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Tome II.
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DIRECTOIRE (1798).

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•"ür ! ü|,| 8 an ^ s sans ^°’> pillaient souvent lest:, 'C(it lan( ' S ( I U '^ S escort aient ou auxquels ils prê-chameaux. Quelquefois même, violantqu’on leur accordait sur la lisière desVau - Cl) ltivables, ils se précipitaient sur cetteCstgj 6 ^ 1 ’ NÜ) qui, large seulement de cinq lieues,ac ^ ea pénétrer; ils pillaient les villages, et,Hti^t sur leurs chevaux, emportaient leurl^ns le fond du désert. La négligence turqueq tj leurs ravages presque toujours impunis,Sc rt ll ttait pas mieux contre les brigands du dé-^b^ 11 °^ e ne sava * 1 l utter contre ses sables. Cesde ] CS Crr ants, divisés en tribus sur les deux côtésSt Vallée ’ étaient au nombre de cent ou cent<*»He, et fournissaient vingt ou vingt-cinqS Ca S iers > braves, mais bons pour harcelerj^ etn i, jamais pour le combattre.

D)aj s lr °isième race enfin était celle des Turcs;t’ejj, e était aussi peu nombreuse que les Cophtes ,

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’c qu’elle s’élevait à deux cent mille indi-U Pl us - INlc se partageait en Turcs et Mame-de s ' besTurcs, venus depuis la dernière conquêtel ans de Constantinople , étaient presque tousSs S SUr *‘ stc ( ' es janissaires; mais on sait

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se font ordinairement inscrire sur ces

6t ÎU’^ Ue b° ur avoir les privilèges des janissaires,v ic e j la l rès-petit nombre sont réellement au ser-'Uil ice 11 y en avait que peu d’entre eux dans la> le pacha. Ce pacha, envoyé de Constanti-tieij. ’ re Présentait le sultan en Égypte ; mais à

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de quelques janissaires, il avait vu

'lq. | (; * lr son autorité par les précautions mêmesf:(1 n S( , r Sl| bati Sélim avait prises autrefois pour laÜUouj Cr - Ce sultan, jugeant que, par son éloi-S ( | e C 1 Égypte pourrait échapper à la domina-*®bii e ° ɰ n stantinople, qu’un pacha ambitieux etSit : pourrait s’y créer un empire indépendant,S; (| a S'né un contre-poids en instituant la mi-'Scrg Mameluks. Mais, comme on ne peut pasKs ^,' Cs conditions physiques qui rendent un’ e U t j lï e P et *clant ou indépendant d’un autre, auX É'Cia c’étaient les Mameluks qui s’étaient6 l’]q r ' 11 '^Pendants de Constantinople et maîtresLes Mameluks étaient des esclavesN Circassie. Choisis parmi les plus beauxS* ^ U Caucase, transportés jeunes en Égypte ,Ht et a,ls l’ignorance de leur origine, dans leïl^brav '" aL ' f I uc c * es armes, ils devenaient les^, te »ai e S Ct ' os pl ,is agiles cavaliers de la terre,^aclj a honneur d’être sans origine, d’avoir0s cher, et d’être beaux et vaillants, lis

avaient vingt-quatre boys, qui étaient leurs pro-priétaires et leurs chefs. Ces beys avaient chacuncinq ou six cents Mameluks. C’était un troupeauqu’ils avaient soin d’alimenter, et qu’ils transmet-taient quelquefois à leur fils, et plus souvent àleur mameluk favori, qui devenait bey à son tour.Chaque mameluk était servi par deux fellahs. Lamilice entière se composait de douze mille cava-liers à peu près, servis par vingt-quatre milleilotes. Ils étaient les véritables maîtres et tyrans dupays. Ils vivaient ou du produit des terres apparte-nant aux beys, ou du revenu des impôts établissous toutes les formes. Les Cophtes , que nousavons déjà dits livrés aux plus ignobles fonctions,étaient leurs percepteurs, leurs espions, leursagents d’affaires; car les abrutis se mettent tou-jours au service du plus fort. Les vingt-quatrebeys, égaux de droit, ne l’étaient pas de fait. Us sefaisaient la guerre, et le plus fort, soumettant lesautres, avait une souveraineté viagère. II était toutà fait indépendant du pacha représentant le sultande Constantinople, le souffrait tout au plus au Caire dans une sorte de nullité, et souvent lui refusait lemiri, c’est-à-dire l’impôt foncier, qui, représentantle droit de la conquête, appartenait à la Porte.

L’Égypte était donc une véritable féodalité,comme celle de l’Europe dans le moyen âge; elleprésentait à la fois un peuple conquis, une miliceconquérante en révolte contre son souverain; enfinune ancienne classe abrutie, au service et auxgages du plus fort.

Deux beys supérieurs aux autres dominaient ence moment l’Égypte . L’un, Ibrahim-Bey, riche,astucieux, puissant; l’autre, Mourad-Bcy, intré-pide , vaillant et plein d’ardeur. Ils étaient conve-nus d’une espèce de partage d’autorité, par lequelIbrahim-Bey avait les attributions civiles, et Mou-rad-Bey les attributions militaires. Celui-ci étaitchargé des combats; il y excellait, et il avait l’af-fection des Mameluks , tous dévoués à sa personne.

Bonaparte, qui au génie de capitaine savait unirle tact et l’adresse du fondateur, et qui avait d’ail-leurs administre assez de pays conquis pour s’enêtre fait un art particulier, jugea sur-le-champ lapolitique qu’il avait à suivre en Égypte . Il fallaitd’abord arracher cette contrée à ses véritablesmaîtres, c’cst-à-dire aux Mameluks . C’était cetteclasse qu’il fallait combattre et détruire par lesarmes et la politique. D’ailleurs on avait des rai-sons à faire valoir contre eux, car ils n’avaientcessé de maltraiter les Français. Quant à la Porte,