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Tome II.
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RÉVOLU! fON

Tout récemment encore on venait de songer àl’Egypte . M. de Choiseul avait eu l’idée de l’occu-per, lorsque toutes les colonies d’Amérique fu-rent en péril. On y songea encore lorsque Joseph II et Catherine menaçaient l’empire ottoman . Récem-ment le consul français au Caire , M. Magallon,homme distingué et très au fait de l’état de l’É-gypte et de l’Orient, avait adressé des mémoiresau gouvernement, soit pour dénoncer les avaniesque les Mameluks faisaient subir au commercefrançais , soit pour faire sentir les avantages qu’onretirerait de la vengeance exercée contre eux. Bo-naparte s’était entouré de tous ces documents, etavait formé son plan d’après leur contenu. L’Égypte était, selon lui, le véritable point intermédiaireentre l’Europe et l’Inde ; c’est là qu’il fallait s’éta-blir pour ruiner l’Angleterre; de là on devait do-miner à jamais sur la Méditerranée, en faire, sui-vant une de ses expressions , un lac français ;assurer l’existence de l’empire turc, ou prendrela meilleure part de ses dépouilles. Une fois qu’onse serait établi en Égypte , on pouvait faire deuxchoses : ou créer une marine dans la Mer Rouge et aller détruire les établissements dans la grandepéninsule indienne, ou bien faire de l’Egypte unecolonie et un entrepôt. Le commerce de l’Inde nepouvait manquer de s’y transporter bientôt pourabandonner le cap de Bonne-Espérance . Toutesles caravanes de la Syrie, de l’Arabie, de l’Afrique ,se croisaient déjà au Caire . Le commerce seul deces contrées pouvait devenir immense. L’Égypte était la contrée la plus fertile de la terre. Outre lagrande abondance des céréales, elle pouvait four-nir tous les produits de l’Amérique , et la rempla-cer entièrement. Ainsi, soit qu’on fit de l’Égypte un point de départ pour aller attaquer les établis-sements des Anglais , soit qu’on en fît un simpleentrepôt, on était assuré de ramener le grandcommerce dans ses véritables voies, et de faireaboutir ces voies en France .

Cette entreprise audacieuse avait ensuite, auxyeux de Bonaparte, des avantages d’à propos. D’a-près les lumineux rapports du consul Magallon,c’était le moment de partir pour l’Egypte . On pou-vait, en activant les préparatifs et le trajet, arriveraux premiers jours de l’été. On devrait trouveralors la récolte achevée et recueillie, et des ventsfavorables pour remonter le Nil . Bonaparte soute-nait qu’avant l’hiver il était impossible de débar-quer en Angleterre; que d’ailleurs elle était tropavertie; que 1 entreprise d’Égypte , au contraire,

FRANÇAISE.

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étant tout à fait imprévue, ne rencontre*^ ,d’obstacles; que quelques mois suffira* e "*l’établissement des Français ; qu’il rcv ' eI '^ cCII (csa personne en automne pour exécuter la . j e ;en Angleterre ; que le temps serait alors m' |)J|Cque l’Angleterre aurait envoyé dans 1 * n ^,1partie de ses flottes, et qu’on rencontrera* s _moins d’obstacles pour aborder sur sesOutre tous ces motifs, Bonaparte en avait ^sonnels : l’oisiveté de Paris lui était insU ^ e; ilble ; il ne voyait rien à tenter en P°J. ltJ ^ nCO rC-

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craignait de s’user; il voulait se grIl avait dit ; Les grands noms neOrient.

Le Directoire , qu’on a accusé d’avoir ^ (C ,débarrasser de Bonaparte en l’envoyant enfaisait au contraire de grandes object*° n f jesce projet. Larévellière-Lépeaux surtout éta* a ;tplus obstinés à le combattre. Il disait q u ° ^ s ol'exposer trente ou quarante mille des n*e*‘ É |dats de la France , les commettre au basai, ^bataille navale, se priver du meilleur u)0'celui que l’Autriche redoutait le plus,da> lS ^ment où le continent n’était rien moins 3o«ï cll ffie, et où la création des république c iPavait excité de violents ressentiments > n ,lrcplus, on allait peut-être exciter la Porte aP. i)fC s.les armes, en envahissant une de ses FBonaparte trouvait réponse à tout,rien n était plus facile que d échappe* flen les laissant dans l’ignorance du pr°J e g 0 i(la lSlFrance, avec trois ou quatre cent mi e ia ra” |en’en était pas à dépendre de trente £«<?*£mille hommes de plus ; que, pour 1*“ > pjj;gyl ,tcdrait bientôt; que la Porte avait P er iUaiï» e * l, ^ S 'depuis longtemps par l’usurpation des ^qu’elle verrait avec plaisir la France c0 iiUqu’on pourrait s’entendre avec elle; d 11 ^ pjjrP' 1nent n’éclaterait pas de sitôt, etc., ctC ^ sal ,t a u>aussi de Malte, qu’il enlèverait en V :i

chevaliers, et qu’il assurerait à la " ||C

discussions furent très-vives et ame j$o* ,sscène qu’on a toujours fort mal racon n oi)t;‘parte, dans un mouvement d’impatie** ce ^ v0 ul t,ale mot de démission. — Je suis, a yecf (

qu’on vous la donne, s’écria Laréve, *** . g qumeté, mais, si vous l’offrez, je sm t, ona pa*' tc "l’accepte*.—Depuis cet instant,prononça plus le mot de démission.

* On a tour à tour attribue ce root à R eW J