Band 
Tome II.
Seite
324
JPEG-Download
 

zn

RÉVOLUTION FRANÇAISE .

banque avait resserré ses escomptes; les capitauxcommençaient à manquer, et on avait arrêté l’em-prunt ouvert pour l’Empereur afin de ne pas fairesortir de nouveaux fonds de Londres . Les portsd’Italie étaient fermés aux vaisseaux anglais ; ceuxd’Espagne allaient l’être; ceux de l’Océan l’étaientjusqu’au Texel. Ainsi le commerce de la Grande-Bretagne se trouvait singulièrement menacé. Atoutes ces difficultés se joignaient celles d’une élec-tion générale; car le parlement, touchant à saseptième année, était à réélire tout entier. Lesélections se faisaient au milieu des cris de malé-diction contre Pitt et contre la guerre.

L’Empire avait abandonné presque en entierla cause de la coalition. Les États de Bade et deWurtemberg venaient de signer la paix définitive,en permettant aux armées belligérantes le passagesur leur territoire. L’Autriche était dans les alar-mes, en voyant deux armées françaises sur leDanube et une troisième sur l’Adige , qui semblaitfermer l’Italie . Elle avait envoyé Wurmser, avectrente mille hommes, pour recueillir plusieursréserves dans le Tyrol, rallier et réorganiser lesdébris de l’armée de Beaulieu, et descendre enLombardie avec soixante mille soldats. De ce côté,elle se croyait moins en danger, et était rassurée;mais elle était fort effrayée pour le Danube et yportait toute son attention. Pour empêcher lesbruits alarmants, le conseil aulique avait défenduà Vienne de parler des événements politiques; ilavait organisé une levée de volontaires, et travail-lait avec une activité remarquable à équiper etarmer de nouvelles troupes. Catherine, qui pro-mettait toujours et ne tenait jamais, rendit unseul service : elle garantit les Gallicies à l’Au-triche , ce qui permit d’en retirer les troupes quis’y trouvaient pour les acheminer vers les Alpes et le Danube .

Ainsi, la France effrayait partout ses ennemis,et on attendait avec impatience ce qu’allait déciderle sort des armes le long du Danube et de l’Adige .Sur la ligne immense qui s’étend de la Bohême àl’Adriatique , trois armées allaient se choquercontre trois autres, et décider du sort de l’Europe .

En Italie , on avait négocié en attendant la re-prise des hostilités. On avait fait la paix avec lePiémont , et depuis deux mois un traité avait suc-cédé a 1 armistice. Ce traité stipulait la cessiondéfinitive du duché de Savoie et du comté de Niceà la France; la destruction des forts de Suse et dela Brunette, places au débouché des Alpes ; l’oc-

cupation pendant la guerre, des places de Co«>’Tortone et Alexandrie ; le libre passage, p° urtroupes françaises, dans les États du Piémont ^la fourniture de ce qui était nécessaire atroupes pendant le trajet. Le Directoire , à 1 IllS ^gation de Bonaparte, aurait voulu de pl llS ' ^alliance offensive et défensive avec le roi demont, pour avoir dix ou quinze mille hommesson armée. Mais ce prince, en retour, demanda^ ^Lombardie, dont la France ne pouvait p aSposer encore, et dont elle songeait toujours a ^servir comme équivalent des Pays-Bas . Cette

coi 1 '

C0°'

av

ec

fr

cession étant refusée, le roi ne voulut passentir .à une alliance.

Le Directoire n’avait encore rien termineGênes ; on disputait toujours sur le rappel desmilles exilées, sur l’expulsion des familles tetaires de l’Autriche et de Naples , et sur 1 innité pour la frégate la Modeste. . ^ cS -

Avec la Toscane , les relations étaient am lCcependant, les moyens qu’on avait employ eS ‘., j agard des négociants livournais, pour obte 11 * 1déclaration des marchandises appartenant aU>1 ^nemis de la France , semaient des germes d c ( ,^ scontentement. Naples et Rome avaient envoJ' e „ iragents à Paris conformément aux ternies d fi ^mistice; mais la négociation de la paixsouff ra cSgrands retards. Il était évident que les P u * sSil ( ,|)(Sattendaient, pour conclure, la suite des évéïi® „de la guerre. Les peuples de Bologne et de l -;j 5étaient toujours aussi exaltés pour la libertei ^ (ravaient reçue provisoirement. La régence - j ;!1dène et le duc de Parme étaient imnio :uit>Lombardie attendait avec anxiété le rtS ail-la campagne. On avait fait de vives instanprès du sénat de Venise , dans le double b u cfilfaire concourir au projet de quadruple® a jj C ,et de procurer un utile auxiliaire à 1 ’armee aOutre les ouvertures directes, nos ambass- ■ d’i 11 ^Constantinople et à Madrid en avaient fa* ^ jé-reeles, et avaient fortement insisté all P r ^ aV aii-gations de Venise pour leur démontrer j C id

tages du projet; mais toutes ces démarches $\s

été inutiles. Venise détestait les Français qu’elle les voyait sur son territoire, et fi ^ c ot>idées se répandaient dans les populations- elle ar 's’en, tenait plus à la neutralité désarme ^ j 0l ,n cniait au contraire avec activité. Elle av ^ j a nsordre aux commandants des îles d eIlV ° j; s poi'’'les lagunes les vaisseaux et les troupes ^blés; elle faisait venir des régiments esc