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CONVENTION NATIONALE (1795),
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beaucoup les députés qui devaient être mis à latête des rassemblements. Ces députés étaientetrangers au complot, et on avait disposé de leursnoms à leur insu, parce qu’on en avait besoin, etlue l’on comptait sur leurs dispositions. Déjàeondamnés à être détenus à Ham, ils n’avaient pasObéi et s’étaient soustraits à leur condamnation.Rovère fit décider par l’assemblée que, s’ils ne seeonstituaient pas prisonniers sur-le-champ, ilsseraient déportés par le fait seul de leur désobéis-sance. Ce projet avorté indiquait assez un prochainévénement.
Dès que les journaux eurent fait connaître ceNouveau complot des patriotes, une grande agita-tion se manifesta à Lyon , et il y eut contre euxNn redoublement de fureur. On jugeait dans ceNtoment un fameux dénonciateur terroriste, pour-suivi en vertu du décret rendu contre les complicesfie Robespierre . Les journaux venaient d’arriveret de faire connaître le rapport de Rovère sur lecomplot du 29 germinal. Les Lyonnais commen-eèrent à s’agiter ; la plupart avaient à déplorer ouruine de leur fortune ou la mort de leurs po-ints. Ils s’ameutèrent autour de la salle du tri-bunal. Le représentant Boisset monta à cheval;°u l’entoura, et chacun se mit à lui énumérer ses§fiefs contre l’homme en jugement. Les promo-le Urs de désordre, les membres des compagnies( bi Soleil et de Jésus profitèrent de cette émotion,intentèrent le tumulte, se portèrent aux prisons,b ; s envahirent, et égorgèrent soixante-dix oufiuatre-vingts prisonniers, réputés terroristes, etitèrent leurs cadavres dans le Rhône . La garde’Nutionale fit quelques efforts pour empêcher ceMassacre, mais ne montra peut-être pas le zèled’elle eût déployé si moins de ressentiments ra-tifient animée contre les victimes de cette journée.
Ainsi, à peine le complot jacobin du 29 germi-Nal avait été connu que les contre-révolutionnairesJ - avaient répondu par le massacre du 5 floréal(24 avril) à Lyon . Les républicains sincères, tout6(1 blâmant les projets des terroristes, furent ce-l'vtulant alarmés de ceux des coritre-révolution-^Nires. Jusqu’ici ils n’avaient été occupés qu’àetll pêcher une nouvelle terreur, et ne s’étaientb°int effrayés du royalisme : le royalisme, en effet,baissait si éloigné après les exécutions du tribu-M ''évolutionnaire et les victoires de nos armées !a 's quand ils le virent, chassé en quelque sortee la Vendée, rentrer par Lyon , former des com-bines d’assassins, pousser des prêtres perturba-
teurs jusqu’au milieu de la France , et dicter àParis même des écrits tout pleins des fureurs del’émigration, ils se ravisèrent, et crurent qu’auxmesures rigoureuses prises contre les suppôts dela terreur, il fallait en ajouter d’autres contre lespartisans de la royauté. D’abord, pour laisser sansprétexte ceux qui avaient souffert des excès com-mis , et qui en exigeaient la vengeance, ils firentenjoindre aux tribunaux de mettre plus d’activitéà poursuivre les individus prévenus de dilapida-tions, d’abus d’autorité, d’actes oppressifs. Ilscherchèrent ensuite les mesures les plus capablesde réprimer les royalistes. Chénier, connu par sestalents littéraires et ses opinions franchement ré-publicaines, fut chargé d’un rapport sur ce sujet.Il traça un tableau énergique de la France , desdeux partis qui s’en disputaient l’empire, et sur-tout des menées ourdies par l’émigration et leclergé, et il proposa de faire traduire sur-le-champtout émigré rentré devant les tribunaux, pour luiappliquer la loi ; de considérer comme émigré toutdéporté qui, étant rentré en France , y serait en-core dans un mois ; de punir de six mois de prisonquiconque violerait la loi sur les cultes et voudraits’emparer de force des églises ; de condamner aubannissement tout écrivain qui provoquerait àl’avilissement de la représentation nationale ou auretour de la royauté; enfin, d’obliger toutes lesautorités chargées du désarmement des terroristes,de donner les motifs de désarmement. Toutes cesmesures furent accueillies, excepté deux qui sus-citèrent quelques observations. Thibaudeau trouvaimprudent de punir de six mois de prison les in-fracteurs de la loi sur les cultes ; il dit avec raisonque les églises n’étaient bonnes qu’à un seul usage,celui des cérémonies religieuses; que le peuple,assez dévot pour assister à la messe dans des réu-nions particulières, se verrait toujours privé avecun violent regret des édifices où elle était célébréeautrefois ; qu’en déclarant le gouvernement étran-ger pour jamais aux frais de tous les cultes, onaurait pu rendre les églises aux catholiques, pouréviter des plaintes, des émeutes, et peut-être uneVendée générale. Les observations de Thibaudeaune furent pas accueillies, car en rendant les églisesaux catholiques, même a la charge par eux de lesentretenir, on craignait de rendre à l’ancien clergédes pompes qui étaient une partie de sa puissance,Tallien, qui était devenu journaliste avec Fréron ,et qui, soit par cette raison, soit par une affecta-tion de justice, voulait protéger l’indépendance