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RÉVOLUTION FRANÇAISE.
les ennemis si nombreux et si divers de la con-vention s’en montrèrent désolés. Peu importait laconstitution à la plupart d’entre eux. Toute con-stitution leur convenait, pourvu qu’elle donnâtlieu à un renouvellement général de tous les mem-bres du gouvernement. Les royalistes voulaient cerenouvellement pour amener du trouble, pourréunir le plus grand nombre possible d’hommes deleur choix, et pour se servir de la républiquemême au profit de la royauté ; ils le voulaient sur-tout pour écarter les conventionnels, si intéressésà combattre la contre-révolution, et pour appelerdes hommes nouveaux, inexpérimentés, non com-promis, et plus aisés à séduire. Beaucoup de gensde lettres, d’écrivains, d’hommes inconnus, em-pressés de s’élancer dans la carrière politique,non par esprit de contre-révolution, mais par am-bition personnelle, désiraient aussi ce renouvelle-ment complet, pour avoir un plus grand nombrede places à occuper. Les uns et les autres se ré-pandirent dans les sections, et les excitèrent con-tre les décrets. La convention, disaient-ils, vou-lait se perpétuer au pouvoir; elle parlait des droitsdu peuple, cl cependant elle en ajournait indéfi-niment l’exercice; elle lui commandait ses choix-,elle ne lui permettait pas de préférer les hommesqui étaient restés purs de crimes; elle voulaitconserver forcément une majorité composée d’hom-mes qui avaient couvert la France d’échafauds.Ainsi, ajoutaient-ils, la nouvelle législature neserait pas purgée de tous les terroristes; ainsi laFrance ne serait pas entièrement rassurée sur sonavenir, et n’aurait pas la certitude de ne jamaisvoir renaître un régime affreux. Ces déclamationsagissaient sur un grand nombre d’esprits : toutela bourgeoisie des sections, qui voulait bien lesnouvelles institutions telles qu’on les lui donnait,mais qui avait une peur excessive du retour de laterreur; des hommes sincères, mais irréfléchis,qui rêvaient une république sans tache, et quisouhaitaient placer au pouvoir une génération nou-velle et pure; des jeunes gens, épris de ces mêmeschimères, beaucoup d’imaginations avides de nou-veauté, voyaient avec le plus vif regret la conven-tion se perpétuer ainsi pendant deux ou trois ans.La cohue des journalistes se souleva. Une fouled’hommes qui avaient rang dans la littérature, ouqui avaient figuré dans les anciennes assemblées,parurent aux tribunes des sections. MM. Suard,Morellet, Lacretelle jeune, Fiévée, Vaublanc ,Pastoret, Dupont de Nemours , Quatrc-mèrc de
Quincy, Delalot, le fougueux converti La Harpe,le général Miranda, échappé des prisons où l’avadfait enfermer sa conduite à Neerwinden , l’Espo-gnol Marchenna, soustrait à la proscription de scsamis les girondins, le chef de l’agence royaliste LeMaître, se signalèrent par des pamphlets ou desdiscours véhéments dans les sections : le déchaîne-ment fut universel.
Le plan à suivre était tout simple : c’était d ac-cepter la constitution et de rejeter les décrets. U’cstce qu’on proposa de faire à Paris , et cc qu’on en-gagea toutes les sections de la France à faire aussi-Mais les intrigants qui agitaient les sections, ctqui voulaient pousser l’opposition jusqu’à l’insui’-rection, désiraient un plan plus étendu. Ils vou-laient que les assemblées primaires, après avoUaccepté la constitution et rejeté les décrets des ôet 15 fructidor, se constituassent en permanence>qu’elles déclarassent les pouvoirs de la conventionexpirés, ct les assemblées électorales libres d cchoisir leurs députés partout où il leur plairait d®les prendre; enfin, qu’elles ne consentissent a ÿLséparer qu’après l’installation du nouveau coi'Plégislatif. Les agents de Le Maître firent parvci" 1ce plan dans les environs de Paris ; ils écrivii' cnten Normandie , où l’on intriguait beaucoup l 10 ' 1 ’le régime de 91; en Bretagne, dans la Gironde partout où ils avaient des relations. L’une de l c " iSlettres fut saisie ct publiée à la tribune. La c °'! (vention vit sans effroi les préparatifs qu’on fui-j 1 '’contre elle, et attendit avec calme la décision '■
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Ce-
assemblées primaires de toute la France , cerique la majorité se prononcerait en sa faveur-pendant, soupçonnant l’intention d’une nouVC j ( , ! jjournée, elle fit avancer quelques troupes etréunit dans le camp des Sablons, sous Paris -La section Lepelletier, autrefois Saint-Thon ^ne pouvait manquer de se distinguer ici; e ^ eV 1 j c5avec celles du Mail, de la Butte-des-Moulins i ( ,Champs Elysées , du Théâtre-Français (l’OdcoU^adresser des pétitions à l’assemblée. Elles s adaient toutes à demander si les Parisiens :, v
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démérité, si on se défiait d’eux, puisqu'
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lait des troupes; elles se plaignaient de la
due violence faite à leurs choix, et se ser
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ces expressions insolentes : « Méritez nos» et ne les commandez'pas. » La conventiou^^pondit d’une manière ferme à toutes ces ai c tet se borna à dire qu’elle attendait avec l£ ^, g jj Cla manifestation de la volonté nationale,s’y soumettrait dès qu’elle serait connu-»