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Tome II.
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RÉVOLUTION FRANÇAISE.

médecins, etc., souhaitait comme partout l’éta-.blissement de l’égalité civile, se réjouissait del’approche des Français , mais n’osait pas laisseréclater sa joie, en voyant un peuple qu’on pou-vait pousser aux plus grands excès, avant qu’unerévolution fût opérée. Enfin, à tous ces élémentsde division se joignait une circonstance moinsdangereuse. Le gouvernement vénitien était servipar des Esclavons. Cette soldatesque barbare,étrangère au peuple vénitien , et souvent en hos-tilité avec lui, n’attendait qu’une occasion pourse livrer au pillage, sans le projet de servir aucunparti.

Telle était la situation intérieure de Venise .Ce corps usé était prêt à se disloquer. Les grands,en possession du gouvernement, étaient effrayésde lutter contre un guerrier comme Bonaparte;malgré que Venise pût très-bien résister à une at-taque, ils n’envisageaient qu’avec épouvante leshorreurs d’un siège, les fureurs auxquelles deuxpartis irrités ne manqueraient pas de se livrer,les excès de la soldatesque esclavonne, les dangersauxquels serait exposée Venise , avec ses établisse-ments maritimes et commerciaux; ils redoutaientsurtout de voir leurs propriétés, toutes situées surla terre ferme, séquestrées par Bonaparte, et me-nacées de confiscation. Us craignaient même pourles pensions dont vivait la petite noblesse, et quiseraient perdues si, en poussant la lutte à l’extré-mité, on s’exposait à une révolution. Ils pensaientqu’en traitant ils pourraient sauver les anciennesinstitutions de Venise par des modifications; con-server le pouvoir, qui est toujours assuré auxhommes habitués à le manier; sauver leurs terres,les pensions de la petite noblesse, et éviter à laville les horreurs du sac et du pillage. En consé-quence, ces hommes, qui n’avaient ni l’énergiede leurs ancêtres, ni les passions de la masse no-biliaire, songèrent à traiter. Les principaux mem-bres du gouvernement se réunirent chez le doge.C’étaient les six conseillers du doge, les trois pré-sidents de la galerie criminelle, les six sagesgrands, les cinq sages de terre ferme, les cinqsages des ordres, les onze sages sortis du conseil,les trois chefs du conseil des Dix, les trois avoga-dors. Cette assemblée extraordinaire, et contrairememe aux usages, avait pour but de pourvoir ausalut de Venise . L’épouvante y régnait. Le doge,vieillard affaibli par l’âge, avait les yeux remplisde larmes. Il dit qu’on n’était pas assuré cette nuitmême de dormir tranquillement dans son lit.

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Chacun fit différentes propositions. Un 1116111 ,.proposait de se servir du banquier Haller Pgagner Bonaparte. On trouva la proposit' 011 .^jcule et vaine. D’ailleurs, l’ambassadeuravait ordre de faire à Paris tout ce qu’il p° lUl ,jjet d’acheter même des voix au Directoi re »

était possible. D’autres proposèrentdesede e ^

On trouva la proposition imprudente et d>8 ^têtes folles et jeunes. Enfin on s’arrêta à 1 1 ^ jjproposer au grand conseil une modifie» 110 ^ cCconstitution , afin d’apaiser Bonapartemoyen. Le grand conseil, composé ordin» 1 ^ ^

de toute la noblesse, et représentant la

il’ 1

•-neuf»*

nitienne, fut convoqué. Six cent dix-nebres, c’est-à-dire un peu plus de la moitié ^,,1présents. La proposition fut faite aumorne silence. Déjà cette question avait ete ‘ {al isur une communication du ministre Lall e ®‘ gsénat, et on avait décidé alors de renvoy er . g oâdifîcations à d’autres temps. Mais cette . jeSsentit qu’il n’était plus possible de reC ° U f f 1 ' 1 'moyens dilatoires. La proposition du b 0 \padoptée par cinq cent quatre-vingt-dix

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Elle portait que deux commissaires en v ' j e gC'le sénat, seraient autorisés à négocier aVnéral Bonaparte, et à traiter même t,e ^ nS eil'qui étaient de la compétence du gr» n( *c’est-à-dire des objets constitutionnels » saficalion. ^31#

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Les deux commissaires partirent sur'-

et trouvèrent Bonaparte sur le bord des li ° S) e»au pont de Marghera . Il disposait ses . tr ° £ ] e s ho 11 'les artilleurs français échangeaient cî e J a r ^ ^

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lets avec les canonnières vénitiennes- ^ ^

commissaires lui remirent la délibération d u jy-conseil. Un instant il parut frappe de cet» ,jmination ; puis, reprenant un ton brusque ^ Ydit : — Et les trois inquisiteurs d’État, etle 111 ’’mandant du Lido, sont-ils arrêtés?U 1116 11têtes. Point de traité jusqu’à ce que le sa ^ aS ;f’çais soit vengé. Vos lagunes ne m’effra}' 61 ^ t ,jn^les trouve telles que je l’avais prévu.jours je serai à Venise . Vos nobles ne se ^ 0 ,jront à la mort qu’en allant, comme le 8 ^français , traîner leur misère par toute•— Les deux commissaires firent tous leu ^ ( 1 epour obtenir un délai de quelques j° uT ^ nCconvenir des satisfactions qu’il désirait-lait accorder que vingt-quatre heures. p e iisi o)lil consentit à accorder six jours de s °d’armes, pour donner aux commissat reS