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Tome II.
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RÉVOLUTION

pour être directeur ; il fallait avoir quarante ans,et il n’en avait pas trente. On parlait bien d’unedispense d’âge, mais c’était une concession à ob-tenir, qui alarmerait les républicains, qui leurferait jeter les hauts cris, et qui ne vaudrait pascertainement les désagréments qu’elle lui cause-rait. Être associé, lui cinquième, au gouverne-ment, n’avoir que sa voix au Directoire , s’user enluttant avec des conseils indépendants encore,c’était un rôle dont il ne voulait pas; et ce n’étaitpas la peine de provoquer une illégalité pour unpareil résultat. La France avait encore un puissantennemi à combattre, l’Angleterre; et, bien queBonaparte fût couvert degloire, il lui valait mieuxcueillir de nouveaux lauriers, et laisser le gou-vernement s’user davantage dans sa pénible luttecontre les partis.

On a vu que, le jour même où la signature dutraité de Campo-Formio fut connue à Paris , leDirectoire , voulant tourner les esprits contrel’Angleterre, créa sur-le-champ une armée dited!Angleterre , et en donna le commandement augénéral Bonaparte. Le gouvernement songeaitfranchement et sincèrement à prendre la voie laplus courte pour attaquer l’Angleterre, et voulaity, faire une descente. L’audace des esprits, à cetteépoque, portait à regarder cette entreprise commetrès-exécutable. L’expédition déjà tentée en Irlande prouvait qu’on pouvait passer à la faveur desbrumes ou d’un coup de vent. On ne croyait pasqu’avec tout son patriotisme, la nation anglaise,qui alors ne s’était pas fait une armée de terre,pût résister aux admirables soldats de l’Italie etdu Rhin , et surtout au génie du vainqueur de Cas-tiglione, d'Arcole et de Rivoli . Le gouvernementne voulait laisser que vingt-cinq mille hommes enItalie , il ramenait tout le reste dans l’intérieur.Quant à la grande armée d’Allemagne , composéedes deux armées du Rhin et de Sambre-et-Meuse,il allait la réduire à la force nécessaire pour im-poser à l’Empire pendant le congrès de Rastadt ,et il voulait faire refluer le reste vers les côtes del’Océan. On donnait la même direction à toutesles troupes disponibles. Les généraux du génieparcouraient les côtes pour choisir les meilleurspoints de débarquement; des ordres étaient don-nés pour réunir dans les ports des flottilles con-sidérables; une activité extrême régnait dans lamarine. On espérait toujours qu’un coup de ventUnirait par écarter l’escadre anglaise qui bloquaitla rade de Ladix, et qu’alors la marine espagnole

FRANÇAISE.

pourrait venir se coaliser avec la marine ^' a "^ til itQuant à la marine hollandaise, qu’on se , esS „yeraussi de réunir à la nôtre, elle venait d es j tun rude échec à la vue du Texel, et il 11 jj 0 j.rentré que des débris dans les ports de ' ^

lande. Mais la marine espagnole et franÇ alS ^fisait pour couvrir le passage d’une üotlu ^surer le transport de soixante ou *I ual ^ r jolis

de

mille hommes en Angleterre. Pour seco;ces préparatifs, on avait songé à se p r0 'nouveaux moyens

ndef 1icurer

de finances. Le budget

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comme on l’a vu, à 616 millions pour • u „suffisait pas à un armement extraordin ® 1

voulut faire concourir le commerce a

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prise qui était toute dans ses intérêts, et |-

posa un emprunt volontaire de quatre-v' 11 » jj |)Clions. Il devait être hypothéqué sur I ^ apartie des bénéfices de l’expédition de v ^ g0f tchangée en primes, qui seraient tirées j ef)entre les prêteurs. Le Directoire se fit d e ce tpar les principaux négociants, l’ouvert ureemprunt. Le projet en fut soumis au c ° r ^*j,jeni rlatif, et, dès les premiers jours, il P aI ^jjoaS d cfaveur. On reçut pour quinze ou vingtsouscriptions. Le Directoire dirigeait » ^jsment tous ses efforts contre l’Angle teI ’ re .’ t peiraussi toutes ses sévérités. Une loi interdt 8 ®^^trée des marchandises anglaises; il se ^ j c s d^à employer les visites domiciliaires P^p^nce-couvrir, et les fit exécuter dans toutele même jour et à la même heure *•

Bonaparte semblait seconder ce g ra . a jt p 1ment et s’y prêter; mais, au fond, ü P e e() ti’ epour ce projet. Marcher sur Londres - iidjeter soixante mille hommes en Ang e .j gelJ ta' 1lui paraissait pas le plus difficile- M alS iin po 5 'que conquérir le pays, s’y établir, ser i„ie a

sible; qu’on pourrait seulement le ravage^ j’ a ii'

lever une partie de ses richesses, le /

nuler pour un demi-siècle; mais q u *^sacrifier l’armée qu’on y aurait amenée, e pal"presque seul, après une espèce d * nCU ^ s y-isF'bare. Plus tard, avec une puissance P a u n«une plus grande expérience de sesirritation toute personnelle contre 1 g a vC<:il songea sérieusement à lutter corps à co . ^jselle, et à risquer sa fortune contre la s ‘ ea t] . eS pf üaujourd’hui il avait d’autres idées et a cet je el1jets. Une raison le détournait surtout e

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•et.

* T.e 15 nivôse an vt (4 janvier.)