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Tome II.
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RÉVOLUTION FRANÇAISE.

fenêtres une multitude de femmes irritées, prêtesà faire pleuvoir sur eux une grêle de pierres, et ilscrurent qu’ils allaient payer cher leur imprudentebravade. Heureusement pour eux, la force armées’approchait; d’ailleurs les habitants du faubourgne voulaient pas les égorger; ils les laissèrent sortirde leur quartier, après en avoir châtié quelques-uns. Dans ce moment, le général Menou s’avançaavec vingt mille hommes ; il fit occuper toutes lesissues du faubourg, et surtout celles qui commu-niquaient avec les sections patriotes. H fit braquerles canons et sommer les révoltés. Une députationse présenta et vint recevoir son ultimatum, quiconsistait à exiger la remise des armes et de l’as-sassin de Féraud. Les manufacturiers et tous lesgens paisibles et riches du faubourg, craignant unbombardement, s’empressèrent d’user de leur in-fluence sur la population, et décidèrent les troissections à rendre leurs armes. En effet, celles dePopincourt, des Quinze-Vingts et de Montreuil remirent leurs canons, et promirent de chercher lecoupable, qui avait été enlevé. Le général Menou re-vint triomphant avec les canons du faubourg, etdèscet instant la convention n’eut plus rien à craindredu parti patriote. Abattu pour toujours, il ne figureplus désormais que pour essuyer des vengeances.

Lacommissionmilitairecommençasur-le-champà juger tous les prisonniers qu’on avait pu saisir;elle condamna à mort des gendarmes qui s’étaientrangés avec les rebelles, des ouvriers, des mar-chands, membres des comités révolutionnaires,saisis en flagrant délit le 1 er prairial. Dans toutesles sections, le désarmement des patriotes et l’ar-restation des individus les plus signalés commen-cèrent; et, comme un jour ne suffisait pas pourcette opération, la permanence fut accordée auxsections pour la continuer.

Mais ce n’était pas seulement à Paris que ledésespoir des patriotes faisait explosion. 11 éclataitdans le Midi par des événements non moins mal-heureux. On les a vus réfugiés à Toulon au nombrede sept ou huit mille, entourer plusieurs, fois lesreprésentants, leur arracher des prisonniers ac-cusés d’émigration, et tâcher d’entraîner dans leurrévolte les ouvriers de l’arsenal, la garnison et leséquipages des vaisseaux. L’escadre était prête àmettre a la voile et ils voulaient l’en empêcher.Les équipages des vaisseaux arrivés de Brest , etréunis à la division de Toulon pour l’expéditionqu’on méditait, leur étaient tout à fait opposés;mais ils pouvaient compter sur les marins appar-

tenant au port de Toulon . Ils choisirent pour ag‘ rà peu près les mêmes époques que les patriotes deParis , Lé représentant Charbonnier, qui avaitdemandé un congé, était accusé, de les dirigersecrètement. Ils s’insurgèrent le 23 floréal (14mai),marchèrent sur la commune de Souliès, s’empa-rèrent de quinze émigrés prisonniers, revinrenttriomphants à Toulon , et consentirent cependantà les rendre aux représentants. Mais les jourssuivants, ils se révoltèrent de nouveau, soulevèrentles ouvriers de l’arsenal, s’emparèrent des armesqu’il renfermait, et entourèrent le représentantBrunei , pour lui faire ordonner l’élargissement dospatriotes. Le représentant Nion, qui était sur 1»flotte, accourut; mais la sédition était victorieuse-Les deux représentants furent obligés de signerl’ordre d’élargissement. Brunei , désespéré d’avoircédé, se brûla la cervelle; Nion se réfugia sur h’flotte, Alors les révoltés songèrent à marcher surMarseille , pour soulever, disaient-ils, tout le Mid 1 -Mais les représentants en mission à Marseille firentplacer une compagnie d’artillerie sur la route, etprirent toutes les précautions pour empêcher l'exe-cution de leurs projets. Le 1" prairial ils étaic» 1maîtres dans Toulon , sans pouvoir, il est vrai;s’étendre plus loin, et tâchaient de gagner leséquipages de l’escadre, dont une partie résistai*->tandis que l’autre, toute composée de marins pr°'vençaux, paraissait décidée à se réunir à eux.

Le rapport de ces événements fut fait à la con-vention le 8 prairial ; il ne pouvait manquer d®provoquer un nouveau déchaînement contre 1® Smontagnards et les patriotes. On dit que les év e 'nements de Toulon et de Paris étaient concertés -

on accusa les députés montagnards d’en être lcàorganisateurs secrets, et on se livra contre eux ,lde nouvelles fureurs. Sur-le-champ, on ordon 1,!ll’arrestation de Charbonnier, Escudier, Ricoi’d ®Salicetti , accusés tous quatre d’agiter le Mid^Les députés mis en accusation le 1 er prairial, Ldont les juges n’étaient pas encore choisis, fu r ®,en butte à un nouveau redoublement de sévéi' 1 ^Sans aucun égard pour leur qualité de représe' 1tants du peuple, on les déféra à la commemilitaire chargée de juger les fauteurs et comp _de l’insurrection du 1" prairial. Il n’y eut d excepté que le vieux Rhul, dont plusieurs memattestèrent la sagesse et les vertus. On envoyatribunal d’Eure-et-Loir l’ex-maire Pacne, ^gendre Audouin, l’ancien ministre Bouchotte ,adjoints Daubigny et Hassenfratz ; enfin, les tr

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