296
RÉVOLUTION FRANÇAISE.
patroniser à Naples comme en Portugal et enHollande . Ils excitaient la haine de la reine contrela France , et lui soufflaient, avec cette haine,l’ambition de dominer l’Italie . La population duroyaume de Naples était de six millions d’habi-tants; l’armée de soixante mille hommes; maisLien différents de ces soldats dociles et braves duPiémont , les soldats napolitains, vrais lazzaroni,sans tenue, sans discipline, avaient la lâchetéordinaire des armées privées d’organisation. Naples avait toujours promis de réunir trente mille hom-mes à l’armée de Devins, et n’avait envoyé quedeux mille quatre cents hommes de cavalerie, bienmontée et assez bonne.
Tels étaient les principaux États situés dans lapéninsule, à la droite de Bonaparte. En lace de luidans le demi-cercle de la haute Italie , il trouvaitd’abord, sur le penchant de l’Apennin , le duchéde Parme , Plaisance et Guastalla, comprenantcinq cent mille habitants, entretenant trois millehommes de troupes, fournissant quatre millions derevenu, et gouverné par un prince espagnol quiétait ancien élève de Condillac , et qui, malgré unesaine éducation, était tombé sous le joug desmoines et des prêtres. Un peu plus à droite encore,toujours sur le penchant de l’Apennin , se trou-vait le duché de Modène, Reggio , la Mirandole,peuplé de quatre cent mille habitants, ayant sixmille hommes sous les armes, et placé sous l’au-torité du dernier descendant de l’illustre maisond’Este, Ce prince déliant avait conçu une tellecrainte de l’esprit du siècle, qu’il était devenuprophète à force de peur, et avait prévu la révo-lution. On citait ses prédictions. Dans scs terreurs,il avait songé à se prémunir contre les coups dusort, et avait amassé d’immenses richesses en pres-surant ses États. Avare et timide, il était mépriséde ses sujets, qui sont les plus éveillés, les plusmalicieux, de l’Italie , et les plus disposés à em-brasser les idées nouvelles. Plus loin, au delà duPô, venait la Lombardie, gouvernée, pour l’Au-triche , par un archiduc. Cette belle et fertileplaine, placée entre les eaux des Alpes qui la fé-condent, et celles de l’Adriatique qui lui appor-tent les richesses de l’Orient, couverte de blés, deriz, de pâturages, de troupeaux, et riche entretoutes les provinces du monde, était mécontentede ses maîtres étrangers. Elle était guelfe encore,malgré son long esclavage. Elle contenait douzecent mille habitants. Milan , la capitale, fut tou-jours l’une des villes les plus éclairées de l’Italie :
moins favorisée sous le rapport des arts q uflFlorence ou Rome , elle était plus voisine cependantdes lumières du Nord, et elle renfermait g rannombre d’hommes qui souhaitaient la régénérationcivile et politique des peuples.
Enfin le dernier État de la haute Italie ét altl’antique république de Venise . Cette républifl 116 ’avec sa vieille aristocratie inscrite au livre d ° r >son inquisition d’État, son silence, sa politifl uedéfiante et cauteleuse, n’était plus pour ses suj etsni ses voisins une puissance redoutable. Avec sç sprovinces de terre ferme, situées au pied du Tyi’O ’et celles d’Illyrie , elle comptait à peu près trois m 1lions desujets. Elle pouvait lever jusqu’à cinqu» 0 ^mille Esclavons, bons soldats, parce qu’ils éta‘ elbien disciplinés, bien entretenus et bienElle était riche d’une antique richesse; mais ^sait que, depuis deux siècles, son commerce a '‘passé dans l’Océan, et porté ses trésors chez ^insulaires de l’Atlantique. Elle conservait à p eI ^quelques vaisseaux et les passages des lafe. __étaient presque comblés. Cependant elle étaitsanté encore en revenus. Sa politique consis talt .amuser ses peuples, à les assoupir par le P* a ' ^et le repos, et à observer la plus grande neutm 1à l’égard des puissances. Cependant les nobl eSterre ferme étaient jaloux du livre d’or, et s " sgportaient impatiemment le joug de la nobretranchée dans les lagunes. A Venise même»bourgeoisie assez riche commençait à relieEn 1793, la coalition avait forcé le sénat à se 1^noncer contre la France
; il avait cédé, ina ‘ S ;
revint à sa politique neutre dès qu’on comm e ^à traiter avec la république française. Com nie , al’a vu précédemment, il s’était pressé autant <I rPrusse et la Toscane pour envoyer un anib assa e3à Paris . Maintenant encore, cédant aux m s j adu Directoire , il venait de signifier au cne fmaison de Bourbon, alors Louis XVIII , de 9 ,j)
Vérone . Ce prince partit, mais en déclar®”^ rexigeait la restitution d’une armure d° nn ^ juson aïeul Henri IV au sénat, et la suppi' esS1nom de sa famille, des pages du livre d or- j eTelle était alors l’Italie . L’esprit généia “y avait pénétré et enflammé beaucoup ^
Les habitants n’y souhaitaient pas tous im
lution, surtout ceux qui se souvenaient c^evantables scènes qui avaient ensanglante ^ Ri-mais tous, quoique à des degrés diffe' en ’ ^ ^liraient une réforme ; et il n’y avait P as J 111 ,, un îté d*ne battît à l’idée de l’indépendance et de