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RÉVOLUTION FRANÇAISE.
qui traversent la vallée du Necker pour déboucherdans celle du Rhin ; il lui restait celle qui, passantparTuttlingen etRottweil, vers les sources mêmesdu Necker, suit la vallée de la Kintzig, et vientaboutira Kehl ; mais NauendorflTavait déjà occu-pée. Les détachements sortis de Manheim s’étaientjoints à ce dernier, et l’archiduc s’en approchait.Moreau aima mieux remonter un peu plus haut, etpasser par le Val-d’Enfer, qui, traversant la Forêt-Noire, formait un coude long, mais aboutissaità Brissach, beaucoup plus loin de l’archiduc. Enconséquence, il plaça Desaix et Ferino avec la gau-che et la droite vers Tuttlingen et Rottweil , pourse couvrir du côté des débouchés, où se trouvaientles principales forces autrichiennes, et il envoya lecentre, sous Saint-Cyr, pour forcer le Val-d’Enfer.En même temps, il fit filer ses grands parcs surHuningue , par la route des villes forestières. LesAutrichiens l’avaient entouré d’une nuée de petitscorps, comme s’ils avaient espéré l’envelopper, etne s’étaient mis nulle part en mesure de lui résis-ter. Saint-Cyr trouva à peine un détachement auVal-d’Enfer, passa sans peine à Neustadt, et ar-riva à Fribourg. Les deux ailes le suivirent immé-diatement, et débouchèrent à travers cet affreuxdéfilé, dans la vallée du Rhin , plutôt avec l’atti-tude d’une armée victorieuse qu’avec celle d’unearmée en retraite. Moreau était rendu dans la valléedu Rhin le 21 vendémiaire (12 octobre). Au lieude repasser le Rhin au pont de Brissach, et de re-monter, en suivant la rive française, jusqu’à Stras-bourg , il voulut remonter la rive droite jusqu’àKchl, en présence de toute l’armée ennemie. Soitqu’il voulût faire un retour plus imposant, soitqu’il espérât se maintenir sur la rive droite, etcouvrir Kehl en s’y portant directement, ces rai-sons ont paru insuffisantes pour hasarder une ba-taille. Il pouvait, en repassant le Rhin à Brissach,remonter librement à Strasbourg , et déboucher denouveau par Kehl . Cette tête de pont pouvait résis-ter assez longtemps pour lui donner le temps d’ar-river. Vouloir marcher, au contraire, en face del’armée ennemie, qui venait de se réunir tout en-tière sous l’archiduc, et s’exposer ainsi à une ba-taille générale, avec le Rhin à dos, était une im-prudence inexcusable, maintenant qu’on n’avaitplus le motif ni de l’offensive à prendre, ni d’uneretraite à protéger. Le 28 vendémiaire (19 octobre)les deux armées se trouvèrent en présence surles bords de l’Elz, de Valdkirch à Emmendingen .Après un combat sanglant et varié, Moreau sentit
l’impossibilité de percer jusqu’à Kehl , ensutf*la rive droite, et résolut de passer sur le p° ntBrissach. Ne croyant pas néanmoins pouvoirpasser toute son armée sur ce pont, de peur ^ 6combrement, et voulant envoyer au plus tôtforces à Kehl , il fit repasser Desaix avec la g aU ^par Brissach, et retourna vers Huningue aVcC ^ ecentre et la droite. Cette détermination a été J u » ^non moins imprudente que celle de comb aEmmendingen ; car Moreau, affaibli d’unson armée, pouvait être très-compromis. 11 comPil est vrai, sur une très-belle position, celSchliengen , qui couvre le débouché dTIun 111 »^sur laquelle il pouvait s’arrêter et combattre) P ^rendre son passage plus tranquille et plus sû*’- e j treplia en effet, s’y arrêta le 3 brumaire (24 octeet livra un combat opiniâtre et balancé- Mavoir, par cette journée de combat, donne ■bagages le temps de passer, il évacua la P° sl e tpendant la nuit, repassa sur la rive gauche’s’achemina vers Strasbourg . t je
Ainsi finit cette campagne célèbre ,retraite plus célèbre encore. Le résultat J n tr jassez le vice du plan. Si, comme l’ont den* j (Napoléon, l’archiduc Charles et le général J°° e|1si au lieu de former deux armées, s'avanÇ® 1 ^,colonnes isolées, sous deux généraux $
dans l’intention mesquine de déborder les ^ a ” rIfl éel’ennemi, le Directoire eût formé une seule i ]r
de cent soixante mille hommes, dont un
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ment de cinquante mille aurait assiégé May e ° ^dont cent dix mille, réunis en un seul cor ^p]iin<raient envahi l’Allemagne , par la vallée ^ u , eS jnt"le Val-d’Enfer et la haute Bavière, les arlïie : 0 urS’périales auraient été réduites à se retirer Z co* ltesans pouvoir se concentrer avec avantage eune masse trop supérieure. Le beau pl< an ^pe» 11 ’archiduc serait devenu impossible, et le £ ^ e crépublicain aurait été porté jusqu’à ^\ ennC p or cc e 'le plan donné, Jourdan était une victime ^Aussi sa campagne, toujours malheure «lié 1toute de dévouement, soit lorsqu’il franco p or ceS ^la première fois, pour attirer à lui les
l’archiduc, soit lorsqu’il s’avança jusqu en gcU l,
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avec sa belle armée, pouvait réparer en P a ^ utvices du plan, soit en se hâtant d’écraser ^qui était devant lui, au moment où il C £j liir le s ’
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lorsque celui-ci se porta sur Jourdan. U n (f ane sut rien faire de tout cela; mais s’il ne m