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Tome II.
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mille facilités pour les racheter. L’agiotage surles différents papiers admis en payement des biensnationaux, et la facilité de se procurer ces papiersà vil prix, la faveur des administrations localespour les anciennes familles proscrites, la com-plaisance des enchérisseurs, qui se retiraient dèsqu’un ancien propriétaire faisait acheter ses terressous des noms supposés, permettaient aux émi-grés de rentrer dans leur patrimoine avec de très-faibles sommes. Les prêtres surtout revenaient enfoule. Us étaient recueillis par toutes les dévotesde France , qui les logeaient, les nourrissaient,leur élevaient des chapelles dans leurs maisons,et les entretenaient d’argent au moyen de quêtes.L’ancienne hiérarchie ecclésiastique était clandes-tinement rétablie. Aucune des nouvelles circon-scriptions de la constitution civile du clergé n’étaitreconnue. Les anciens diocèses existaient encore;des évêques et des archevêques les administraientsecrètement, et correspondaient avec Rome. C’étaitpar eux et par leur ministère que s’exerçaienttoutes les pratiques du culte catholique ; ils con-fessaient, baptisaient, mariaient les personnesrestées fidèles à l’ancienne religion. Tous leschouans oisifs accouraient à Paris , et s’y réunis-saient aux émigrés, qui s’y trouvaient, disait-on,au nombre de plus de cinq mille. En voyant laconduite des Cinq-Cents, et les périls du Direc-toire , ils croyaient qu’il suffisait de quelques jourspour amener la catastrophe depuis si longtempsdésirée. Ils remplissaient leur correspondance avecl’étranger de leurs espérances. Auprès du princede Condé, dont le corps se retirait en Pologne ,auprès du prétendant qui était à Blankembourg,auprès du comte d’Artois qui était en Écosse , onmontrait la plus grande joie. Avec cette mêmeivresse qu’on avait eue à Coblentz , lorsqu’on croyaitrentrer dans quinze jours à la suite du roi dePrusse, on faisait de nouveau aujourd’hui des pro-jets de retour, on en parlait, on en plaisantaitcomme d’un événement très-prochain. Les villesvoisines de nos frontières se remplissaient de gensqui attendaient avec impatience le moment de re-voir la France . A tous ces indices il faut joindreenfin le langage forcené des journaux royalistes,dont la fureur augmentait avec la témérité et lesespérances du parti.

Le Directoire était instruit par sa police de tousces mouvements. La conduite des émigrés, lamarche des Cinq-Cents, s’accordaient avec la dé-claration de Duverne de Presle pour démontrer

FRANÇAISE.

l’existence d’un véritable complot. ® uver ^ tre -Presle avait dénoncé, sans les nommer, cent .

vingts députés comme complices.il n’avait d e ^. (nominativement que Lemerer et Mersan, etdit que les autres étaient tous les sociét aireS ^ ()Clichy . En cela, il s’était trompé, comm e 011 t ,La plupart des clichyens, sauf cinq ou si*être, agissaient par entraînement d’opinion, epar complicité. Mais le Directoire , tronip e 1 j e(apparences et la déclaration de Duverne de ^

les croyait sciemment engagés dans le c0 ^jii'et ne voyait en eux que des conjurés. Une ^verte faite par Bonaparte en Italie vint lui run secretimportant, et ajouter encore àses c ra ^Le comte d’Entraigues, agent du prétend* 11 ’ ^intermédiaire avec les intrigants de France » jjconfident de tous les secrets de l’émigratiou» t)réfugié à Venise. Quand les Français y en tr , a ;til fut saisi et livré à Bonaparte. Celui-cj P®^ n ,cl’envoyer en France pour y être fusille j 5( jémigré et comme conspirateur; cepend »»^^laissa toucher, et préféra se servir de lui et j|indiscrétions, au lieu de le dévouer à 1*

lui assigna la ville de Milan pour prison, l ul to iiSquelques secours d’argent, et se fit raC ° n ,, - s toi reles secrets du prétendant. Il connut alors 1 s t#entière de la trahison dcPichegru, qui c 1,1 ' s cfllcachée au gouvernement, et dont U c je s»’ 5avait eu quelques soupçons, mal accueiH 1 ^ (0 ijtcollègues. D’Entraigues raconta à Bonnp 1 j^tr 1 '

les»on* vc :

ce qu’il savait, et le mit au fait de toutesgués de l’émigration. Outre ces révéla 1 ' 0 ^ j,ibaies, on obtint des renseignements 1 e

la saisie des papiers trouvés à Venise , .^s,portefeuille de d’Entraigues. Entre autreS j,t ti nCil en était une fort importante, conte»longue conversation de d’Entraiguesde Montgaillard, dans laquelle celui-» 1 .^rii»la première négociation entamée avec *et restée infructueuse par l’obstination ^fS*'de Condé. D’Entraigues avait écrit cette e J je'tion *, qui fut trouvée dans ses papi erS ‘ ^

* M. de Montgaillard, dans son ouvrage pl e ‘ n ïVÏet d’erreurs , a soutenu que cette pièce con . ^ e t

vrais, mais qu’elle était fausse, et avait été *

Bonaparte, Berthier et Clarke. Le contraire es ^ ^ jon conçoit I’intérét que M. de Montgaillard jgiis cson frère de la conversation qu’on lui attri >

, Mais il est difficile d’abord de supposer q ^

,1X ‘ rû^

pièce. Mais il est difficile d’abord ae supp- *.*9^sonnages aussi importants osassent faire un $

là sont aussi rares de nos jours que les ^

Clarke a été destitué à la suite de fructidor, et> *