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RÉVOLUTION FRANÇAISE.
faite. Aussi avait-elle beaucoup moins de zèle àfaire la guerre, et il fallait toute la passion que lui'inspirait son général pour la décider à s’embar-quer et à courir vers une destination inconnue.Cependant elle fut saisie d’enthousiasme en levoyant à Toulon . Il y avait huit mois qu’elle nel’avait vu. Sur-le-champ Bonaparte, sans lui ex-pliquer sa destination, lui adressa la proclamationsuivante :
« Soldats !
» Vous êtes une des ailes de l’armée d’Angle-» terre. Vous avez fait la guerre de montagnes,» de plaines, de sièges; il vous reste à faire la» guerre maritime.
y> Les légions romaines, que vous avez quelque-» fois imitées, mais pas encore égalées, combat-» taient Carthage tour à tour sur cette mer et aux» plaines de Zama. La victoire ne les abandonna» jamais, parce que constamment elles furent bra-» ves, patientes à supporter la fatigue, discipli-» nées et unies entre elles.
» Soldats, l’Europe a les yeux sur vous! vousy> avez de grandes destinées à remplir, des batailles» à livrer, des dangers, des fatigues à vaincre;» vous ferez plus que vous n’avez fait pour la pros-» périté de la patrie, le bonheur des hommes, et» votre propre gloire,
» Soldats,matelots,fantassins, canonniers, ca-» valiers, soyez unis; souvenez-vous que le jour» d’une bataille vous avez besoin les uns des autres.
» Soldats, matelots, vous avez été jusqu’ici né-» gligés; aujourd’hui la plus grande sollicitude de» la république est pour vous : vous serez dignes» de l’armée dont vous faites partie.
» Le génie de la liberté qui a rendu, dès sa nais-» sance, la république l’arbitre de l’Europe , veut» qu’elle le soit des mers et des nations les plus» lointaines. »
On ne pouvait pas annoncerplus dignement unegrande entreprise, en la laissant toujours dans lemystère qui devait l’envelopper.
L’escadre de l’amiral Brueys se composait detreize vaisseaux de ligne, dont un de 120 canons(c’était l’Orient, que devaient monter l’amiral etle général en 01161), deux de 80, et dix de 74. Il yavait de plus deux vaisseaux vénitiens de 65 ca-nons, six frégates vénitiennes et huif françaises,soixante-douze corvettes, cutters, avisos, chalou-
pes canonnières, petits navires de toute esp eC ^
Les
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C’e-
à la fois sur la Méditerranée. Jamais p al
reil an»®'nx’tait c#'
ment n’avait couvert les mers. La flotte P° ^ eS çtviron quarante mille hommes de toutes aidix mille marins. Elle avait de l’eau pour undes vivres pour deux. _ j, r uit
On mit à la voile le 50 floréal (19 ®ai) » a “ p cSdu canon, aux acclamations de toute 1 arnie ^ u „flvents violents causèrent quelque dominass entfrégate à la sortie du port. Les mêmes vents * ^causé de telles avaries à Nelson, qui cr0lS . 1( | 0 ubtrois vaisseaux, qu’il fut obligé d’aller au - ^dans les îles Saint-Pierre. Il fut ainsi éll’escadre française et ne la vit pas sortir- Ÿ oivogua d’abord vers Gênes , pour rallier I e jjjs-réuni dans ce port, sous les ordres du fl^^rsc»raguey-d’Hilliers. Elle cingla ensuite vers a ^rallia le convoi d’Ajaccio , qui étaitsous pou 1 ’de Vaubois, et s’avança dans la mer de Sic 1 ’ ^ a jtse réunir au convoi de Civita-Vecchia » îonaP artCsous les ordres de Desaix. Le projet de R pr-êtait de se diriger sur Malte, et d’y ten !° r ya it d csaut une entreprise audacieuse, d° nt ** sC'longue main préparé le succès par des tra ^, 1 -crêtes. Il voulait s’emparer de cette île» ’jgvC'mandant la navigation de la Méditerran e ’ uVa itnait importante pour l’Égypte , et q ul . 0I) n cmanquer d’échoir bientôt aux Anglais S1les prévenait.
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L’ordre des chevaliers de Malte etai r( ]utoutes les institutions du moyen âge • d a ' al jj jj'iPson objet et dès lors sa dignité et sa f° lCC \ ^cii*tait plus qu’un abus, profitable seuleme 11 ^qui l’exploitaient. Les chevaliers avaient» ^pc-
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magne, des biens considérables, qui l eurété donnés par la piété des fidèles pourles chrétiens allant visiter les saints lieux- ^nant qu’il n’y avait plus de pèlerinage de ce ^ (pèce, le rôle et le devoir des chevaliersprotéger les nations chrétiennes contre es ^resques, et de détruire l’infâme piraterie q^.^j àla Méditerranée. Les biens de l’ordre su psl’entretien d’une marine considérable;chevaliers ne s’occupaient aucunement à e' 1 ^une : ils n’avaient que deux ou trois viei e ^^,-cStes, ne sortant jamais du port, et queIq l,eS ^ |S Je®qui allaient donner et recevoir des fêt es