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Tome II.
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RÉVOLUTION FRANÇAISE.

les espérances que son commencement avait faitnaître.

Les triomphes de Rivoli mirent le comble à lajoie des patriotes. On parlait de tous côtés de cesvingt-deux mille prisonniers, et on citait le té-moignage des autorités de Milan , qui les avaientpassés en revue, et qui en avaient certifié lenombre, pour répondre à tous les doutes de lamalveillance. La reddition de Mantoue vint mettrele comble à la satisfaction. Dès cet instant, oncrut la conquête de l’Italie définitive. Le courrierqui portait ces nouvelles arriva le soir à Paris . Onassembla sur-le-champ la garnison, et on les pu-blia à la lueur des torches, au son des fanfares,au milieu des cris de joie de tous les Français at-tachés à leur pays. Jours à jamais célèbres et à ja-mais regrettables pour nous ! A quelle époquenotre patrie fut-elle plus belle et plus grande! Lesorages de la révolution paraissaient calmés; lesmurmures des partis retentissaient comme les der-niers bruits de la tempête. On regardait ces res-tes d’agitation comme la vie d’un État libre. Lecommerce et les finances sortaient d’une criseépouvantable ; le sol entier, restitué à des mainsindustrieuses, allait être fécondé. Un gouverne-ment composé de bourgeois, nos égaux, régissaitla république avec modération ; les meilleursétaient appelés à leur succéder. Toutes les voixétaient libres. La France , au comble de la puis-sance, était maîtresse de tout le sol qui s’étend duRhin aux Pyrénées, de la mer aux Alpes . La Hol-

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lande, l’Espagne , allaient unir leurs vaisseaux® 1 - 1siens, et attaquer de concert le despotisme ‘time. Elle était resplendissante d’une gl° iremortelle. D’admirables armées faisaient j utrois couleurs à la face des rois qui avaient W ^l’anéantir. Vingt héros, divers de caractèretalent, pareils seulement par l’âge et le c0l,1 ‘®

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conduisaient ses soldats à la victoire-Kléber, Desaix, Moreau, Joubert, Massénanaparte, et une foule d’autres encore, s’avauG j Sensemble. On pesait leurs mérites divers» ^aucun œil encore, si perçant qu’il pûtvoyait dans cette génération de héros les °j 3 j,,;reux ou les coupables; aucun œil ne voy al *qui allait expirer à la fleur de l’âge, altein .„ n ai ,( imal inconnu ; celui qui mourrait sous le P 01 . 0 p-musulman, ou sous le feu ennemi ; celui <1 . g ;primerait la liberté ; celui qui trahirait sa P‘tous paraissaient grands, purs, heureux»ir n ’yd’avenir! Ce nelfut là qu’un moment; nliU * 0 jiiiU 6a que des moments dans la vie des peupl eS ’^ 0 ,,yefdans celle des individus. Nous allions 1 , j Dl’opulence avec le repos; quant à la liber* e a' 1 'gloire, nous les avions !... « Il faut, a ^ ^usB»» cien, que la patrie soit non-seulement l ,e a c "» mais suffisamment glorieuse. » Ce voeu e fi-compli! Français , qui avons vu depuis n^ ^ r0 s

berté étouffée, notre patrie envahie, n ?- S 0ll s j‘ rfusillés ou infidèles à leur gloire, n’ounmais ces jours immortels de liberté, de 8et d’espérance !

CHAPITRE XXI.

Situation <lu gouvernement dans l’hiver de l’an V (1797). — Caractères et divisions des cinq directeurs, Bar ‘^ S \ âRewhell, Letourneur et Larévellière-Lépeaux, — État de l’opinion publique. Club de Clichy . — Intrigu 05 d’t?' 1 sroyaliste. Complot découvert de Brottier, Laville-Heurnois et Duverne de Presle. — Élections de l’an V. ■la situation des puissances étrangères à l’ouverture de la campagne de 1797.

Les dernières victoires de Rivoli et de la Favo-rite, la prise de Mantoue , avaient rendu à laFrance toute sa supériorité. Le Directoire , tou-jours aussi vivement injurié, inspirait la plusgrande crainte aux puissances. La moitié de l’Eu-rope , écrivait Mallet-Dupan *, est aux genoux de

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i divan, et marchande l’honneur de ^ eV ^ lJie e l’ibutaire. Ces quinze mois d’un règne eI ^ , l( i,rillant avaient consolidé les cinq directesouvoir, mais y avaient développé aussi * eur [lfe utons et leurs caractères. Les hommes ne P u ^. c , ras vivre longtemps ensemble sans éprouve^ fil du penchant ou de la répugnance les u‘ j à• s autres, et sans se grouper confo rrneI11

Correspondance secrète avec le gouvernement de Venise .