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Tome II.
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RÉVOLUTION FRANÇAISE.

trois places de Tortone, Valence et Alexandrie . Ilne réussit à surprendre que Valence , dans la-quelle il jeta les Napolitains; voyant ensuite Bo-naparte s’avancer rapidement, il se hâta de repas-ser le Pô, pour mettre ce fleuve entre lui et l’arméefrançaise. Il alla campera Valleggio, au confluentdu Pô et du Tésin, vers le sommet de l’angle formépar ces deux fleuves. U y éleva quelques retran-chements pour consolider sa position, et s’opposerau passage de l’armée française.

Bonaparte, en quittant les États du roi de Pié-mont , et on entrant dans les États du duc de Parme,reçut des envoyés de ce prince, qui venaient inter-céder la clémence du vainqueur. Le duc de Parmeétait parent de l’Espagne ; il fallait donc avoir à sonégard des ménagements, qui, du reste, entraientdans les projets du général. Mais on pouvait exer-cer sur lui quelques-un.s des droits de la guerre.Bonaparte reçut ses envoyés au passage de la Treh-bia ; il affecta quelque courroux de ce que le ducde Parme n’avait pas saisi, pour faire sa paix, lemoment où l’Espagne , sa parente, traitait avec larépublique française. Ensuite il accorda un armi-stice, en exigeant un tribut de deux millions en ar-gent , dont la caisse de l’armée avait un grand be-soin ; seize cents chevaux, nécessaires à l’artillerieet aux bagages; une grande quantité de blé et d’a-voine; la faculté de traverser le duché, et l’établis-sement d’hôpitaux pour ses malades, aux frais duprince. Le général ne se borna pas là : il aimait etsentait les arts comme un Italien ; il savait tout cequ’ils ajoutaient à la splendeur d’un empire, etl’effet moral qu’ils produisent sur l’imagination deshommes : il exigea vingt tableaux, au choix descommissaires français , pour être transportés àParis . Les envoyés du duc, trop heureux de dés-armer, à ce prix, le courroux du général, consen-tirent à tout, et se hâtèrent d’exécuter les condi-tions de l’armistice. Cependant ils offraient unmillion pour sauver le tableau de saint Jérôme.Bonaparte dit à l’armée : a Ce million, nous l’au-» rions bientôt dépensé, et nous en trouverons bien» d’autresàconquérir.Unchef-d’œuvreestéternel;» il parera notre patrie. » Le million fut refusé.

Bonaparte, après s’être donné les avantages dela conquête sans ses embarras, continua sa marche.La condition contenue dans l’armistice de Cherasco,relativement au passage du Pô à Valence , la direc-tion des principales colonnes françaises vers cetteville, tout faisait croire que Bonaparte allait tenterle passage du fleuve dans ses environs. Tandis quo

le gros de son armée était déjà réuni sur le P°* n |où Beaulieu s’attendait au passage le 17 fl° re ‘(6 mai), il prend, avec un corps de trois nucinq cents grenadiers, sa cavalerie et vingt-q ua j ICpièces de canon, descend le long du Pô, et arrivéle 18 au matin à Plaisance, après une marcheseize lieues et de trente-six heures. La cavale* ieavait saisi en route tous les bateaux qui se trouvaient sur le bord du fleuve, et les avait ai»ene sà Plaisance. Elle avait pris beaucoup de fourrag eSet la pharmacie de l’armée autrichienne. Un ^transporte l’avant-garde commandée par le colon ^Lannes. Cet officier, à peine arrivé à l’autre b° l1 ’fond avec ses grenadiers sur quelques détacl' ements autrichiens qui couraient sur la rive g allCdu Pô, et les disperse. Le reste des grenadiers A’ al \chit successivement le fleuve, et on commenceconstruire un pont pour le passage de I’ar® ee ’qui avait reçu l’ordre de descendre à son tour ^Plaisance. Ainsi, par une feinte et une m arhardie, Bonaparte se trouvait au delà du P° ’avec l’avantage d’avoir tourné le Tésin. Si, en e ^il eût passé plus haut, outre la difficulté ào ,faire en présence de Beaulieu, il aurait d ol|I \contre le Tésin, et aurait eu encore un passag e ‘effectuer. Mais, à Plaisance, cet inconvénio 1 )n’existait plus, car le Tésin est déjà réuni auLe 18 mai, la division Liptai, avertie I a P 1 ,mière, s’était portée à Fombio, à une petitetance du Pô, sur la route de Pizzighitone.parte, ne voulant pas la laisser s’établir d» nS ^position où toute l’armée autrichienne allait selier, etoù il pouvait être ensuite obligé de rece aVe cbataille avec le Pô à dos, se hâte de combattrece qu’il avait de forces sous la main. Il f° ntcette division qui s’était retranchée, la déloge alune action sanglante, et lui fait deux mille p rlSniers.Le reste de la division, gagnant la routePizzighitone, va s’enfermer dans cette place- ^Le soir du même jour, Beaulieu, averti cl r ^sage du Pô à Plaisance, arrivait au secouisdivision Liptai. Il ignorait le désastre de cettesion ; il donna dans les avant-postes français , ^accueilli chaudement, et obligé de se reptoute hâte. Malheureusement, le brave généra ^harpe, si utile à l’armée par son intellig cnce ^bravoure, fut tué par ses propres soldats, ^lieu de l’obscurité de la nuit. Toute 1 arnl g erl1 egretta ce brave Suisse , que la tyrannie eavait conduit en France . , altu

Le Pô franchi, le Tésin tourné, Beaulieu »