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Tome II.
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CONVENTION NATIONALE (1795).

Pain, de la viande, des épices, des huiles, etc.Le s greniers et les caves étaient remplis de mar-c l>andises et de comestibles, sur lesquels tout leblonde spéculait. On vendait, au Palais-Royal,du pain blanc à 25 ou 30 francs la livre. Les re-grattîers se précipitaient sur les marchés, et achè-tent les fruits et les légumes qu’apportaient les§ e ns de la campagne, pour les faire renchérir sur-ta-champ. On allait acheter d’avance les récoltese u vert et pendant par racine, ou les troupeauxde bestiaux, pour spéculer ensuite sur l’augmen-tion des prix. La convention défendit aux mar-Giands regrattiers de se présenter dans les mar-iés avant une certaine heure. Elle fut obligée dedécréter que les bouchers patentés^ pourraient

Se uls acheter des bestiaux; que les récoltes nePourraient être achetées avant la moisson. Ainsi'oui; était bouleversé; tous les individus, mêmeles plus étrangers aux spéculations de commerce,étaient à l’affût de chaque variation de l’assignat,Pour faire subir la perte à autrui, et recueillire ux-mêmes la plus value d’une denrée ou d’uneMarchandise.

On a vu qu’entre les deux projets de réduire1 assignat au cours, ou de percevoir l’impôt enNature, la convention avait préféré celui qui con-fiait à vendre les biens sans enchères, et troisjais la valeur de 1790. C’était, comme on a dit,le seul moyen de les vendre, car l’enchère faisait*°üjours monter les biens à proportion de la baissel’assignat, c’est-à-dire à un prix auquel le pu-J *'c ne pouvait pas atteindre. Aussitôt la loi ren-la quantité des soumissions fut extraordinaire.Ms qu’on sut qu’il suffisait de se présenter le pre-Mier pour ne payer les biens que trois fois la va-fr de 1790 en assignats, on accourut de toutesïfts. Pour certains biens on vit jusqu’à plusieursfitaines de soumissions; à Charenton , il en futMt trois cent soixante pour un domaine prove-tlilr| t des Pères de la Merci; il en fut fait jusqu’à< j 11 q cents pour un autre. On encombrait les hôtelses districts. De simples commis, des gens sanslo nune, mais dans les mains desquels se trou-vent momentanément des sommes d’assignats,juraient soumissionner les biens. Comme ils n’é-le nt tenus de payer sur-le-champ qu’un sixième,^ fcste dans plusieurs mois, ils achetaient avecI j s s °mmes minimes des biens considérables, pourrevendre avec bénéfice à ceux qui s’étaientdia' nS Grâce à cet empressement, des do-

*aes qu e i es administrations ne savaient pas

être devenus propriétés nationales étaient signaléscomme tels. Le plan de Bourdon de l’Oise avaitdonc un plein succès, et on pouvait espérer quebientôt une grande partie des biens serait vendue,et que les assignats seraient ou retirés ou relevés.11 est vrai que la république faisait, sur ces ven-tes, des pertes qui, à les calculer numériquement,étaient considérables. L’estimation de 1790, fon-dée sur le revenu apparent, était souvent inexacte ;car les biens du clergé et tous ceux de l’ordre deMalte étaient loués à très-bas prix; les fermierspayaient le surplus du prix en pots-de-vin, quis’élevaient souvent à quatre fois le prix du bail.Une terre affermée ostensiblement 1,000 francsen rapportait en réalité 4,000 : d’après l’estima-tion de 1790, cette terre était portée à 25,000 fr.de valeur; elle devait être payée 75,000 francs enassignats, qui ne valaient en réalité que 7,500 francs.A Ronfleur, des magasins à sel, ayant coûté plusde 400,000 livres de bâtisse, allaient se vendreen réalité 22,500 livres. D’après ce calcul, la perteétait grande ; mais il fallait s’y résigner, sauf à larendre moindre, en exigeant quatre ou cinq foisla valeur de 1790, au lieu de trois fois seulement.

Rewbel et une foule de députés ne comprirentpas cela ; ils ne virent que la perte apparente. Ilsprétendirent qu’on gaspillait les trésors de la ré-publique et qu’on la privait de ses ressources. Ils’éleva des cris de toutes parts. Ceux qui n’enten-daient pas la question, et ceux qui voyaient dis-paraître avec peine les biens des émigrés, se coa-lisèrent pour faire suspendre le décret. Ballandet Bourdon de l’Oise le défendirent avec chaleur;ils ne surent pas donner la raison essentielle, c’estqu’il ne fallait pas demander des biens plus queles acheteurs n’en pouvaient donner; mais ils di-rent, ce qui était vrai, que la perte numériquen’était pas aussi grande qu’elle le paraissait eneffet ; que 75,000 francs en assignats ne valaientque 7,500 francs en numéraire, mais que le nu-méraire avait deux fois plus de valeur qu’autre-fois, et que 7,500 francs représentaient certaine-ment 15 ou 20,000 francs de 1790; ils dirent quela perte actuelle était balancée par l’avantage qu’onavait de terminer sur-le-champ cette catastrophefinancière, de retirer ou de relever les assignats,de faire cesser l’agiotage sur les marchandises enappelant le papier sur les terres, de livrer sur-le-champ la masse des biens nationaux à l’indus-trie individuelle, et enfin d’ôter toute espéranceaux émigrés»