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Récit des derniers événements survenus en Suisse, par suite de l'appel des Jésuites à Lucerne et de l'Alliance Séparée (Sonderbund) fondée le 14 septembre 1845, aux Bains de Rothen entre les cantons de Lucerne, Uri, Schwyz, Unterwalden, Zug, Fribourg et Valais : exposé au point de vue historique et militaire avec le concours d'un écrivain militaire distingué / par J.-J. Leuthy ; traduit de l'allemand
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Dès que les préparatifs furent terminés, lattaque sur Fri-bourg se lit avec une promptitude surprenante. Dans trois joursde temps, la moitié de larmée se trouvait déjà sous les mursde Fribourg . Pendant quune division faisait de Neueneck uneatiaque simulée, toute la colonne dattaque se concentra dunautre côté à Belfaux devant Fribourg . Quoique ce canton fûtséparé de ses co-États de la ligue et abandonné par le districtde Moral , il était cependant protégé par des fortifications na-turelles et artificielles, pourvu dun grand nombre de bouchesà feu et il avait une quantité suffisante de troupes, commandéespar des officiers expérimentés, pour être en mesure dopposerune résistance opiniâtre. On sattendait à celte résistance , dau-tant plus quon savait que les jésuites, dont linfluence séten-dait sur le gouvernement tout entier, avaient beaucoup à perdre,et quils avaient enflammé le peuple pour la guerre sainte; onpensait quils feraient les sacrifices les plus coûteux pour sauverce quils avaient de plus cher. Envivon cent élèves des jésuitesétaient arrivés à Berne le 13 novembre, et le ili arrivèrent àBâle dans des voitures vingl-buil autres élèves quun comtefrançais était allé chercher deux jours auparavant à Fribourg .Ils retournèrent en France .

Plus lheure décisive approchait, plus les réfugiés fribour-geois déployaient dactivité. Déjà quelques semaines avant lex-pédition , M. Charles Geinoz, jeune homme plein de talents,qui avait étudié le droit à Fribourg et qui avant les événementsde juin était sorti victorieux dun procès de presse que lui avaitintenté le gouvernement, avait adressé de Lausanne un appelà ses concitoyens, dans lequel il mettait, comme il le méritaiteffectivement, le gouvernement fribourgeois au pilori de lopi-nion publique et justifiait entièrement le soulèvement tenté enjanvier. Enfin, les réfugiés lancèrent aussi un manifeste quimérite dêtre consigné ici et transmis à lhistoire. Ce manifesteest ainsi conçu :

Les patiotes fribourgeois à leurs concitoyens !

Elle a sonné lheure du grand réveil ! Fribourgeois, levez-vous etbrisez vos fers.

La Confédération année est à vos portes. Ce nest point vous quellecherche et veut punir : Cest ce gouvernement rebelle, qui a scellé le