Band 
Tome II.
Seite
312
JPEG-Download
 

312

RÉVOLUTION FRANÇAISE.

s’étendait, comme on le sait, des environs deMayence jusqu’à Dusseldorf. Il avait à Dusseldorf une tête de pont pour déboucher sur la rive droite;il pouvait ensuite remonter entre la ligne de laneutralité prussienne et le Rhin , jusqu’aux bordsde la Lalin, pour se porter de la Lahn sur leMein. Les Autrichiens avaient quinze ou vingtmille hommes disséminés sous lé prince de Wur-temberg, de Mayence à Dusseldorf . Jourdan litdéboucher Kléber par Dusseldorf avec vingt-cinqmille hommes. Ce général replia les Autrichiens,les battit le 16 prairial (4 juin) à Altenkircheii,et remonta la rive droite entre la ligne de neutra-lité et le Mein. Quand il fut parvenu à la hauteurde Neuwicd, et qu’il eut couvert ce débouché,Jourdan, profitant du pont qu’il avait sur cepoint, passa le fleuve avec une partie de ses trou-pes, et vint rejoindre Kléber sur la rive droite. Ilse trouva ainsi avec quarante-cinq mille hommesà peu près, sur la Lahn , le 17 (5 juin). Il avaitlaissé Marceau avec trente mille hommes devantMayence . L’archiduc Charles, qui était versMayence , en apprenant que les Français recom-mençaient l’excursion de l’année précédente, etdébouchaient encore par Dusseldorf et Neuwied ,se reporta avec une partie de ses forces sur la rivedroite, pour s’opposer à leur marche. Jourdan seproposait d’attaquer le corps du prince de Wur-temberg avant qu’il fût renforcé; mais obligé dedifférer d’un jour, il perdit l’occasion, et fut atta-qué lui-même à Wetzlar , le 19 (7 juin). Il bor-dait la Lahn, ayant sa droite au Rhin , et sagauche à Wetzlar . L’archiduc, donnant avec lamasse de ses forces sur Wetzlar , battit son ex-trême gauche, formée par la division Lefèvre, etl’obligea à se replier. Jourdan, battu sur la gauche,était obligé d’appuyer sur sa droite, qui touchaitau Rhin , et se trouvait ainsi poussé vers ce fleuve.Afin de n’y pas être jeté, il devait attaquer l’ar-chiduc. Pour cela il fallait livrer bataille, le Rhin à dos. 11 pouvait s’exposer ainsi, dans le cas d’unedéfaite, à regagner difficilement ses ponts de Neu-wied et Dusseldorf , et peut-être à essuyer une dé-route désastreuse. Une bataille était donc dange-reuse, et même inutile, puisqu’il avait rempli sonbut, en attirant l’ennemi à lui, et en amenant unedérivation des forces autrichiennes du haut sur lebas Rhin . Il pensa donc qu’il fallait se replier, etordonna la retraite qui se fit avec calme et fer-meté. 11 repassa à Neuwied et prescrivit à Kléberde redescendre jusqu’à Dusseldorf , pour y revenir

un e

sur la rive gauche. Il lui avait recommandé de m archer lentement, mais de n’engager aucune actionsérieuse. Kléber, se sentant trop pressé à Ukera6>>et emporté par son instinct guerrier, fit volte-f aCCun instant, et frappa sur l’ennemi un coupgoureux, mais inutile; après quoi il regagna s ° ncamp retranché de Dusseldorf . Jourdan, en a va 11çant pour reculer ensuite, avait exécuté une tâcR eingrate, dans l’intérêt de l’armée du Rhin-gens mal instruits pouvaient en effet regard® 1cette manœuvre comme une défaite; mais I e d evouement de ce brave général ne connaissait aUcune considération, et il attendit, pour reprenéj®l’offensive, que l’armée du Rhin eût profite d ediversion qu’il venait d’opérer.

Moreau, qui avait montré une prudencefermeté, un sang-froid rares, dans les opéra 110 ^auxquelles il avait été précédemment employé 'le Nord, disposait tout pour remplir dignementtâche. Il avait résolu de passer le Rhin à ® tra * tbourg. Cette grande place était un excellent p®*^de départ. Il pouvait y réunir une grande q ual1de troupes. Les îles boisées qui coupent le ®°du Rhin sur ce point en favorisaient le P aS f a ^ i( ,Le fort de Kehl , placé surla rive droite, étaitcile à surprendre; une fois occupé, on pou valt u ;séparer, et s’en servir pour protéger le p° nt ^serait jeté devant Strasbourg . . 0 „

Tout étant disposé pour cet objet, et l’attendes ennemis étant dirigée sur le bas Rhin , M® ^ordonna le 26 prairial (14 juin) une atl aC l u ®nérale sur le camp retranché de Manhehm __attaque avait pour but de fixer sur Manheu 0tention du général Latour, qui comniam 1, e jtroupes du haut Rhin sous l’archiduc Chail e ®’ liede resserrer les Autrichiens dans leur lign e * , j tattaque, dirigée avec habileté et vigueur, 1011parfaitement. Immédiatement après, M oroaU ;rigea une partie de ses troupes sur ^ traS . „ 0 ui -on répandit le bruit qu’elles allaient en R a 1 j cSen renforcer l’armée, et on leur fit P r0 P al ,^ré-vivres à travers la Franche-Comté , afin ‘, j c sditer cette opinion. D’autres troupes partir 0environs de Huningue , pour descendre a ^bourg; et quant à celles-ci on prétendit fi „tsallaient en garnison à Worms. Ces mou n p C gfurent concertés de manière que toutes les^^.j fll .fussent arrivées au point désigné } G . mi" e(23 juin). Ce jour-là, en effet, ving ” ig j e p°'hommes se trouvèrent réunis, soit ca ” j r0 ns,lygone de Strasbourg , soit dans es