Band 
Tome II.
Seite
444
JPEG-Download
 

444

RÉVOLUTION FRANÇAISE.

Larévellière venait de remplacer Carnot à la pré- !sidence du Directoire; il était chargé de recevoir :l’envoyé de la république cisalpine , Visconti, et jle général Bernadotte , porteur de quelques dra- jpeaux que l’armée d’Italie n’avait pas encore en- jvoyés au Directoire . Il résolut de se prononcer de jla manière la plus hardie, et de forcer ainsi Barras jà se décider. Il fit deux discours véhéments, dans |lesquels il répondait, sans les désigner, aux deux jrapports deThibaudeau et de Tronçon-Ducoudray. JEn parlant de Venise et des peuples italiens ré-cemment affranchis, Thibaudeau avait dit queleur sort ne serait pas fixé tant que le corps légis-latif de France n’aurait pas été consulté. Faisantallusion à ces paroles, Larévellière dit à Viscontique les peuples italiens avaient voulu la liberté,avaient eu le droit de se la donner, et n’avaienteu besoin pour cela d’aucun consentement aumonde. — « Cette liberté, disait-il, qu’on voudraitvous ôter, à vous et à nous, nous la défendronstous ensemble, et nous saurons la conserver. » Leton menaçant des deux discours ne laissait aucundoute sur les dispositions du Directoire : deshommes qui parlaient de la sorte devaient avoirleurs forces toutes préparées. C’était le 40 fructi-dor; les clichycns furent dans les plus grandesalarmes. Dans leurs fureurs, ils revinrent à leurprojet de mettre en accusation le Directoire . Lesconstitutionnels craignaient un tel projet, pqrcequ’ils sentaient que ce serait pour le Directoireun motif d’éclater, et ils déclarèrent qu’à leurtour ils allaient se procurer la preuve de la tra-hison de certains députés, et demander leur accu-sation. Cette menace arrêta les clichycns et em-pêcha la rédaction d’un acte d’accusation contreles cinq directeurs.

Depuis longtemps les clichycns avaient voulufaire adjoindre à la commission des inspecteurs,Pichegru et Willot, qui étaient regardés commeles deux généraux du parti. Mais cette adjonctionde deux nouveaux membres, portant le nombre àsept, était contraire au règlement. On attendit lerenouvellement de la commission, qui avait lieuau commencement de chaque mois, et on y portaPichegru, Vaublanc , Delarue , Thibaudeau etÉmery. La commission des inspecteurs était char-gée de la police de la salle ; elle donnait des ordresaux grenadiers du corps législatif, et elle était enquelque sorte le pouvoir exécutif des conseils. LesAnciens avaient une semblable commission; elles était reunie à celle des Cinq-Cents, et toutes

oinun 8 '

deux veillaient ensemble à la sûreté conU 1 ^Une foule de députés s’y rendaient sans aV °^ aUdroit d’y siéger, ce qui en avait fait un no uclub de Clichy , où l’on faisait les motionsl eS

lit

V1UU UV/ j V U A luiuui* -

violentes et les plus inutiles. D’abord on 1

d’y organiser une police, pour se tenir au c ° a ^des projets du Directoire . On la confia ^ ^nommé Dossonville. Comme on n’avait P° l jefonds, chacun contribua pour sa part; niais -jréunit qu’une médiocre somme. Pourvu coU > el’avait été, Pichegru aurait pu contribuer p° u ‘ ^forte part; mais il ne paraît pas qu’il crn l 1 j ;a iii.dans cette circonstance les fonds reçus de j eCes agents de police allaient recueillir P art ° c0l rfaux bruits, et venaient alarmer ensuite l eSmissions.

Chaque jour ils disaient:—C’est aujouic’est cette nuit même que le Directoire pararrêter deux cents députés, et les faire ég or » ^les faubourgs. —Ces bruits jetaient l’alariir e ^les commissions, et cette alarme faisait 1,111 . eI -e-propositions les plus indiscrètes. Le Dirent s

■ de

cevait par ses espions le rapport exagère pjusces propositions, et concevait à son tour g( jngrandes craintes. On disait alors dans lessaDirectoire qu’il était temps de frapper, sl cC (voulait pas être prévenu; on faisait des i°qui, répétées à leur tour, allaient ren ( l re

coi> s:

ilit»'

; urs

pour effroi aux clichycns.

Isolés au milieu des deux partis, lestionnels sentaient chaque jour davantage^ ^ uSfautes et leurs périls. Ils étaient livrés a*grandes terreurs. Carnot, encore plus is° le 1.

brouillé avec les clichyens, odieux aux P at * a joiii'suspect même aux républicains modères » \ n ; s .nié, méconnu, recevait chaque jour les pm , [)a rtrès avis. On lui disait qu’il allait être ég 01 ^ c lordre de ses collègues. Barthélemy, nienaverti comme lui, était dans l’épouvante* ,,

Du reste, les mêmes avis étaient donnmonde. Larévellière avait été informé ’ L „,,a>is

.tes»

cho« :

lsjS

le monde. Larévellière avait éténière à ne pas lui laisser de doute, que ‘les ^ piétaient payés pour l’assassiner. Le trouvant l 1 * 1ferme des trois membres de la majorité, c ^qu’on voulait frapper pour la dissoudre. ^ pu-

tain que sa mort aurait tout change, "" u v p

changé, car ^

veau directeur nommé par les conseils e ^certainement avec Carnot et Barthélemy- ,du crime, et les détails donnés à Larév e ^devaient l’engager à se tenir en garde. Cep ' ( jail ne s’émut pas, et continua ses promu 88