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DIRECTOIRE (1796).
Bonaparte venait de traverser l’État de Gênes ,( 1 U| est placé de ce côté-ci de l’Apennin , et IePié-Otont qui est au delà. Gênes , antique république,Restituée par Doria, avait seule conservé une vé-t r,l able énergie entre tous les gouvernements ita-'eos. Placée entre les deux armées belligérantesPuis quatre ans, elle avait su maintenir sa neu-
de
ll alité, et s’était ménagé ainsi tous les profits duc °unnerce. Entre sa capitale et le littoral, elleCo,n ptait à peu près cent mille habitants; elleen-tt>ete nait ordinairement trois à quatre mille hom-| lles de troupes; elle pouvait au besoin armerUs les paysans de l’Apennin , et en former unejJ'Bce excellente; elle était riche en revenus.p Cux partis la divisaient : le parti contraire à la. . >an ce avait eu l’avantage, et avait expulsé plu-ettrs familles. Le Directoire dut demander lej, Pfiel de ces familles, et une indemnité pour'Uteritat commis sur la frégate la Modeste.
, ®u quittant Gênes , et en s’enfonçant à droitel ansi^_. • . i i —j -'ridionalde
Tos-
l’^ s la péninsule, le long du revers méridionalP e nnin, se présentait d’abord l’heureuse TSol *■’ placée sur les deux bords de l’Arno , sous le1 le plus doux, et dans l’une des parties lesCo x abritées de l’Italie . Une portion de cettePei T. 6 ^ orma ‘ t la petite république de Lucques,f 0 P ee de cent quarante mille habitants; le restee eQi ait le grand-duché de Toscane , gouverné ré-Par p 6llt P ai l’archiduc Léopold, et maintenanté c j • arc ldduc Ferdinand. Dans ce pays', le plusdix 1 C - el Pl us P°l* de l’Italie, la philosophie duPolq ’kùute siècle avait doucement germé. Léo-ti Vçs ^ av ait accompli ses belles réformes législa-Plusl 6t UVa ‘ l tenté avec succès les expériences lest 0 ; e 10nora bles pour l’humanité. L’évêque de Pis-av ait même commencé une espèce de ré-iansé r< d'gicuse, en y propageant les doctrines
Quoique la révolution eût effrayé les
e u . doux
leu rs a ( l Ue la France avait le plus d’apprécia-av ait jq 1 . tl , arn ‘ s - L’archiduc, quoique Autrichien ,h-'con,, ? ^ un des premiers princes de l’Europe à(le, UlUl 'e
v euTi
ux et timides de la Toscane , cependant
apprécia-itrichien,
premiers princes de l’Europe àle sujêtg Ue . notrc république. Il avait un millionl 'en u , ’ Slx mille hommes de troupes, et un re-
deatie,
°scae- qUlnze millions. Malheureusement la
Ue s . > était, de toutes les principautés italien-
-\y, 'B' us incapable de se défendre,pi'oyj * US * a Toscane venait l’État de l’Eglise. Lesdeuxv^ 8 Soumises au pape, s’étendant sur leset d e i^ ants de l’Apennin , du côté de l’Adriatiquetlétliterranée, étaient les plusmal adminis-
trées de l’Europe . Elles n’avaient que leur belleagriculture, ancienne tradition des âges reculés,qui est commune à toute l’Italie , et qui supplée auxrichesses de l’industrie, bannie depuis longtempsde son sein. Excepté dans les légations de Bologne et de Ferrare , où régnait un mépris profond pourle gouvernement des prêtres, et à Rome , antiquedépôt du savoir et des arts, où quelques seigneursavaient partagé la philosophie de tous les grandsde l’Europe , les esprits étaient restés dans la plushonteuse barbarie. Un peuple superstitieux et sau-vage, des moines paresseux et ignorants, formaientcette population de deux millions et demi de sujets.L’armée était de quatre à cinq mille soldats, onsait de quelle qualité. Le pape, prince vaniteux,magnifique, jaloux de son autorité et de celle dusaint-siège, avait une haine profonde pour la phi-losophie du dix-huitième siècle; il croyait rendreà la chaire de saint Pierre une partie de soninfluence, en déployant une grande pompe, et ilfaisait exécuter des travaux utiles aux arts. Comp-tant sur la majesté de sa personne et le charme deses paroles, qui était grand, il avait essayé jadisun voyage auprès de Joseph II , pour le rameneraux doctrines de l’Église, et pour conjurer la phi-losophie qui semblait s’emparer de l’esprit de ceprince. Ce voyage n’avait point été heureux. Lepontife, plein d’horreur pour la révolution fran-çaise, avait lancé l’anathème contre elle, et prêchéune croisade ; il avait même souffert à Rome l’as-sassinat de l’agent français Basseville. Excités parles moines, ses sujets partageaient sa haine pourla France , et furent saisis de fureurs fanatiques enapprenant le succès de nos armes.
L’extrémité de la péninsule et la Sicile compo-sent le royaume de Naples , le plus puissant del’Italie , le plus analogue, par l’ignorance et labarbarie, à l’État de Rome , et plus mal gouvernéencore, s’il est possible. Là régnait un Bourbon,prince doux, imbécile, voué à une seule espècede soin, la pêche. Elle absorbait tous ses moments ;et pendant qu’il s’y livrait, le gouvernement deson royaume était abandonné à sa femme, prin-cesse autrichienne , sœur de la reine de FranceMarie-Antoinette . Cette princesse, d’un esprit ca-pricieux, de passions désordonnées, ayant unfavori vendu aux Anglais , le ministre Acton,conduisait les affaires d’une manière insensée. LesAnglais , dont la politique fut toujours de prendrepied sur le continent, en dominant les petits Etatsqui en bordent le littoral, avaient essayé de s’im-