduit, par5 a position, à traiter momentanément avec l’en-" ei »i. Dès cet instant, Cormatin n’hésita plus àlf availler à la paix. Il fut convenu que cetle paix5er ait simulée, et qu’en attendant l’exécution des^ to ttiesses de l’Angleterre, on paraîtrait se sou-mettre à la république. Pour le moment, on songea°htenir les meilleures conditions possibles. Cor-^atin et Charette, dès que les conférences furentpertes , remirent une note dans laquelle ilsglandaient la liberté des cultes, des pensionsy'^entaires pour tous les ecclésiastiques de laÇttdée, l’exemption de service militaire et d’im-j° l pendant dix ans, afin de réparer les maux de. (Pierre, des indemnités pour toutes les dévas-l0 Us, l’acquittement des engagements contrac-jJ’ Par les chefs pour le besoin de leurs armées,f . ^etablissement des anciennes divisions terrilo- jt r . du pays et de son ancien mode d’adminis- !,^°n, la formation de gardes territoriales sous,1 ordres des généraux actuels, l’éloignementto utes les armées républicaines, l’exclusion

de tous les habitants de la Vendée qui étaient sor-tis du pays comme patriotes, et dont les royalis-tes avaient pris les biens, enfin une amnistiecommune aux émigrés comme aux Vendéens. Depareilles demandes étaient absurdes et ne pou-vaient être admises. Les représentants accordèrentla liberté des cultes, des indemnités pour ceuxdont les chaumières avaient été dévastées, l’exemp-tion de service pour les jeunes gens de la présenteréquisition, afin de repeupler les campagnes, laformation de gardes territoriales, sous les ordresdes administrations, au nombre de deux millehommes seulement; l’acquittement des bons signéspar les généraux, jusqu’à la concurrence de deuxmillions. Mais ils refusèrent le rétablissement desanciennes divisions territoriales et des anciennesadministrations, l’exemption d’impôt pendant dixans, l’éloignement des armées républicaines, l’am-nistie pour les émigrés, et ils exigèrent la rentréedans leurs biens des Vendéens patriotes. Ils stipu-lèrent, de plus, que toutes ces concessions se-raient renfermées, non dans un traité, mais dansdes arrêtés rendus par les représentants en mis-sion ; et que, de leur côté, les généraux vendéenssigneraient une déclaration par laquelle ils recon-naîtraient la république et promettraient de sesoumettre à ses lois. Une dernière conférence futfixée pour le 29 pluviôse (17 février), car la trêvefinissait le 50.

On demanda, avant de conclure la paix, queStofilet fût appelé à ces conférences. Plusieursofficiers royalistes le désiraient, parce qu’ils pen-saient qu’on ne devait pas traiter sans lui ; lesreprésentants le souhaitaient aussi, parce qu’ilsauraient voulu comprendre dans une même trans-action toute la Vendée . Stofilet était dans ce mo-ment dirigé par l’ambitieux abbé Bernier, lequelétait peu disposé à une paix qui allait le priverde toute son influence; d’ailleurs Stofilet n’aimaitpas à jouer le second rôle, et il voyait avec humeurtoute cette négociation commencée et conduitesans lui. Cependant, il consentit à se rendre auxconférences; il vint à La Jaunaye avec un grandnombre de ses officiers.

Le tumulte fut grand. Les partisans de la paixet ceux de la guerre étaient fort échauffés les unscontre les autres. Los premiers se groupaient au-tour de Charette ; ils alléguaient que ceux quivoulaient continuer la guerre étaient ceux-làmêmes qui n allaient jamais au combat ; que lepays était ruiné et réduit aux abois; que les puis-