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Tome II.
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CONVENTION NATIONALE (1793).

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pendant. « Nous sommes chargés de vous deman-

* der, dit l’orateur de la troupe, la constitution

* de 93, et la liberté des patriotes. » A ces mots ,les tribunes se mirent à huer et à crier : A bas lesJacobins! Le président imposa silence aux inler-r upteurs. L’orateur continua, et dit que les ci-toyens réunis devant la convention étaient prêts às e retirer dans le sein de leurs familles, mais qu’ilsPourraient plutôt que d’abandonner leur poste,Sl les réclamations du peuple n’étaient pas écou-tées. Le président répondit avec fermeté aux péti-tionnaires que la convention venait de rendre undécret sur les subsistances, et qu’il allait le leurlire. Il le lut en effet; il ajouta ensuite qu’ellelaminerait leurs propositions, et jugerait dans saSa gesse ce qu’elle devait décider. Il les invita en-suite aux honneurs de la séance.

Pendant ce temps, les trois sections ennemiesétaient toujours confondues avec les autres. Onleur dit que leurs pétitionnaires venaient d’êtrereçus, que leurs propositions seraient examinées,qu’il fallait attendre la décision de la convention.H était onze heures; les trois bataillons se voyaiententourés de l’immense majorité des habitants de* a capitale; l’heure d’ailleurs était fort avancée,s nrtout pour des ouvriers, et ils prirent le parti deSe retirer dans leurs faubourgs.

Cette seconde tentative n’avait donc pas mieuxtonssi aux patriotes ; ils n’en restèrent pas moinsAssemblés dans les faubourgs, conservant leurai filude hostile, et ne se désistant point encore desdemandes qu’ils avaient faites. La convention, dès

3 au matin, rendit plusieurs décrets que récla-mait la circonstance. Pour mettre plus d’unité et

énergie dans l’emploi de ces moyens, elle donnaa direction de la force armée à trois représentants,J det, Aubry et Delmas, et les autorisa à employera Voie des armes pour assurer la tranquillité pu-•que; elle punit de six mois de prison quiconque

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latt rait le tambour sans ordre, et de mort qui-

C0l *que battrait la générale sans y être autoriséjî ai ' les représentants du peuple. Elle ordonna lato'niation d’une commission militaire, pour jugerflaire exécuter sur-le-champ tous les prisonniers,^ ts a ux rebelles pendant la journée du 1 er prai-^ Elle convertit en décret d’accusation le décretprestation rendu contre Duquesnoi, Duroi,^to'hotte, Prieur de la Marne , Romme, Sou-Goujon, Albitte aîné, Peyssard, Leearpen-( * e la Manche, Pinet aîné, Borie et Fayau. :e vendit la même décision à l’égard des députés •

arrêtés les 12 et 16 germinal, et enjoignit à sescomités de lui présenter un rapport sur le tribunalqui devrait juger les uns et les autres.

Les trois représentants se hâtèrent de réunir àParis les troupes qui étaient répandues dans lesenvirons pour protéger l’arrivage des grains; ilsfirent rester sous les armes les sections dévouéesà la convention, et s’entourèrent des nombreuxjeunes gens qui n’avaient pas quitté les comitéspendant toute l’insurrection. La commission mili-taire entra en exercice le jour même; le premierindividu qu’elle jugea fut l’assassin de Féraud,qui avait été arrêté la veille; elle le condamna àmort, et ordonna son exécution pour l’après-midimême du 3. On conduisit en effet le condamné àl’échafaud; mais les patriotes étaient avertis;quelques-uns des plus déterminés s’étaient réunisautour du lieu du supplice; ils fondirent surl’échafaud, dispersèrent la gendarmerie, délivrè-rent le patient et le conduisirent dans le faubourg.Dès la nuit même, ils appelèrent à eux tous lespatriotes qui étaient dans Paris , et se préparèrentà se retrancher dans le faubourg Saint-Antoine,Ils se mirent sous les armes, braquèrent leurscanons sur la place de la Bastille , et attendirentainsi les conséquences de cette action audacieuse.

Aussitôt que cet événement fut connu de laconvention, elle décréta que le faubourg Antoineserait sommé de remettre le condamné, de rendreses armes et ses canons, et, qu’en cas de refus,il serait aussitôt bombardé. Dans ce moment, eneffet, les forces qui étaient réunies permettaient àla convention de prendre un langage plus impérieux.Les trois représentants étaient parvenus à rassem-bler trois ou quatre mille hommes de troupes deligne; ils avaient plus de vingt mille hommes dessections armées, à qui la crainte de voir renaîtrela terreur donnait beaucoup de courage, et enfinla troupe dévouée des jeunes gens. Sur-le-champils confièrent au général Menou le commandementde ces forces réunies, et se préparèrent à marchersur le faubourg. Ce jour même, 4 prairial (23 mai),tandis que les représentants s’avançaient, la jeu-nesse dorée avait voulu faire une bravade et s’étaitportée la première vers le faubourg Saint-Antoine.Mille ou douze cents individus composaient celtetroupe téméraire. Les patriotes les laissèrent s’en-gager sans leur opposer de résistance, et les enve-loppèrent ensuite de toutes parts. Bientôt cesjeunes gens virent sur leurs derrières les redouta- •blés bataillons du faubourg; ils aperçurent aux

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