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était tombée au pouvoir des troupes fédérales. Vu le blocushermétique que le général Dufour avait établi, il était bien dif-ficile au conseil de la guerre du Sonderbund d’avoir des nou-velles certaines sur ce qui se passait à Fribourg . Celui-ci avaitentièrement négligé d’introduire dans son armée un système bienorganisé de renseignements sur les opérations de l’ennemi.D’ailleurs, quel est l’homme digne de confiance qui eût vouluse ravaler à jouer le rôle d’espion pour Siegwart et consorts ?Cependant, en voyant quelques détachements de troupes quitterla frontière lucernoise pour se concentrer, le conseil de la guerredu Sonderbund pouvait en conclure qu’il s’agissait d’une attaquesur Fribourg . Dans des conjonctures pareilles, le membre fri-bourgeois du conseil de la guerre doit avoir insisté avec pétu-lance pour qu’on fit une diversion en faveur de Fribourg , desorte que ce conseil décida dans la nuit du 10 ou dans la ma-tinée du 11, en opposition avec les vues du général et ducolonel Elgger , de faire attaquer le canton d’Argovie dans le butde faire cesser les opérations de l’armée fédérale contre Fribourg et d’amener de la confusion dans ses rangs. Plusieurs officiers su-périeurs , qui trouvaient le temps trop court pour opérer cettevaste dislocation des troupes, doivent avoir fait d’instantes re-présentations contre cette expédition. Néanmoins le 11 vers midiil fut ordonné qu’elle aurait lieu le 12 à la pointe du jour.Mûri était le point sur lequel devaient se réunir ce jour-là tousles corps de troupes employés pour celle expédition.
La colonne principale, sous la conduite personnelle du gé-néral Salis, devait pénétrer de Gislikon à Mûri en passant parKleindietvvyl, lüili et Sins; une seconde colonne, sous le com-mandement du colonel Elgger, devait s’avancer de Ilitzkirch àMûri en passant par Geltwyl ou Bellwyl et être appuyée parune petite colonne latérale venant de Schongau sous le com-mandement du lieutenant-colonel de S l -Denis, pendant qu’enmême temps le Kulmerthal serait alarmé par une attaque simuléedirigée de Munster sur Menzikon.
Ces colonnes étaient combinées comme suit :
I. COLONNE DU GÉNÉRAL DE SALIS.
Artillerie. Les batteries Mazzola, Schvvyzer et Pfyffer , de Lu-cerne , et Mulieim, d’Uri.