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CONVENTION NATIONALE (1795).
pas a lui fournir des fonds, mais à garantir l’em-prunt qu’elle allait ouvrir à Londres . Garantir lesdettes d’une puissance comme l’Autriche , c’étaitPresque s’engagera les payer; mais l’opération,sous cette forme, était plus aisée à justifier devantle parlement. L’emprunt était de 4 millions600,000 livres sterling (LIS millions de francs),1 intérêt à 5 pour 100. Pitt ouvrit en même tempsu n emprunt de 18 millions sterling pour le comptede l’Angleterre, à 4 pour 100. L’empressementdes capitalistes fut extrême, et comme l’empruntAutrichien était garanti par le gouvernement an-glais , et qu’il portait un plus haut intérêt, ilsexigèrent que, pour deux tiers pris dans l’empruntAnglais ,
on leur donnât un tiers dans l’empruntAutrichien . Pitt, après s’être ainsi assuré de l’Au-O'iclie, chercha à réveiller le zèle de l’Espagne ;’Uais il le trouva éteint. Il prit à sa solde les régi-Otents émigrés de Condé, et il dit à Puisaye queOpacification de la Vendée diminuant la confiancefiu’inspiraient les provinces insurgées, il lui don-nait une escadre, le matériel d’une armée, etes émigrés enrégimentés, mais point de soldatsAoglais; et que si, comme ou l’écrivait de Bretagne ,es dispositions des royalistes n’étaient pas chan-j>® es , et si l’expédition réussissait, il tâcherait defendre décisive en y envoyant une armée. Il ré-
ensuite de porter sa marine de quatre-vingt
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marins à cent mille. Il imagina pour cela une^Apècede conscription. Chaque vaisseau marchand^ Ait tenu de fournir un matelot par sept hommesguipage ; c’était une dette que le commerce de-I 11 Acquitter pour la protection qu’il recevait deUiarine militaire. L’agriculture et l’industrieI A'iiacturière devaient également des secours à^Arine, qui leur assurait des débouchés; enf 0 s ^quence, chaque paroisse était obligée de^Arnir aussi un matelot. Pitt s’assura ainsi lei de donner à la marine anglaise un déve-rsement extraordinaire. Les vaisseaux anglais Vft . le nt très-inférieurs pour la construction aux, lo Ss ® aux français ; mais l’immense supériorité dudes Fe ’ ^ exce llence des équipages, et l’habiletép° Ss ?® c * ers de mer ne rendaient pas la rivalité
paiq VCC t0usces m °yens réunis, Pitt se présenta audé e e ^A ent - L’opposition était augmentée cette an-d e Vln gt membres à peu près. Les partisansPlus ^ aiX Gt révolution française étaientPuiJ-és que jamais, et ils avaient des faitsnts à opposer au ministre. Le langage que
Pitt prêta à la couronne, et qu’il tint lui-mêmependant cette session, l’une des plus mémorablesdu parlement- anglais par l’importance des ques-tions et par l’éloquence de Fox et de Shéridan, futinfiniment adroit. Il convint que la France avaitobtenu des triomphes inouïs ; mais ces triomphes,loin de décourager ses ennemis, disait-il, devaientau contraire leur donner plus d’opiniâtreté et deconstance. C’était toujours à l’Angleterre que laFrance en voulait; c’était sa constitution, sa pros-périté qu’elle cherchait à détruire; il était à lafois peu prudent et peu honorable de céder devantune haine aussi redoutable. Dans le moment sur-tout, déposer les armes serait, dit-il, une faiblessedésastreuse. La France, n’ayant plus que l’Au-triche et l’Empire à combattre, les accablerait;fidèle alors à sa haine, elle reviendrait, libre deses ennemis du continent, se jeter sur l’Angle-terre, qui, seule désormais dans cette lutte, auraità soutenir un choc terrible. On devait donc pro-fiter du moment où plusieurs puissances luttaientencore, pour attaquer de concert l’ennemi com-mun, pour faire rentrer la France dans ses li-mites, pour lui enlever les Pays-Bas et la Hol-lande, pour refouler dans son sein et ses armées,et son commerce, et ses principes funestes. Dureste, il ne fallait plus qu’un effort, un seul pourl’accabler. Elle avait vaincu, sans doute, mais ens’épuisant, en employant des moyens barbares,qui s’étaient usés par leur violence même. Lemaximum, les réquisitions, les assignats, laterreur, s’étaient usés dans les mains des chefs dela France . Tous ccs chefs étaient tombés pouravoir voulu vaincre à ce prix. Ainsi, ajoutait-il,encore une campagne, et l’Europe , l’Angleterre,étaient vengées et préservées d’une révolutionsanglante. D’ailleurs, quand même on ne voudraitpas se rendre à ces raisons d’honneur, de sûreté,de politique, et faire la paix, cette paix ne seraitpas possible. Les démagogues français la repous-seraient avec cet orgueil féroce qu’ils avaient mon-tré, même avant d’être victorieux. Et pour traiteravec eux, où les trouverait-on? où chercher le gou-vernement à travers ces. factions sanglantes, sepoussant les unes les autres au pouvoir, et en dis-paraissant aussi vite qu’elles y étaient arrivées?Comment espérer des conditions solides en stipu-lant avec ces dépositaires si fugitifs d’une autoritétoujours disputée? Il était donc peu honorable,imprudent, impossible de négocier. L’Angleterreavait encore d’immenses ressources; ses exporta-