476
RÉVOLUTION FRANÇAISE.
tenant qu’il n’y était plus, on juge de quoi elledevait être capable. Le gouvernement français avait assez de forces pour la punir cruellement deses fautes ; mais pour ne pas troubler la paix gé-nérale, il avait recommandé à son ministre Trouvéde garder la plus grande mesure, de s’en tenir àdes représentations, et de tâcher de la remener àla raison.
Le gouvernement le plus près de sa ruine étaitle gouvernement papal. Ce n’était pas faute de sedéfendre; il faisait aussi des arrestations; maisun vieux pape dont l’orgueil était abattu, de vieuxcardinaux inhabiles, pouvaient difficilement sou-tenir un État chancelant de toutes parts. Déjà, parles suggestions des Cisalpins, la Marche d’Ancônes’était révoltée, et s’était constituée en républiqueanconilaine. De là, les démocrates souillaient larévolte dans tout l’État romain. Us n’y comptaientpas un grand nombre de partisans, mais ils étaientassez secondés par le mécontentement public. Legouvernement papal avait perdu son éclat impo-sant aux yeux du peuple, depuis que les contri-butions imposées à Tolentino l’avaient obligé dedonner jusqu’aux meubles précieux et aux pierre-ries du saint-siège. Les taxes nouvelles, la créationd’un papier-monnaie qui perdait plus des deuxtiers de sa valeur, l’aliénation du cinquième desbiens du clergé, avaient mécontenté toutes lesclasses, jusqu’aux ecclésiastiques eux-mêmes. Lesgrands de Rome , qui avaient reçu quelques-unesdes lumières répandues en Europe pendant le dix-huitième siècle, murmuraient assez hautementcontre un gouvernement faible, inepte, et disaientqu’il était temps que le gouvernement temporeldes États romains passât, de célibataires ignorants,incapables, étrangers à la connaissance des choseshumaines, aux véritables citoyens versés dans lapratique et l’habitude du monde. Ainsi les dispo-sitions du peuple romain étaient peu favorables aupape. Cependant les démocrates étaient peu nom-breux; ils inspiraient des préventions sous le rap-port de la religion, dont on les croyait ennemis.Les artistes français qui étaient à Rome les exci-taient beaucoup; mais Joseph Ronaparte tâchaitde les contenir, en leur disant qu’ils n’avaient pasassez de force pour tenter un mouvement décisif,qu ils se perdraient et compromettraient inutile-lement la France ; que, du reste, elle ne les sou-tiendrait pas, et les laisserait exposés aux suitesde leur imprudence.
Le 6 nivôse (26 décembre 1797), ils vinrent I
fl les
l’avertir qu’il y aurait un mouvement. ; g
gédia, en les engageant à rester tranquiH e5 ’ils n’en crurent pas le ministre français . Le s ï' s >;|de tous les entrepreneurs de révolutions e 3 g,,
fallait oser et engager la France maigre e ^ re ),
d ,, a .
effet, ils se réunirent le 8 nivôse (28
pour tenter un mouvement. Dispersés p ar !^ cl { 0 ngons du pape, iffi se réfugièrent dans L'J ur ^| gS Ju
de l’ambassadeur français, et sous
les ai’C'
palais Corsini qu’il habitait. Joseph accour’ tquelques militaires français, et le généra ^ jjjeune officier très-distingué de l’armée <1 a et jesvoulait s’interposerentre les troupes p a P a tl , ol ij)C sinsurgés, pour éviter un massacre. Mais le s ^, cl) tpapales, sans respect pour l’ambassadeui q 6feu, et tuèrent à ses côtés l’infortuné D»P jp.jeune homme allait épouser une belIe-sce u ’^ orC ii-sepli. Sa mort produisit une commotion e5> e ptnaire. Plusieurs ambassadeurs étrangers c ° achez Joseph, particulièrement le niim s ge „l,pagne, d’Azara. Le gouvernement r ° rll ‘ IJl '[ e nii'demeura quatorze heures sans envoyer c ^ ceS sénistre de France, quoique celui-ci 11 e ^ji-de lui écrire pendant la journée. Jo se P ’ . e»gné, demanda sur-le-champ ses passe-P j ûS -les lui donna, et il partit aussitôt p° ur
Cane ’ nsa tioi>- 11
Cet événement produisit une vive se aUr adétait visible que le gouvernement r°n' a ‘ a , uC apu prévenir cette scène, car elle é lal ^' J . ( y0 ul uRome deux jours d’avance, mais qu p aV . eS ui* ela laisser éclater, pour infliger aux ^® lU ° al „lte,correction sévère, et que, dans I en’avait pas su prendre ses précautions ^ unà prévenir une violation du droit des n iU' e
a yCC
11
attentat contre la légation française
. Au sSI
tôt
; la C>s ;
alp i,,e
ftO#'
grande indignation se manifesta dans , g ^
• contre „
ai 1
et parmi tous les patriotes italiens, cuu, “' ^vernement romain. L’armée d’Italie dem»grands cris à marcher sur Rome . .j v0 yLe Directoire était fort embarrasse - j c |sdans le pape le chef spirituel du parti enIie r j e *j]<î ctrévolution. Détruire le pontife de cette ^ fort-tyrannique religion chrétienne le ten ^ et Jemalgré le danger de blesser les puissant
. Cependant,
lijlV, IV.
provoquer leur intervention