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RÉVOLUTION FRANÇAISE.
Bonaparte qui joignait à un esprit positif uneimagination forte et grande, et qui aimait à émou-voir, voulut annoncer ses succès d’une manièreimposante et nouvelle : il envoya son aide decamp Murat pour présenter solennellement au Di-rectoire vingt et un drapeaux pris sur l’ennemi.Ensuite il adressa à ses soldats la proclamationsuivante :
a Soldats, vous avez remporté en quinze jours,x six victoires, pris vingt et un drapeaux, cin-» quantc-cinq pièces de canon, plusieurs places» fortes, et conquis la partie la plus riche du Pié-» mont ; vous avez fait quinze mille prisonniers *,x tué ou blessé plus de dix mille hommes; vous» vous étiez jusqu’ici battus pour des rochers slé-» riles, illustrés par votre courage, mais inutiles» à la patrie; vous égalez aujourd’hui,par vosser-x vices, l’armée de la Hollande et du Rhin . Dé-» nués de tout, vous avez suppléé à tout. Vous» avez gagné des batailles sans canons, passé desx rivières sans pont, fait des marches forcéesx sans souliers, bivaqué sans eau-de-vie Jet sou-» vent sans pain. Les phalanges républicaines, les» soldats de la liberté, étaient seuls capables dex souffrir ce que vous avez souffert : grâces vous» en soient rendues, soldats! La patriereconnais-» santé vous devra sa prospérité; et si, vainqueurs» de Toulon , vous présageâtes l’immortelle cam-» pagne de 1795, vos victoires actuelles enprésa-» gent une plus belle encore. Les deux armées» qui, naguère, vous attaquaient avec audace,x fuient épouvantées devant vous ; les hommesx pervers qui riaient de votre misère, et se ré-» jouissaient dans leurs pensées des triomphes de» vos ennemis, sont confondus et tremblants.
)> Mais, soldats, vous n’avez rien fait, puisqu’ilx vous reste à faire. Ni Turin , ni Milan ne sont à» vous : les cendres des vainqueurs de Tarquinx sont encore foulées par les assassins de Basse-» ville! On dit qu’il en est parmi vous dont lex courage mollit, qui préféreraient retourner surx les sommets de l’Apennin et des Alpes ? Non, je» ne puis le croire. Les vainqueurs deMontenotte,
» de Millesimo, de Dego , de Mondovi, brûlent de» porter au loin la gloire du peuple français. »Quand ces nouvelles, ces drapeaux, ces procla-mations, arrivèrent coup sur coup à Paris , la joiefut extrême. Le premier jour, c’était une victoirequi ouvrait 1 Apennin et donnait deux mille pri-
* Ce n'est guère cjue dix à onze mille.
sonniers; le second jour, c’était une victoire pi 119décisive qui séparait les Piémontais des Autri-chiens, et donnait six mille prisonniers. Les jourssuivants apportaient de nouveaux succès : la des-traction de l’armée piémontaise à Mondovi»soumission du Piémont à Cherasco, et la certiiud ed’une paix prochaine qui en présageait d’autres-La rapidité des succès, le nombre des prisonniei 9 ’dépassaient tout ce qu’on avait encore vu. Le l al !'gage de ces proclamations rappelait l’antiquité etétonnait les esprits. On se demandait de toute 9parts quel était ce jeune général dont le ’
connu de quelques appréciateurs, et inconnu ‘ e
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prononçait pas bien encore, et on se disaitjoie que la république voyait s’élever tousjours de nouveaux talents pour l’illustrer et 1* ^fendre. Les conseils décidèrent par trois foi 9 4l’armée Jcl’Italie avait bien mérité de la pain® ’décrétèrent une fête à la Victoire, pour c ® eC jn pl’heureux début de la campagne. L’aide de cenvoyé par Bonaparte présenta les drapc allX ‘ (Directoire. La cérémonie fut imposante. On r ^ce jour-là plusieurs ambassadeurs étranger 9 ’ e \ „gouvernement parut entouré d’une considératoute nouvelle. » r
Le Piémont soumis, le général Bonapari® ^vait plus qu’à marcher à la poursuite des xchiens, et à courir à la conquête de riialt®'^,nouvelle des victoires des Français avait pr ^dément agité tous les peuples de cette con _fallait que celui qui allait y entrer fût au 991 ,
fond politique que grand capitaine, pour s y s®duire avec prudence. On sait comment 11 eSiprésente à qui débouche de l’Apennin . Le® f e ,les plus grandes montagnes de notre Eaprès avoir décrit un vaste demi-cercle a» ^chant, dans lequel elles renferment la h» n *lie, retournent sur elles-mêmes, et stout à coup en ligne oblique vers le midi»
ainsi une longue péninsule baignée par * " t jgtique et la Méditerranée. Bonaparte, arr *'^ lt oiicouchant et ayant franchi la chaîne au P 01 "^,..elle s’abaisse, et va, sous le nom d’Apenm»^,mer la péninsule, avait en face le ^ eaU pé-cercle de la haute Italie, et à sa droite,, ce p,-ninsule étroite et profonde qui forme 1 R a V gI1 tférieure. Une foule de petits États ,
cette contrée qui soupira toujours apres na .sans laquelle il n’y a pas de grande existe»tionale.