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Tome II.
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RÉVOLUTION FRANÇAISE.

aurait eu soixante et dix mille hommes à combattreà la fois, dont soixante mille de front et dix milleà dos. Il sacrifia Mantoue , et se concentra à lapointe du laç de Garda. Ordre fut donné sur-le-champ à Augereau de quitter Legnago, à Serru-rier de quitter Mantoue , pour se concentrer versValleggio et Peschiera , sur le haut Mincio. Dansla nuit du 15 thermidor (51 juillet), Serrurierbrûla ses affûts, encloua ses canons, enterra sesprojectiles, et jeta ses poudres à l’eau, pour allerjoindre l’armée active.

Bonaparte, sans perdre un seul instant, voulutmarcher d’abord sur le corps ennemi le plus en-gagé, et le plus dangereux par la position qu’ilavait prise. C’étaient les vingt mille hommes deQuasdanovich, qui avaient débouché par Salo ,Gavardo, et Brescia , sur les derrières du lac deGarda, et qui menaçaient la communication avecMilan. Le jour même où Serrurier abandonnaitMantoue , le 15 (51 juillet), Bonaparte rétrogradapour aller tomber sur Quasdanovich, et repassale Mincio, à Peschiera , avec la plus grande partiede son armée. Augereau le repassa à Borghetto, àce même pont témoin d’une action glorieuse aumoment de la première conquête. On laissa desarrière-gardes pour surveiller la marche de l’en-nemi, qui avait passé l’Adige . Bonaparte ordonnaau général Sauret d’aller dégager le généralGuyeux, qui était enfermé dans un vieux bâtimentavec dix-sept cents hommes, sans avoir ni pain nieau, et qui se battait héroïquement depuis deuxjours. Il résolut de marcher lui-même sur Lonato,où Quasdanovich venait déjà de pousser une divi-sion , et il ordonna à Augereau de se porter surBrescia , pour rouvrir la communication avec Mi-lan. Sauret réussit en effet à dégager le généralGuyeux, repoussa les Autrichiens dans les monta-gnes, et leur fit quelques cents prisonniers. Bo-naparte, avec la brigade Dallemagne, n’eut pasle temps d’attaquer les Autrichiens à Lonato; ilfut prévenu. Après un combat des plus vifs, il re-poussa l’ennemi, entra à Lonato, et fit six centsprisonniers. Augereau, pendant ce temps, mar-chait sur Brescia ; il y entra le lendemain 14(1" août), sans coup férir, délivra quelques pri-sonniers qu’on nous y avait faits, et força les Au-trichiens à rebrousser vers les montagnes. Quas-danovich, qui croyait arriver sur les derrières del’armée française , et la surprendre, fut étonnéde trouver partout des masses imposantes, et fai-sant front avec tant de vigueur. Il avait perdu

peu de monde, tant à Salo qu’à Lonato ; niais >crut devoir faire halte, et ne pas s’engager da.van^

tage, avant de savoir ce que devenait Wurmse*

avec la principale masse autrichienne. R s airêta.

Bonaparte s’arrêta aussi de son côté. Le tempsétait précieux : sur ce point il ne fallait pas pousse*un succès plus qu’il ne convenait. C’était assezd’avoir imposé à Quasdanovich ; il fallait reveI1 j*maintenant pour faire face à Wurmser . Urétrog ra ‘avec les divisions Masséna et Augereau. Le(2 août), il plaça la division Masséna à Pont-Sa"Marco, et la division Augereau à Monte-Cl** ar ?‘Les arrière-gardes qu’il avait laissées sur ledevinrent ses avant-gardes. Il était temps d’ar*'N' el ’caries quarante mille hommes de Wurmser ava* cfranchi non-seulement l’Adige , mais le Mincio- ^division Bayalitsch, ayant masqué Peschiera P‘un détachement, et passé le Mincio, s’avança* 1la route de Lonato. La division Liptai avait fi' al1le Mincio à Borghetto, et repoussé de Castig* 10le général Valette. Wurmser était allé, avec " ^divisions d’infanterie et une de cavalerie, débl o£ I ^Mantoue . En voyant nos affûts en cendres, 1canons encloués, et les traces d’une extrême P 1 . gcipitation, il n’y vit point le calcul du génie, *" aun effet de l’épouvante; il fut plein de joie, et e "en triomphe dans la place qu’il venait dél*'" ec’était le 15 thermidor (2 août). [e ,

Bonaparte, revenu à Pont-San-Marco et à M° n ,^Chiaro, ne s’arrêta pas un instant. Ses lroup eS svaient cessé de marcher; lui-même avait ^été à cheval ; il résolut de les faire battrelendemain matin. Il avait devant lui Bayai* 1 ®Lonato, Liptai à Castiglione, présentant à eux * "un front de vingt-cinq mille hommes. U f alla *attaquer avant que Wurmser revînt de ^ a “g a i 0 ;Sauret venait une seconde fois d’abandonneiBonaparte y envoya de nouveau Guyeux, P° U * g j a -prendre la position et contenir toujours Q 11 ^ gj , snovich. 1 -Après ces précautions sur sa gauche ^derrières, il résolut de marcher devant 1*“ ^ j eSnato, avec Masséna, et de jeter Augereau.^ p S rhauteurs de Castiglione, abandonnées la vei an tle général Valette. Il destitua ce général ^ 0 j rl’armée, pour faire à tous ses lieutenants un ^ ^de la fermeté. Le lendemain 16 (3 août), tou e ^mée s’ébranla; Guyeux rentra à Salo , ce 1°’ j 0 ,idit encore plus impossible toute commumde Quasdanovich avec l’armée autrichienne .parte s’avança sur Lonato; mais son axa" o