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Tome II.
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RÉVOLUTION FRANÇAISE.

grande caravane de la Mecque . Il écrivit à tousles consuls français sur la côte de Barbarie, pouravertir les beys que l’émir-haggi était nommé, etque les caravanes pouvaient partir. Il fit écrirepar les scheiks au shérif de la Mecque que les pè-lerins seraient protégés, et que les caravanestrouveraient sûreté et protection. Le pacha duCaire avait suivi Ibrahim-Bey à Belbeys. Bona-parte lui écrivit, ainsi qu’aux divers pachas deSaint-Jean-d’Acrc et de Damas, pour les assurerdes bonnes dispositions des Français envers la su-blime Porte. Ces dernières précautions étaientmalheureusement inutiles; et les officiers de laPorte se persuadaient difficilement que les Fran-çais , qui venaient envahir une des plus richesprovinces de leur souverain, fussent réellementses amis.

Les Arabes étaient frappés du caractère dujeune conquérant. Us ne comprenaient pas qu’unmortel qui lançait la foudre fût aussi clément.Ils l’appelaient le digne enfant du prophète, lefavori du grand Allah ; ils avaient chanté dans lagrande mosquée la litanie suivante :

« Le grand Allah n’est plus irrité contre nous!» 11 a oublié nos fautes, assez punies par la lon-» gue oppression des Mameluks ! Chantons les33 miséricordes du grand Allah I

» Quel est celui qui a sauvé des dangers de la» mer et de la fureur de ses ennemis, le Favori de» la victoire? Quel est celui qui a conduit sains» et saufs sur les rives du Nil les braves de l’Oc-» vident!

3) C’est le grand Allah, le grand Allah , qui n’est33 plus irrité contre nous. Chantons les miséri-3> cordes du grand Allah !'

33 Les beys mameluks avaient mis leur confiance33 dans leurs chevaux ; les beys mameluks avaient33 rangé leur infanterie en bataille.

33 Mais le Favori de la victoire, à la tête des33 braves de l'Occident , a détruit l’infanterie et les33 chevaux des Mameluks .

33 De même que les vapeurs qui s’élèvent le ma-33 tin du Nil sont dissipées par les rayons du so-33 leil, de même l’armée des Mameluks a été dis->3 sipée par les braves de l’Occident , parce que le» grand Allah est actuellement irrité contre les» Mameluks , parce que les braves de l'Occident33 sont la prunelle droite du grand Allah . »

Bonaparte voulut, pour entrer davantage dansles mœurs des Arabes , prendre part à leurs fêtes.Il assista a celle du Nil , qui est une des plus

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grandes d’Égypte . Ce fleuve est le bienfa* teU ^ cZla contrée; aussi est-il en grande vénération^les habitants, et il est l’objet d’une espèce de c'Pendant l’inondation, il s’introduit au C air ® j cun grand canal ; une digue lui interdit 1 ence canal, jusqu’à ce qu’il soit parvenu à u ” e gt j n étaine hauteur; alors on la coupe, et le jour ^à cette opération est un jour de réjouissance^^déclare la hauteur à laquelle le fleuve estpa^'et quand on espère une grande inondation •est générale, car c’est un présage d’abonC’est le 18 août ( 1 " fructidor) que cettede fête se célèbre. Bonaparte avait fait ples armes à toute l’armée, et l’avait rangée sUlbords du canal. Un peuple immense était acC °, s(( , ret voyait avec joie les braves de l’Occident a ^à ses réjouissances. Bonaparte , à la teteétat-major, accompagnait les principales all ^ rdu pays. D’abord un scheik déclara la b aUlaquelle était parvenu le Nil : elle était de^cinq pieds, ce qui causa une grande joie-vailla ensuite à couper la digue. Toute 1 artl ca# *française retentit à la fois au moment ou ^du fleuve se précipitèrent. Suivant rusag®^ urfoule de barques s’élancèrent dans le ca Û .^yobtenir le prix destiné à celle qui parvieoentrer la première. Bonaparte donna le P 'même. Une foule d’hommes et d’enfan ts j )9 jngeaient dans les eaux du Nil , attachant a • ; c nt

des propriétés bienfaisantes. Des femmes ) J fitdes cheveux et des pièces d’étoffes. T 3 °n a P^ c j )C vuensuite illuminer la ville, et la journée ^ pasdans les festins. La fête du prophète nCcélébrée avec moins de pompe; Bonap artc ^ ggdit à la grande mosquée; s’assit sur ï? dH ^les jambes croisées comme les scheiks»

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eux les litanies du prophète, en balança * 11 ,de son corps et agitant sa tête. Il édifiasaint collège par sa piété. Il assista ensuite r „pas donné par le grand scheik, élu dans

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C’est par tous ces moyens que le jeuneaussi profond politique que grand capi ta,n e jivenait à s’attacher l’esprit du pays. Tand lS j ; iitflattait momentanément les préjugés, ^ lr ^aiio"à y répandre un jour la science, par ' a va ntsdu célèbre Institut d’Égypte . Il réunit e * ggoC £ai ltet les artistes qu’il avait amenés, et l eS * girU itS’à quelques-uns de ses officiers les plus “ 3 ie 5il en composa cet Institut, auquel il coaSrevenus et l’un dos plus vastes palais du