394
RÉVOLUTION FRANÇAISE.
sans de la France , et les assassinats commis surles Français , fut saisi de colère. Sur-le-champ ilenvoya une lettre foudroyante au sénat, dans la-quelle il récapitulait tous ses griefs, et demandaitle désarmement des montagnards, l’élargissementdes prisonniers polonais et des sujets vénitiensjetés sous les Plombs. 11 chargea Junot de portercette lettre, de la lire au sénat, et ordonna au mi-nistre Lallemant de sortir sur-le-champ de Venise en déclarant la guerre, si toutes les satisfactionsexigées n’étaient pas accordées.
Pendant ce temps, il descendait à pas de géantdu haut des Alpes Noriques, dans la vallée de laMuer. Sa principale espérance, dans celte marchetéméraire, était la prompte entrée en campagnedes armées du Rhin , et leur prochaine arrivée surle Danube. Mais il reçut une dépêche du Directoire qui lui ôta tout espoir à cet égard. La détresse dela trésorerie était si grande, qu’elle ne pouvaitfournir au général Moreau les quelques cent millefrancs indispensables pour se procurer un équipagede pont, et passer le Rhin . L’armée de Hoche, qiiioccupait deux ponts et qui était toute prête, deman-dait à marcher, mais on n’osait pas la hasarderseule au delà du Rhin , tandis que Moreau reste-rait en deçà. Carnot exagérait encore dans sa dé-pêche les retards que devait subir l’entrée en cam-pagne des armées d’Allemagne , et ne laissait àBonaparte aucun espoir d’être appuyé. Celui-ci futtrès-déconcerlé par cette lettre; il avait l’imagina-tion vive, et il passait de l’extrême confiance àl’extrême défiance. Il s’imagina ou que le Direc-toire voulait perdre l’armée d’Italie et son général,ou que les autres généraux ne voulaient pas le se-conder. Il écrivit une lettre amère sur la conduitedes armées du Rhin . — Il dit qu’une ligné d’eaun’était jamais un obstacle, et que sa conduite enétait la preuve; que lorsqu’on voulait franchir unflenve, on le pouvait toujours; qu’en ne voulantjamais exposer sa gloire, on la perdait quelquefois ;qu’il avait franchi les Alpes sur trois pieds de neigeet de glace, et que s’il avait calculé comme ses col-lègues, il ne l’aurait jamais osé; que si les soldatsdu Rhin laissaient l’armée d’Italie seule exposée enAllemagne , il fallait qu’ils n’eussent pas de sangdans les veines; que du reste cette brave année,si on l’abandonnait, se replierait, et que l’Europe serait juge entre elle et les autres armées de la ré-publique. Comme tous les hommes passionnéset orgueilleux, Bonaparte aimait à se plaindre età exagérer le sujet de ses plaintes. Quoi qu’il dît,
il ne songeait ni a se retirer, ni meme a »mais à frapper l’Autriche d’épouvante p» r 11 jeche rapide, et à lui imposer la paix. Beaucirconstances favorisaient ce projet. La terre* 1 * ^dans Vienne ; la cour était portée à trallS1 j n ; D iS'prince Charles le conseillait fortement; ^rc.tère seul, dévoué à l’Angleterre, résistai* ^. ]>cS
Les conditions fixées à Clarke, avant les
dérées, f
l’Au^
’o»
!cli e
d’Arcole et de Rivoli, étaient si mopouvait facilement obtenir l’adhésion deà ces conditions, et même à beaucoup mj!Réuni à Joubert et à Masséna, Bonap V s
;
avoir quarante-cinq ou cinquante
miB e
ne
sous la main ; et avec une masse aussi ^craignait point une bataille générale, <l üe r ji'
’V!
H"
fût la puissance de l’ennemi. Par toutes^sons, il résolut de faire une ouverture aU gl(rCharles, et s’il n’y répondait pas, de fond" e jjptavec impétuosité, et de frapper un coup sl qoêII"et si fort, qu’on ne résistât plus à ses 0 ® reS, flS pof ,l!gloire pour lui, si, seul, sans appui* tnen Autriche par une route si extraordinu ,re ’
.s#
(31 mars), Joubert * Jje 1achevait son mouvement et allait le repu 11 ^ l Jnadotte, qu’il avait détaché pour traŸI S ^ r \es te ’chaussée de la Carniole , s’était emparé de ^^5,des riches mines d’Idria , des magasins a" t ),. "et allait arriver par Laybach et KIag eD ^ jjl) 1écrivit au prince Charles, le même jour ya j c"une lettre mémorable. « Monsieur le fe B» chef, lui dit-il, les braves milit £, r reS ^ e» guerre et désirent la paix. Cette S uer ^ e ^ s gcs !
posait la paix à l’Empereur!
Il était à Klagenfurth , capitale de I" tia ‘ ,3 il germinal (31 mars). Joubert à sa
le
» t-elle pas depuis six ans? Avons-nous ,l ^ (C pr» de monde, et causé assez de maux à I" lr gi"» manité ! Elle réclame de tous côtés. L E" 1» avait pris les armes contre la républ"!"^ ft» çaise, les a posées. Votre nation reste ® a is.» cependant le sang va couler plus p|é'» Cette sixième campagne s’annoncé P ar ^ j,o" 5» sages sinistres. Quelle qu’en soit 1,1SS ° juief 8» tuerons de part et d’aiitre quelques
lifll» | rt <;
» d’hommes, et il faudra bien que
l’on i
nr
êi" e
P
» s’entendre, puisque tout a un termefl passions haineuses. . jya"'
» Le Directoire exécutif de la républifi"' c „ï,
fl çaiseavaitfaitconnaîtreàSaMajestél Ej" , e ]es
deso*
» le désir de mettre fin à la guerre q lU ilu ', j^r» deux peuples. L’intervention de la cour 1 esp°' r» dres s y est opposée. N y a-t-il donc aucu