2
RECHERCHES SUR LA DURETÉ DES CORPS.
point de vue, et même entre les diverses surfaces d’un mêmecorps, — et.après avoir exposé les travaux qui ont été tentésdans cette direction, je dirai comment je définis et commentje détermine la dureté des corps.
Iluyghens, dans son Traité de la lumière 1 2 * , en s’appuyantsur certaines conceptions hypothétiques analogues à cellesproposées par llaiiy, dans son Traité de cristallographie,cherche, par une forme et un arrangement particuliers desmolécules, à expliquer la formation des plans de clivage quedonne le spath d’Islande, et il ajoute pour appuyer l’hypothèsequ’il admet: «que si on passe un couteau en raclant sur« quelqu’une de ses surfaces naturelles, et que ce soit en des-« Cendant de l’angle ohtus équilatéral, c’est-à-dire de la poinle«de la pyramide, on le trouve fort dur; mais en raclant du« sens contraire on l’entame aisément. »
Voilà la dureté définie par la résistance offerte par uiftristalde spath d’Islande à être entamé ou rayé par une lame decouteau, et ce fait très-important observé pour la première fois,si je ne me trompe, qu’à la surface d’un cristal, la dureté peutêtre différente, selon le sens dans lequel on vient à agir sur lui.
Pour suivre l’ordre chronologique, je dois parler ici du pre-mier travail sérieux (pie l’on ait entrepris sur la dureté, et jele fais d’autant plus volontiers qu’il est un premier essai dedétermination numérique peu connu, et qui mérite de l’êtrecependant. Muschenbroek a publié, en 1729, une suite de Mé-moires ( Physicæ experimentales et geomelricæ dissertationesYparmi lesquels s’en trouve un intitulé : Introdiictio ad cohce-rentiam corporum firmorum. C’est le chapitre X de ce volu-mineux travail qui est consacré à la dureté sous ce titremodeste: Tentamen de corporum duritie.
1. Levde, Van der Aa, 1690, p. 95; ou Opéra reliqua. Àmsterd., 1728,t. I er , p. 70.
2. Lugduui Batavorum, apud Samuelem Lachtmans, 1729. 1 vol. in- 4 °
p. 668-672.