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Tome II.
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CONVENTION NATIONALE (1795).

Usions, écrivirent à Puisaye qu’on les avait trom-pes, qu’il n’avait qu’à venir, et qu’au premierSl gnal ils se lèveraient pour voler à sa rencontre.Quelques jours après, Stofflet , se voyant aban-donné, signa la paix à Saint-Florent, aux mêmesconditions.

Tandis que les deux Vendées et la Bretagne sesoumettaient, Cliarette venait enfin derecevoir pourlu première fois une lettre du régent; elle était da-tée du 1 er février. Ce prince l’appelait le secondfondateur de la monarchie, lui parlait de sa re-connaissance, de son admiration, de son désir dele rejoindre, et le nommait lieutenant général. Cestémoignages arrivaient un peu tard. Cliarette, toutemu, répondit aussitôt au régent que la lettre dontd venait d’être honoré transportait son âme de■j°ie; que son dévouement et sa fidélité seraient tou-jours les mêmes; que la nécessité seule l’avaitobligé de céder, mais que sa soumission n’étaitfiu’apparentc ; que lorsque les parties seraientni ieux liées, il reprendrait les armes, et seraitPrêt à mourir sous les yeux de son prince, et pour1® plus belle des causes.

Telle fut cette première pacification des pro-Vl) ices insurgées. Comme l’avait deviné Hoche,olle n’était qu’apparente; mais comme il l’avaitSei *ti aussi, on pouvait la rendre funeste aux chefsVendéens, en habituant le pays au repos, aux loiso la république, et en calmant ou occupant d’uneOutre manière cette ardeur de combattre qui ani-sé-Clu

"oit quelques hommes. Malgré les assurances de

tout.

‘urette au régent, et des chouans à Puisaye,

fiuel

e ardeur devait s’éteindre dans les â

aines apres

ques mois de calme. Ces menées n’étaient plus'loo des actes de mauvaise foi, excusables sans^°ute dans l’aveuglement des guerres civiles, mais’l’ii ôtent à ceux qui se les permettent le droit deSe plaindre des sévérités de leurs adversaires. Les^Présentants et les généraux républicains mirent* plus grand scrupule à faire exécuter les condi-l| ons accordées. Il est sans doute inutile de mon-,1<; r l’absurdité du bruit répandu alors, et même

lft pété depuis, que les traités signés renfermaient

j 6s articles secrets, portant la promesse de mettre| 0ln ' s XVII sur le trône. Comme si des représen-^ats avaient pu être assez fous pour prendre deC , en gagements! comme s’il eût été possibleT* on voulût sacrifier à quelques partisans une ré-plique qu’on persistait à maintenir contre toute^ar°p e j Du reste, aucun des chefs, en écrivantlx Princes ou aux divers agents royalistes, n’a

jamais osé avancer une telle absurdité. Cliarette,mis plus tard en jugement pour avoir violé les con-ditions faites avec lui, n’osa pas non plus fairevaloir cette excuse puissante de la non-exécutiond’un article secret. Puisaye, dans ses Mémoires, ajugé l’assertion aussi niaise que fausse; et on nela rappellerait point ici, si elle n’avait été repro-duite dans une foule de Mémoires.

Cette paix n’avait pas seulement pour résultatd’amener le désarmement de la contrée ; concou-rant avec celle de la Prusse, de la Hollande et dela Toscane , et avec les intentions manifestées parplusieurs autres Étals, elle eut encore l’avantagede produire un effet moral très-grand. On vit larépublique reconnue à la fois par ses ennemis dudedans et du dehors, par la coalition et par leparti royaliste lui-même.

11 ne restait plus, parmi les ennemis décidés dela France, que l’Autriche et l’Angleterre. LaRussie était trop éloignée pour être dangereuse ;l’Empire était prêt à se désunir, et incapable desoutenir la guerre; le Piémont était épuisé;l’Espagne , partageant peu les chimériques espé-rances des intrigants royalistes, soupirait après lapaix ; et la colère de la cour de Naples était aussiimpuissante que ridicule. Pitt, malgré les triomphesinouïs de la république française, malgré unecampagne sans exemple dans les annales de laguerre, n’était point ébranlé; et sa ferme intelli-gence avait compris que tant de victoires funestesau continent n’étaient nullement dommageablespour l’Angleterre. Le stathouder, les princes d’Al-lemagne, l’Autriche, le Piémont, l’Espagne ,avaient perdu à cette guerre une* partie de leursÉtats; mais l’Angleterre avait acquis sur les mersune supériorité incontestable; elle dominait laMéditerranée et l’Océan ; elle avait saisi une moi-tié des flottes hollandaises ; elle forçait la marinede l’Espagne à s’épuiser contre celle de la France ;elle travaillait à s’emparer de nos colonies, elleallait occuper toutes celles des Hollandais, et as-surer à jamais son empire dans l’Inde . Il lui fal-lait pour cela encore quelque temps de guerre etd’aberrations politiques chez les puissances ducontinent. Il lui importait donc d’exciter les hosti-lités, en donnant des secours à l’Autriche , en ré-veillant le zèle de l’Espagne , en préparant denouveaux désordres dans les provinces méri-dionales de la France . Tant pis pour les puissan-ces belligérantes, si elles étaient battues dans unenouvelle campagne : l’Angleterre n’avait rien à