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Tome II.
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m RÉVOLUTION

il fallait paraître ne pas attaquer sa souveraineté,et affecter au contraire de la respecter. Telle qu’elleétait devenue, cette souveraineté était peu impor-tante. On pouvait traiter avec la Porte , soit pourla cession de l’Égypte , en lui faisant certains avan-tages ailleurs, soit pour un partage d’autorité quin’aurait rien de fâcheux; car en laissant le pachaau Caire comme il y avait été jusqu’ici, et en hé-ritant de la puissance des Mameluks , on n’avaitpas grand’chose à regretter. Quant aux habitants,il fallait, pour se les attacher, gagner la véritablepopulation, c’est-à-dire celle des Arabes. En res-pectant les scheiks, en caressant leur vieil orgueil,en augmentant leur pouvoir, en flattant un désirsecret qu’on trouvait en eux, comme on l’avaittrouvé en Italie , comme on le trouve partout, celuidu rétablissement de l’antique patrie, de la patriearabe, on était assuré de dominer le pays et de seFallacher entièrement. Bien plus, en ménageantles propriétés et les personnes, chez un peuple quiétait habitué à regarder la conquête comme don-nant droit de meurtre, de pillage et de dévasta-tion , on allait causer une surprise des plus avan-tageuses à l’armée française; et si, en outre, onrespectait les femmes et le prophète, la conquêtedes cœurs était aussi assurée que celle du sol.

Bonaparte se conduisit d’après ces errementsaussi justes que profonds. Doué d’une imaginationtout orientale, il lui était facile de prendre le stylesolennel et imposant qui convenait à la race arabe.

11 fit des proclamations qui étaient traduites enarabe et répandues dans le pays. Il écrivit aupacha : « La république française s’est décidée àa envoyer une puissante armée pour mettre fin aux» brigandages des beys d’Égypte , ainsi qu’elle a été» obligée de le faire plusieurs fois dans ce siècle» contre les beys do Tunis et d’Alger . Toi, qui de-» vrais être le maître des beys, et que cependant» ils tiennent au Caire sans autorité et sans pou-» voir, tu dois voir mon arrivée avec plaisir. Tua es sans doute déjà instruit que je ne viens point» pour rien faire contre le Koran ni le sultan. Tua sais que la nation française est la seule et unique» alliée que le sultan ait en Europe . Viens donc à» ma rencontre, et maudis avec moi la race impie» des beys. » S’adressant aux Égyptiens, Bonaparteleur adressait ces paroles : « Peuples d’Égypte,

» on vous dira que je viens pour détruire votre re-» ligion. Ne le croyez pas; répondez que je viens» vous restituer vos droits, punir les usurpateurs,

» et que je respecte plus que les Mameluks, Dieu ,

FRANÇAISE.

» son prophète et le Koran . » Parlant tû grannie des Mameluks, il disait : « Y a-t-il » ne ^» terre? elle appartient aux Mameluks . Y a- \ g0J) ?» belle esclave, un beau cheval, une belle

' l’iVvP^

a cela appartient aux Mameluks . Si pjcii le lir

» leur ferme, qu’ils montrent le bail < ï ue ^ lt ',jj e ux

» en a fait. Mais Dieu est juste et miser 1 ® 0 *

a pour le peuple, et il a ordonné que l’e nl P ( j cS-- ■ ■ - ■ ~ intiment® ,

sonin^

» Mameluks finît. » Parlant des senti» 1 'Français , il ajoutait : « Nous aussi, n ° us ~- aV onS» de vrais musulmans. N’est-ce pas nous 5°^.^ ja» détruit le pape, qui disait qu’il faH alt g» guerre aux musulmans? N’cst-ce P asn rcC qU c» avons détruit les chevaliers de Malte, ^ u >j|s» ces insensés croyaient que Dieu vou a j, e r» fissent la guerre aux musulmans? Trot®

» reux ceux qui seront avec nous! Ilsp r °sP er >» dans leur fortune et leur rang. Hc lire ^ c (l o uSa qui seront neutres ! Ils auront le temp s jj a jà» connaître, et ils se rangeront avec n ® U g . al .iiiC'» malheur, trois fois malheur à ceux q ul fl tr »» ronl pour les Mameluks et combattront^^ j(s» nous ! Il n’y aura pas d’espérance p° ur» périront. » lW en irC'

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Bonaparte dit à ses soldats : « Vous» j a

» prendre une conquête dont les effet s

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a vilisalion et le commerce du monde s°“ c0 xip» culables. Vous porterez à l’Anglete 1 ' 1 ' 0» le plus sûr et le plus sensible, en atten ^

» vous puissiez lui donner le coup de v ivi’°

allô" 3 ,. fol

/ a Les peuples avec lesquels nous a** 1 ''

» sont mahométans; leur premier artic - elh

» est celui-ci : Il n’y a pas d’autre» et Mahomet est son prophète. Ne les co a gi» pas ; agissez avec eux comme nous • ^gai’d®

» avec les Juifs, avec les Italiens. Ayez v o« s—-, --: „,.oo»u« c ti( ,.

» pour leurs muphtis et leurs imans,

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» en avez eu pour les rabbins et pour i es “

» Ayez pour les cérémonies que prescrit e ^ v0 uS

a pour les mosquées, la même toléranced

» avez eue pour les couvents, pour l eS , j t ; 5 iiS'

a gués, pour la religion de Moïse et cd ® ^

a Christ. Les légions romaines protégeai ^ ( ||f'

a les religions. Vous trouverez ici des u5 ‘ ” . ,iC'

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a férents de ceux de l’Europe ,

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il faut ’

» coutumer. Les peuples chez lesquels» Ions entrer traitent les femmes autre 1 » ,a nous. Souvenez-vous que, dans tous

a celui qui viole est un lâche.

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a La première ville que nous rencon u '\ j,#a été bâtie par Alexandre. Nous trouverons