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Tome II.
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«ÉVOLUTION FRANÇAISE .

qu’il fallait poser les armes, que l'Angleterre trom-pait les royalistes, que l’on devait tout attendrede la convention, qu’elle allait rétablir elle-mêmela monarchie, et que, dans le traité signé avecCharette, se trouvaient des articles secrets por-tant la condition de reconnaître bientôt pour roile jeune orphelin du Temple, LouisXVII . Cormatin,dont la position était devenue fort embarrassante,qui avait manqué aux ordres de Puisaye et du co-mité central, trouva dans le système des agents deParis une excuse et un encouragement pour saconduite. Il paraît même qu’on lui fit espérer lecommandement de la Bretagne à la place dePuisaye. A force de soins, il parvint à réunir lesprincipaux chouans à La Prévalaye, et les confé-rences commencèrent.

Dans cet intervalle, MM. de Tinléniac et de LaIîobcric venaient d’être envoyés de Londres parPuisaye, le premier pour apporter aux chouans dela poudre, de l’argent, et la nouvelle d’une pro-chaine expédition ; le second pour faire parvenir àson oncle Charette l’invitation de se tenir prêt à se-conder la descente en Bretagne , et enfin tous deuxpour faire rompre les négociations. Us avaientcherche à débarquer avec quelques émigrés vers lescôtes du nord ; les chouans avertis, étant accourusà leur rencontre, avaient eu un engagement avecles républicains, et avaient été battus. MM. de LaRoberie et de Tinténiac s’étaient sauvés par mira-cle ; mais la trêve était compromise, et Hoche, quicommençait à se méfier des chouans, qui soupçon-nait la bonne foi de Cormatin, voulait le faire ar-rêter. Cormatin protesta de sa bonne foi auprès desreprésentants, et obtint que la trêve ne serait pasrompue. Les conférences continuèrent à La Préva-laye. Un agent de Stolïlet vint y prendre part.Slolllet, battu, poursuivi, réduit à l’extrémité,privé de toutes ses ressources par la découverte dupetit arsenal qu’il avait dans un bois, demandaitenfin à être admis à traiter, et venait d’envoyer unreprésentant à La Prévalaye. C’était le généralBeauvais . Les conférences furent extrêmement vi-ves, comme elles l’avaient été à La Jaunaye. Legénéral Beauvais y soutint encore le système de laguerre, malgré la triste position du chef qui l’en-voyait, et prétendit que Cormatin, ayant signé lapaix de La Jaunaye et reconnu la république, avaitperdu c commandement dont Puisaye l’avait re-vêtu , cl ne pouvait plus délibérer. M. de Tinténiac,parvenu, malgré tous les dangers, au lieu desconférences, voulut les rompre au nom de Puisaye,

et retourner aussitôt à Londres ; mais Connut 111et les partisans de la paix l’en empêchèrent. Cor-matin décida enfin la majorité à une transaction’en lui donnant pour raison qu’on gagnerait ‘* utemps par une soumission apparente, et qu’on en-dormirait la surveillance des républicains. Les con-ditions étaient les mêmes que celles accordées 11Charette : liberté des cultes, indemnités à ce«*

dont les propriétés avaient été dévastées, exet»Plion de la réquisition, institution des gardes ton*toriales. Il y avait une condition de plus dans I etraité actuel : c’était un million et demi pour 1® Sprincipaux chefs, somme dont Cormatin devu* 1avoir sa part. Pour ne pas cesser un instant, dit J cgénéral Beauvais, de faire acte de mauvaise f 01 ’

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Cormatin, au moment de signer, mit le sabre 11main, jura de reprendre les armes à la prcmiè reoccasion, et recommanda à chacun de conserve^jusqu’à nouvel ordre, l’organisation établie, etrespect dû à tous ses chefs.

Les chefs royalistes se transportèrent ensud cLa Mabilaye , à une lieue de Rennes , pour sig n ^le traité, dans une réunion solennelle avec le s ieprésentants. Beaucoup d’entre eux ne voulaient ps’y rendre; mais Cormatin les y entraîna. La reUnion eut lieu avec les mêmes formalités qu’àJaunaye. Les chouans avaient demandé que ,ne s’y trouvât pas, à cause de son extrême défi anC *lon y consentit. Le 1 er floréal (20 avril), les r®P^ asentants donnèrent les mêmes arrêtés q 11 a . ol)Jaunaye, et les chouans signèrent une décla 1 '' 1 ^ ^par laquelle ils reconnaissaient la républiq liesoumettaient à ses lois. e $

Le lendemain, Cormatin fit son entrée à D e " ,j|comme Charette à Nantes . Le mouvement “l | Cs’était donné, l’importance qu’il s’était arrog el ; ’ sfaisaient considérer comme le chef des roy al i ebretons. On lui attribuait tout, et les exp* 01 ,a,cette foule de chouans inconnus qui avaurieusement parcouru la Bretagne , et cette ^qu’on désirait depuis si longtemps. Il rcÇ| JSiespèce de triomphe. Applaudi par les hab 1 ^^caressé par les femmes, pourvu d’une iorto ^

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d’assignats, il recueillait tous les profitshonneurs de la guerre, comme s’il l’ avalt „temps soutenue. Il n’était cependant debaBretagne que pour jouer ce singulier rôle- j i:1 ,moins il n’osait plus écrire à Puisaye; « nC j a n ssardait pasà sortir de Rennes , ni à s’en 0 ,^ nteI ilS'

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le pays, de peur d’y être fusillé par les meLes principaux chefs retournèrent dans

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