«Lors de la visite que je lis dernièrement en Argovie , surla frontière lucernoisc, où toute ravinée suisse est actuellementconcentrée , j’aurais aimé avoir à mes côtés des officiers anglais ,russes et autrichiens pour connaître leur opinion relativement àl'impression qu’auraient faite sur eux la tenue de l’armée et lesinstitutions militaires de celte république. On connaît la disci-pline de fer qui règne dans les armées du nord , la sévérité ,les peines cruelles de leur code militaire , l’ordre anxieux deleurs casernes et la régularité exemplaire avec laquelle tous lesrouages, grands et petits de cette immense machine, qu’on ap-pelle armée, s’engrènent et se meuvent. Lorsqu’on a la moindreindulgence pour le soldat, on croit en Angleterre et en Russie que l’armée est perdue , que tout essai de familiarité amicaleentre les officiers et les soldats aurait nécessairement pour con-séquence la dissolulion des liens de l’ordre et de l’obéissance.11 est vrai qu’en Angleterre et en Russie il existe un aulrc sys-tème de recrutement qu’en Suisse ; mais je voudrais voir lesgros yeux que feraient des officiers russes et britanniques aumilieu d’une armée suisse de presque 100,000 hommes, où,avec une indulgence et une douceur de traitement dont il n’ya peut-être pas d’exemple hors de la Suisse , il règne un ordremodèle, une patience si exemplaire à supporter toutes les fatiguesdes marches et l'intempérie des saisons, et en outre une gaîtési franche qui dépasse rarement les bornes des convenances ,même lorsque les milices sont à boire un verre de vin ou qu’elleschantent des chansons guerrières dans les quartiers ,#où il ne secommet presque jamais d’excès. L’officier fréquente en-dehors duservice le simple soldat comme ceux de son rang; il lui pressela main, bavarde et boit avec lui; il dit rarement des parolesblessantes, et néanmoins il est ponctuellement obéi. On n’apas entendu non plus de plaintes qu’il se soit commis desexcès dans les quartiers. Du reste , les troupes suisses se battentaussi vaillamment dans le combat qu’elles se conduisent biendans les quartiers, et même en pays ennemi elles conserventleur attitude tranquille comme dans leur propre pays. C’estpourquoi j’ai le plus grand respect pour un système militairequi est si peu dispendieux, qui n’écrase pas le peuple, et quicependant , au moment du besoin et du danger, fait sortir
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Récit des derniers événements survenus en Suisse, par suite de l'appel des Jésuites à Lucerne et de l'Alliance Séparée (Sonderbund) fondée le 14 septembre 1845, aux Bains de Rothen entre les cantons de Lucerne, Uri, Schwyz, Unterwalden, Zug, Fribourg et Valais : exposé au point de vue historique et militaire avec le concours d'un écrivain militaire distingué / par J.-J. Leuthy ; traduit de l'allemand
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