564
RÉVOLUTION FRANÇAISE.
cette petite armée vers la Romagne et la Marched’Ancône. Il voulait s’emparer encore de deuxprovinces de l’État romain, y mettre la main surles propriétés du pape, y arrêter les impôts, sepayer par ce moyen de la contribution qui n’a-vait pas été acquittée, prendre des otages choisisdans le parti ennemi delà France ; et établir ainsiune barrière entre les États de l’Église et Man-toue. Parla, il rendait impossible le projet dejonction entre Wurmser et l’armée papale; ilpouvait imposer au pape, et l’obliger enfin à sesoumettre aux conditions de la république. Dansson humeur contre le saint-siège, il ne songeaitmême plus à lui pardonner, et voulait faire unedivision toute nouvelle de l’Italie . On aurait rendula Lombardie à l’Autriche ; on aurait composéune république puissante, en ajoutant au Modé-nais, au Bolonais et au Ferrarais, la Romagne , laMarche d’Ancône, le duché de Parme , et on au-rait donné Rome au duc de Parme , ce qui auraitfait grand plaisir à l’Espagne , et aurait compromisla plus catholique de toutes les puissances. Déjàil avait commencé à exécuter son projet ; il s’étaitporté à Bologne avec trois mille hommes de trou-pes, et delà il menaçait le saint-siège, qui avaitdéjà formé un noyau d’armée. Mais le pape, cer-tain maintenant d’une nouvelle expédition autri-chienne, espérant communiquer par le bas Pôavec Wurmser, bravait les menaces du généralfrançais , et témoignait même le désir de le voirs’avancer encore d’avantage dans ses provinces.Le saint-père, disait-on au Vatican , quittera Rome,s’il le faut, pour se réfugier à l’extrémité de sesEtats. Plus Bonaparte s’avancera, et s’éloignerade l’Adige , puis il se mettra en danger, et plusles chances deviendront favorables à la causesainte. Bonaparte, qui était tout aussi prévoyantque le Vatican , n’avait garde de marcher surRome ; il ne voulait que menacer, et il avait tou-jours l’œil sur l’Adige , s’attendant à chaque in-stant à une nouvelle attaque. Le 19 nivôse (8jan-vier 1797), en effet, il apprit qu’un engagementavait eu lieu sur tous ses avant-postes; il repassale Pô sur-le-champ avec deux mille hommes, etcourut de sa personne à Vérone .
Son armée avait reçu depuis Arcole les renfortsqu’elle aurait dû recevoir avant cette bataille. Sesmalades étaient sortis des hôpitaux avec l’hiver;il avait environ quarante-cinq mille hommes pré-sents sous les armes. Leur distribution était tou-jours la même. Dix mille hommes à peu près
bloquaient Mantoue sous Serrurier ; trente ^étaient en observation sur l’Adige. Auge'' 6 ’ ^,,1dait Legnago; Masséna, Vérone ; J°^ er j’co'avait succédé à Vaubois, gardait Rivoli et ^rona. Rey, avec une division de réserve! cDezenzano, au bord du lac de Garda. Lesà cinq mille hommes restants étaient, s° s ijles châteaux de Bergame et de Milan , soit .Cispadane . Les Autrichiens s’avançaie . c ,,tsoixante et quelques mille hommes, et en ‘ j„svingt dans Mantoue , dont douze mille ^^$0sous les armes. Ainsi, dans cette lutte,^ ^ e|)1 jdans les précédentes, la proportion é e ^ el faisétait du double. Les Autrichiens avaient ce
,utc s
les
un nouveau projet. Ils avaient essayé clelu “' t deroutes pour attaquer la double ligne du MjU ^ [a ici lC
llS
l’Adige. Lors de l’affaire de Castielione,
descendus le long des deux rives du lae “ ^jjge-par les deux vallées de la Chiesa et de JePlus tard, ils avaient débouché par la !lt l ):tfl’Adige et par celle de la Brenta, attafi'^jifieRivoli et Vérone . Maintenant ils avaient )eleur plan conformément à leurs proj cts ^ lepape. L’attaque principale devait sehaut Adige , avec quarante-cinq miH csous les ordres d’Alvinzi. Une attaque » cC faite
et
indépendante de la première, devait
se
des
oi"
avec vingt mille hommes à peu près, s °^ d edres de Provera, par le bas Adige , dans gne,communiquer avec Mantoue , avec la Ravec l’armée du pape. _ j g . éÜ e
L’attaque d’Àlvinzi était la princip® ! g s iU'était assez forte pour faire espérer un aue» 0 * 5ce point, et elle devait être poussée sa pfoU sconsidération de ce qui arriverait à Pf° v . sor tci ltavons décrit ailleurs les trois routes fl ul jet'des montagnes du Tyrol. Celle qui tom n j^iisrière le lac de Garda avait été négli§ ce t lesl’affaire de Gastiglione; on suivait Iïia V^jj<re et ^deux autres. L’une, circulant entre 1 ^® gg qidlac de Garda, passait à travers les monta,, ^séparent le lac du fleuve, et y renconti* ^^tsition de Rivoli ; l’autre longeait exter * j a ine ^le fleuve, et allait déboucher dans aVérone , en dehors de la ligne frança lS ^ ^ j, )C ,choisit celle qui passait entre le fleuve gt don®et qui pénétrait dans la ligne française- \'oi clsur Rivoli que devaient se diriger ses c0 ^^ re± L 8quelle est cette position à jamais c g a rd a cchaîne du Monte-Baldo sépare le la° ^ j.^jjgel’Adige . La grande route circule entie