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Récit des derniers événements survenus en Suisse, par suite de l'appel des Jésuites à Lucerne et de l'Alliance Séparée (Sonderbund) fondée le 14 septembre 1845, aux Bains de Rothen entre les cantons de Lucerne, Uri, Schwyz, Unterwalden, Zug, Fribourg et Valais : exposé au point de vue historique et militaire avec le concours d'un écrivain militaire distingué / par J.-J. Leuthy ; traduit de l'allemand
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«Lors de la visite que je lis dernièrement en Argovie , surla frontière lucernoisc, toute ravinée suisse est actuellementconcentrée , jaurais aimé avoir à mes côtés des officiers anglais ,russes et autrichiens pour connaître leur opinion relativement àl'impression quauraient faite sur eux la tenue de larmée et lesinstitutions militaires de celte république. On connaît la disci-pline de fer qui règne dans les armées du nord , la sévérité ,les peines cruelles de leur code militaire , lordre anxieux deleurs casernes et la régularité exemplaire avec laquelle tous lesrouages, grands et petits de cette immense machine, quon ap-pelle armée, sengrènent et se meuvent. Lorsquon a la moindreindulgence pour le soldat, on croit en Angleterre et en Russie que larmée est perdue , que tout essai de familiarité amicaleentre les officiers et les soldats aurait nécessairement pour con-séquence la dissolulion des liens de lordre et de lobéissance.11 est vrai quen Angleterre et en Russie il existe un aulrc sys-tème de recrutement quen Suisse ; mais je voudrais voir lesgros yeux que feraient des officiers russes et britanniques aumilieu dune armée suisse de presque 100,000 hommes,,avec une indulgence et une douceur de traitement dont il nya peut-être pas dexemple hors de la Suisse , il règne un ordremodèle, une patience si exemplaire à supporter toutes les fatiguesdes marches et l'intempérie des saisons, et en outre une gaîtési franche qui dépasse rarement les bornes des convenances ,même lorsque les milices sont à boire un verre de vin ou quelleschantent des chansons guerrières dans les quartiers ,# il ne secommet presque jamais dexcès. Lofficier fréquente en-dehors duservice le simple soldat comme ceux de son rang; il lui pressela main, bavarde et boit avec lui; il dit rarement des parolesblessantes, et néanmoins il est ponctuellement obéi. On napas entendu non plus de plaintes quil se soit commis desexcès dans les quartiers. Du reste , les troupes suisses se battentaussi vaillamment dans le combat quelles se conduisent biendans les quartiers, et même en pays ennemi elles conserventleur attitude tranquille comme dans leur propre pays. Cestpourquoi jai le plus grand respect pour un système militairequi est si peu dispendieux, qui nécrase pas le peuple, et quicependant , au moment du besoin et du danger, fait sortir