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RÉVOLUTION FRANÇAISE.
simple lecture de la résolution et du rapport lesoccupa jusqu’au matin du 19. Fatigués d’une séancetrop longue, ils s’ajournèrent pour quelques heures.Le Directoire , qui était impatient d’obtenir la sanc-tion des Anciens, et de pouvoir appuyer d’une loile coup d’État qu’il avait frappé, envoya un mes-sage au corps législatif. — « Le Directoire , disaitce message, s’est dévoué pour sauver la liberté,mais il compte sur vous pour l’appuyer. C’est au-jourd’hui le 19, et vous n’avez encore rien faitpour le seconder. » — La résolution fut aussitôtapprouvée en loi, et envoyée au Directoire .
À peine fut-il muni de celte loi, qu’il se hâtad’en user, voulant exécuter son plan avec promp-titude, et aussitôt après faire entrer toutes chosesdans l’ordre. Un grand nombre de condamnés à ladéportation s’étaient enfuis. Carnot s’était secrè-tement dirigé vers là Suisse. Le Directoire auraitvoulu faire évader Barthélemy, qui s’obstina par lesraisons qui ont été rapportées plus haut. 11 choisitsur la liste des déportés quinze individus, jugés ouplus dangereux ou plus coupables, et les destinaà une déportation, qui pour quelques-uns fut aussifuneste que la mort. On les fit partir le jour même,dans des chariots grillés, pour Rocliefort, d’où ilsdurent être transportés, sur une frégate, à laGuyane. C’étaient Barthélemy, Pichegru , Willot,ainsi traités à cause ou de leur importance, ou deleur culpabilité; Rovère, à cause de ses intelli-gences connues avec la faction royaliste ; Aubry, àcausé de son rôle dans la réaction ; Bourdon del’Oise, Murinais, Delarue, à cause de leur con-duite dans lesCinq-Cents; Ramel, àcause de sa con-duite à la tète des grenadiers; Dossonville, à causedes fonctions qu’il avait remplies auprès de lacommission des inspecteurs;Tronçon-Ducoudray,Barbé-Marbois , Lafond-Ladebat, à cause, non deleur culpabilité, car ils étaient sincèrement attachésà la république, mais de leur influence dans le con-seil des Anciens ; enfin Brottier et Laville-IIeurnois,à cause de leur conspiration. Leur complice Du-verne de Presle fut ménagé, en considération deses révélations. La haine eut sans doute sa part or-dinaire dans le choix des victimes, car il n’y avaitque Pichegru de réellement dangereux parmi ccsquinze individus. Le nombre en fut porté à seize,par le dévouement du nommé Letellier, domesti-que de Barthélemy, qui demanda à suivre sonmaître. On les fit partir sans délai ; et ils furentexposés, comme il arrive toujours, à la brutalitédes subalternes. Cependant le Directoire , ayant
appris que le général Du tertre, chef de l’ese° )le ’se conduisait mal envers les prisonniers, I e re ^ c
plaça sur-le-champ. Ces déportés pour c
cau se
côte
royalisme allaient se trouver à Sinnamarii J ^ eSde Billaud-Varennes et de Collot-d’Herhoi s -autres déportés furent destinés à l’ile d’OlérOjJ;^Pendant ces deux jours, Paris demeura p ar ‘ tment calme. Les patriotes des faubourgs trou'* 11 ^la peine de la déportation trop douce ; ils étaien^^bitués à des mesures révolutionnaires d’un e jj sespèce. Se confiant dans Barras et Augere all >
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s’attendaient à mieux. Ils formèrent
et vinrent sous les fenêtres du DirectoireVive la république! vive le Directoire! viveras! Ils attribuaient la mesure à Barras, ^5raient qu’on s’en remît à lui, pendant q u ^jours, de la répression des aristocrates,ces groupes peu nombreux ne troublèrenta
ment le repos de Paris . Les sectionnaires u .démiaire, qu’on aurait vus bientôt, sans 1 *^-19, réorganisés en garde nationale, n’ava ie, ^ ( ] C sassez d’énergie pour prendre spontaneU 1armes. Ils laissèrent exécuter le coup d ® .j,,..
opposition. Du reste, l’opinion restait * nCC ^,fa£'Les républicains sincères voyaient bien q ue ‘ eStl it*tion royaliste avait rendu inévitable une ^énergique, mais ils déploraient la vi°I at ‘®lois et l’intervention du pouvoir militaire- je-taient presque de la culpabilité des c ° ( tu-teurs , en voyant un homme commefondu dans leurs rangs. Ils craignaient q ue pj rC C'n’eût trop influé sur la détermination d ' 1 ^j pfl stoire. Enfin, même en jugeant ses déter ® 1 j c iilcomme nécessaires, ils étaient tristes, et 1 s ‘ st i |U 'raison; car il devenait évident que cette c cS poi r ’tion, dans laquelle ils avaient mis tout l elll ^ g d' 5 'n’était pas le terme de nos troubles et de c tcordes. La masse de la population sese détacha beaucoup eii ce jour des e' 5S etpolitiques. On l’avait vue, le 9 thermid° r ;^ c0 „-de la haine contre l’ancien régime à la .^.ycn ' 1tre la terreur. Depuis, elle n’avait voulu • pjrc rdans les affaires que pour réagir contre c [ Ftoire, qu’elle confondait avec la conv en ^^j d ccomité de salut public. Effrayée anjou*' 1 ^ ^l’énergie de ce Directoire , elle vit dans - n ejn e,1 ftidor l’avis de demeurer étrangère auX .^j 1 , Je ^Aussi vit-on, depuis ce jour, sattiepolitique. ( pi c° ]> ‘
Telles devaient être les conséquence ^ycfl 11d’État du 48 fructidor. On a dit qu’il éta