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RÉVOLUTION FRANÇAISE.
sans confondre leurs eaux. Cependant, tout en sedélestant, ces trois hommes contenaient leurs res-sentiments et travaillaient avec accord à l’œuvrecommune.
Restaient Larévellière-Lépeaux et Letourneur,qui n’avaient de haine pour personne. Letourneur,bon homme, vaniteux, mais d’une vanité facile etpeu importune, qui sc contentait des marques ex-térieures du pouvoir, et des hommages des senti-nelles, Letourneur avait pour Carnot une respec-tueuse soumission. Il était prompt à donner sonavis, mais aussi prompt à le retirer dès qu’on luiprouvait qu’il avait tort, ou dès que Carnot par-lait. Sa voix, dans toutes les occasions, apparte-nait à Carnot.
Larévelliêre , le plus honnête et le meilleur deshommes, joignait à une grande variété de connais-sances un esprit juste et observateur. Il était ap-pliqué, et capable de donner de sages avis surtous les sujets; il en donna d’excellents dans desoccasions importantes. Mais il était souvent en-traîné par les illusions, ou arrêté par les scrupu-les d’un cœur pur. Il aurait voulu quelquefois cequi était impossible, et il n’osait pas vouloir cequi était nécessaire; car il faut un grand espritpour calculer ce qu’on doit aux circonstances,sans blesser les principes. Parlant bien, et d’unefermeté rare, il était d’une grande utilité quandil s’agissait d’appuyer les bons avis, et il servaitbeaucoup le Directoire par sa considération per-sonnelle.
Son rôle, au milieu de collègues qui se détes-taient, était extrêmement utile. Entre les quatredirecteurs, sa préférence se prononçait en faveurdu plus honnête et du plus capable, c’est-à-direde Rewbell . Cependant, il avait évité un rappro-chement intime, qui eût été de son goût, maisqui l’eût éloigné de ses autres collègues. Il n’étaitpas sans quelque penchant pour Barras, et se se-rait rapproché de lui s’il l’eût trouvé moins cor-rompu et moins faux. Il avait sur ce collègue uncertain ascendant, par sa considération, sa péné-tration et sa fermeté. Les roués se moquentvolon-tiers de la vertu, mais ils la redoutent quand ellejoint à la pénétration qui les devine le couragequi sait ne pas les craindre. Larévelliêre se ser-vait de son influence sur Rewbell et Barras, pourles maintenir en bonne harmonie entre eux etavec Carnot. Grâce à ce conciliateur, et grâceaussi à leur zèle commun pour les intérêts de larépublique, ces directeurs vivaient eonvenablc-
se
ment ensemble, et poursuivaient leur lâchepartageant, dans les questions qu’ils avaie nt ^décider, beaucoup plus d’après leur opini° n
( la« s
d’après leurs haines.
Excepté Barras, les directeurs vivaientleurs familles, occupant chacun un app art q c ,au Luxembourg. Us déployaient peu de l uxe-pendant Larévelliêre , qui aimait assez leles arts et les sciences, et qui se croyait jdépenser ses appointements d’une manière ^l’État, recevait chez lui des savants et des S ^lettres, mais il les traitait avec simplicité et j„dialité. Il s’était exposé malheureusement a û c|)
que ridicule, sans y avoir du reste contrib 1 ^ j aaucune manière. Il professait en tout p 01 ,^[ Cphilosophie du dix-huitième siècle, telleétait exprimée dans la profession de foi du crsavoyard . Il souhaitait la chute de la re *^ l0 ^t sitholique, et se flattait qu’elle finirait bi en , gfirles gouvernements avaient la prudence de jlployer contre elle que l’indifférence et 1 ° u ^ jfSne voulait pas des pratiques superstitieuses
images matérielles de la Divinité; mais u > c r
qu’il fallait aux hommes des réunions, P° \ e uttreteniren commun delà morale et de l ade la création. Gcs sujets, en effet, ont ^j cSd’être traités dans des assemblées, p ar( j ehommes y sont plus prompts a s emouvoi f > (1accessibles aux sentiments élevés et g eIie ^ t a yai lavait développé ces idées dans un ® cllt ’ aU % cér®'dit qu’il faudrait un jour faire succéder ^ aS se*
pis
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monies du culte catholique des réum 1 ^semblables à celles des protestants, nl£ ^ e nta'simples encore, et plus dégagées de re ^ )1 g g prit 5lion. Cette idée, accueillie par quelq ue ® Unbienveillants, fut aussitôt mise à execut*®^,^,.frère du célèbre physicien Haûy forma une s^ | e5qu’il intitula les Théophilanthropes, et < ' ùréunions avaient pour but les exhortations a< ,les, les lectures philosophiques et les c ^ ia ” tS g g’éta'Il s’en forma plus d’une de ce genre. E ® ^ 0 -Mirent dans des salles louées aux frais 1 ® g iqt)°ciés, et sous la surveillance de la police- ^ cJ -Larévellièrc crût cette institution b° nia ®’ aljC o' ! Ppable d’arracher aux églises catholique* e ^ ]er e 1 ’de ces âmes tendres qui ont besoin d cp a gai'é' 1commun leurs sentiments religieux, 1 ir n cde jamais y figurer, ni lui ni sa famille» ^ ge c a ’’pas avoir l’air de jouer un rôle de chc pier^'et ne pas rappeler le pontificat ■ d ! la u.al vC ‘Malgré la réserve de Larevcllieie,