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Tome II.
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RÉVOLUTION FRANÇAISE.

pour qu’on pût déterminer si les armées s’étaientmises en faute en les présentant ; qu’il reconnais-sait le dangerde faire exprimer un avis aux armées,et qu’il allait arrêter les nouvelles publications decette nature; mais que, du reste, avant d’incri-miner la démarche que s’étaient permise les sol-dats de la république, il fallait remonter auxcauses qui l’avaient provoquée; que cette causeétait dans l’inquiétude générale qui, depuis quel-ques mois, s’était emparée de tous les esprits;dans l’insuffisance des revenus publics, qui lais-sait toutes les parties de l’administration dans lasituation la plus déplorable, et privait souvent deleur solde des hommes qui depuis des annéesavaient versé leur sang et ruiné leurs forces pourservir la république, dans les persécutions et lesassassinats exercés sur les acquéreurs de biensnationaux, sur les fonctionnaires publics, sur lesdéfenseurs de la patrie; dans l’impunité du crimeet la partialité de certains tribunaux; dans l’inso-lence des émigrés et des prêtres réfractaires, qui,rappelés et favorisés ouvertement, débordaient detoutes parts, soufflaient le feu de la discorde, in-spiraient le mépris des lois; dans cette foule dejournaux qui inondaient les armées et l’intérieur,et n’y prêchaient que la royauté et le renversementde la république; dans l’intérêt toujours mal dis-simulé et souvent manifesté hautement pour lagloire de l’Autriche et de l’Angleterre; dans lesefforts qu’on faisait pour atténuer la juste renom-mée de nos guerriers; dans les calomnies répan-dues contre deux illustres généraux, qui avaient,l’un dans l’Ouest, l’autre en Italie , joint à leursexploits, l'immortel honneur de la plus belle con-duite politique; enfin, dans les sinistres projetsqu’annonçaientdeshommes plusoumoins influentssur le sort de l’État. Le Directoire ajoutait que,du reste, il avait la résolution ferme et l’espérancefondée de sauver la France des nouveaux boule-versements dont on la menaçait. — Ainsi, loind’expliquer sa conduite et de l’excuser, le Direc-toire récriminait au contraire, et manifestait haute-ment le projet de poursuivre la lutte, et l’espéranced’en sortir victorieux. Ce message fut pris pour unvrai manifeste, et causa une extrême sensation.Sur-le-champ, les Cinq-Cents nommèrent unecommission pour examiner le message et y ré-pondre.

Les constitutionnels commençaient à être épou-vantes de la situation des choses. Us voyaient,d une part, le Directoire prêt à s’appuyer sur les

armées ; de l’autre, les clichyens prêts à r ^ un

la

milice de vendémiaire, sous prétexte d° r S a11la garde nationale. Ceux qui étaient s ‘ ncel pj re c-républicains aimaient mieux la victoire du t ^toire, mais ils auraient tous préféré qu d n J a ;n-pas de combat, et ils pouvaient s’apercevo» | Ctenant combien leur opposition, en effWDirectoire et en encourageant les réacteurs j sété funeste. Ils ne s’avouaient pas leurs t° rts ’ B]I ,e -ils déploraient la situation, en l’imputant c 01 ;d’usage à leurs adversaires. Ceux desclichy® D *. 0))(

n’étaient pas dans le secret de lacontre-révÇ^. e „tqui ne la souhaitaient même pas, qui 11L _ psmus que par une imprudente haine coi' 1 ^ c f-excès de la révolution, commençaient a nifrayés, et craignaient, par leur contrat sd’avoir réveillé tous les penchants révoluti 0 ' c j;.du Directoire . Leur ardeur était ralentie-chyens tout à fait royalistes étaient for 1 P^ii-d’agir, et craignaient d’être prévenus. H s fui-raient Pichegru et le poussaient vivement- ^ci, avec son flegme accoutumé, P ronl . ul -j. ^agents du prétendant, et temporisait touj° c3 rn’avait du reste encore aucuns moyens r ® e p^j-is•quelques émigrés, quelques chouans

ne constituaient pas une force suffisante ;

et J u,ale> !'

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ce qu’il eût dans sa main la garde nation^jjetpouvait faire aucune tentative sérieuse- <Fprudent, il voyait cette situation avec a u 'iljustesse, et répondait à toutes les inst» nceS ’ io jr0fallait attendre. On lui disait que le

toit- 0 " C

allait frapper, il répondait que le ®* r ^ C p a uda caPoserait pas. Du reste, ne croyant pas a ^ j„siif'

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du Directoire , trouvant ses moyens enco 1 ® .fisants, jouissant d’un grand rôle, et disp ., àebeaucoup d’argent, il était naturel q u

pas pressé d’agir.

il « cs ira ie!l

Dans cette situation, les esprits sages a ' B ] e jitsincèrement qu’on évitât une lutte. U s a tF 8souhaité un rapprochement, qui, en ramen 'pjifF'constitutionnels et les clichyens modérés ^toire, lui pût rendre une majorité q u ^ a ' v j 0 lei llSdue, et le dispenser de recourir à de poji'moyens de salut. Madame de Staël était e> ^tion de désirer et d’essayer un pareil jir^ment. Elle était le centre de cette société

et brillante, qui, tout en trouvant le g° uve,I j ) Ji(l 11 ‘ !et ses chefs un peu vulgaires, aimait la r éP u iFet y tenait. Madame de Staël aimait cette c* flI )rgouvernement, comme la plus belle l ,ee lit*l’esprit humain; elle avait déjà placé ‘ a