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Dès que les préparatifs furent terminés, l’attaque sur Fri-bourg se lit avec une promptitude surprenante. Dans trois joursde temps, la moitié de l’armée se trouvait déjà sous les mursde Fribourg . Pendant qu’une division faisait de Neueneck uneatiaque simulée, toute la colonne d’attaque se concentra d’unautre côté à Belfaux devant Fribourg . Quoique ce canton fûtséparé de ses co-États de la ligue et abandonné par le districtde Moral , il était cependant protégé par des fortifications na-turelles et artificielles, pourvu d’un grand nombre de bouchesà feu et il avait une quantité suffisante de troupes, commandéespar des officiers expérimentés, pour être en mesure d’opposerune résistance opiniâtre. On s’attendait à celte résistance , d’au-tant plus qu’on savait que les jésuites, dont l’influence s’éten-dait sur le gouvernement tout entier, avaient beaucoup à perdre,et qu’ils avaient enflammé le peuple pour la guerre sainte; onpensait qu’ils feraient les sacrifices les plus coûteux pour sauverce qu’ils avaient de plus cher. Envivon cent élèves des jésuitesétaient arrivés à Berne le 13 novembre, et le ili arrivèrent àBâle dans des voitures vingl-buil autres élèves qu’un comtefrançais était allé chercher deux jours auparavant à Fribourg .Ils retournèrent en France .
Plus l’heure décisive approchait, plus les réfugiés fribour-geois déployaient d’activité. Déjà quelques semaines avant l’ex-pédition , M. Charles Geinoz, jeune homme plein de talents,qui avait étudié le droit à Fribourg et qui avant les événementsde juin était sorti victorieux d’un procès de presse que lui avaitintenté le gouvernement, avait adressé de Lausanne un appelà ses concitoyens, dans lequel il mettait, comme il le méritaiteffectivement, le gouvernement fribourgeois au pilori de l’opi-nion publique et justifiait entièrement le soulèvement tenté enjanvier. Enfin, les réfugiés lancèrent aussi un manifeste quimérite d’être consigné ici et transmis à l’histoire. Ce manifesteest ainsi conçu :
Les patiotes fribourgeois à leurs concitoyens !
Elle a sonné l’heure du grand réveil ! Fribourgeois, levez-vous etbrisez vos fers.
La Confédération année est à vos portes. Ce n’est point vous qu’ellecherche et veut punir : C’est ce gouvernement rebelle, qui a scellé le