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RÉVOLUTION FRANÇAISE.
On suspendit néanmoins le décret. On ordonnaaux administrations de continuer à recevoir lessoumissions, pour que tous les biens nationauxfussent ainsi dénoncés par l’intérêt individuel, etque l’on pût en dresser un état plus exact. Quel-ques jours après, on rapporta tout à fait le décret,et on décida que les biens continueraient à êtrevendus aux enchères.
Ainsi, après avoir entrevu le moyen de fairecesser la crise, on l’abandonna, et on retombadans l’épouvantable détresse d’où on aurait pu sor-tir. Cependant, puisqu’on ne faisait rien pour re-lever les assignats, on ne pouvait pas rester dansl’affreux mensonge de la valeur nominale, qui rui-nait la république et les particuliers payés en pa-pier. Il fallait revenir à la proposition, déjà faite,de réduire les assignats. On avait rejeté la propo-sition de les réduire au cours de l’argent, parceque les Anglais , disait-on, regorgeant de numé-raire, seraient maîtres du cours; on n’avait pasvoulu les réduire au cours du blé, parce que leprix des grains avait considérablement augmenté;on avait refusé de prendre le temps pour échelle,et de réduire chaque mois le papier d’une certainevaleur, parce que c’était, disait-on, le démonétiseret faire banqueroute. Toutes ces raisons étaientfrivoles; car, soit qu’on choisît l’argent, le blé,ou le temps, pour déterminer la réduction du pa-pier, on le démonétisait également. La banque-route ne consistait pas à réduire la valeur de l’as-signat entre particuliers, car cette réduction avaitdéjà eu lieu de fait, et la reconnaître, ce n’étaitqu’empêcher les vols; la banqueroute eût consistéplutôt dans le rétablissement de la vente des biensaux enchères. Ce que la république avait promis,en effet, ce n’était pas que les assignats valussenttelle ou telle somme entre particuliers (cela nedépendait pas d’elle), mais qu’ils procurassent tellequantité de biens; or, en établissant l’enchère,l’assignat ne procurait plus une certaine quantitéde biens; il devenait impuissant à l’égard des bienscomme à l’égard des denrées; il subissait la mêmebaisse par l’effet de la concurrence.
On chercha une autre mesure que l’argent, leblé ou le temps, pour réduire l’assignat ; on choisitla quantité des émissions. 11 est vrai, en principe,que 1 augmentation du numéraire en circulationfait augmenter proportionnellement le prix de tousles objets. Or, si un objet avait valu un franc,lorsqu’il y avait deux milliards de numéraire encirculation, il devait valoir deux francs lorsqu’il
y avait quatre milliards de numéraire, trois loi' 3 'qu’il y en avait six, quatre lorsqu’il y en avaithuit, cinq lorsqu’il y en avait dix. En supposantque la circulation actuelle des assignats s’élevât a10 milliards, il fallait payer aujourd’hui cinq f° |Splus que lorsqu’il n’y avait que 2 milliards. Onétablit une échelle de proportion à partir de 1 e 'poque où il n’y avait que 2 milliards d’assignats e"circulation, et on décida que, dans tout payementfait en assignats, on ajouterait un quart en sus p il1 ’chaque 500 millions ajoutésàla circulation. Ainsi,une somme de 2,000 francs, stipulée lorsqu’il favait 2 milliards en circulation, serait payée, lot' s 'qu’il y en avait 2 milliards 500millions, 2,500 R-’lorsqu’il y en avait 5 milliards, elle serait payé 6 ’3,000 francs; aujourd’hui enfin qu’il y en avait10 milliards, elle devait être payée 10,000 francs-
Ceux qui regardaient la démonétisation cornm 6une banqueroute n’auraient pas dû être rassui'*' 5par cette mesure, car, au lieu de démonétiser dai |Sla proportion de l’argent, du blé ou du temps, 011démonétisait dans celle des émissions, ce qui l ' e 'venait au même, à un inconvénient près qui setrouvait de plus ici. Grâce à la nouvelle échelle >chaque émission allait diminuer d’une quantitécertaine et connue la valeur de l’assignat. En éme 1 'tant 500 millions, l’État allait enlever au p° rleur de l’assignat un quart, un cinquième, 1111sixième, etc., de ce qu’il possédait.
Cependant, celte échelle, qui avait ses inconvC'nients aussi bien que toutes les autres réducti° ||Sau cours de l’argent ou du blé, aurait dû être :lUmoins appliquée à toutes les transactions; mais 011ne l’osa -pas : ou l’appliqua d’abord à l’impôt et uson arriéré. On promit de l’appliquer aux l' ü,lC .tionnaires publics quand le nombre en aurait etcréduit, et aux rentiers de l’État quand les premiè*' 01 ’rentrées de l’impôt, d’après la nouvelle échel^’permettraient de les payer sur le même pied-n’osa pas faire profiter de l’échelle les créatici^de toute espèce, les propriétaires de maisonsville ou de campagne, les propriétaires d’usines, et ^
Il n’y eut de favorisés que les propriétaires de f° utterritoriaux. Les fermiers, faisant sur les dent^des profits excessifs, et ne payant, au moyenassignats, que le dixième ou le douzième du P 1 ^de leur bail, furent contraints d’acquitter leur ^mage d’après l’échelle nouvelle. Ils devaient fouiune quantité d’assignats proportionnée à la <I U “\tité émise depuis le moment où leur bail avadpassé.