INTRODUCTION I-IISTORIQUU.
3
Muschenbroek, après avoir fait remarquer que la questionest complètement neuve, ajoute que ce qui frappe au premierabord celui qui l’étudie avec attention, c’est qu’elle offrecontinuellement les difficultés les plus graves et les plus insur-montables; aussi n’a-t-il voulu tenter qu’un essai. L’auteurappelle durs les corps dont les parties ont assez de cohérencepour ne pouvoir être séparées les unes des autres que pardes forces très-grandes; les corps mous sont ceux qui cèdentà des forces assez faibles.
Ayant adopté diverses méthodes, elles ayant successivementrejetées, il s’est arrêté à la suivante, sujette à beaucoup dedifficultés, en faisant remarquer, avec bonne foi, que si ellene satisfait pas les savants, elle ne le satisfait pas davantage;il l’accepte, faute de mieux, jusqu’à ce que la dureté puisseêtre déterminée avec plus de précision ’.
Ayant préparé de petits parailélipipèdes droits, à base carrée,dont le côté était de 0.15 pouce (4 millim.), il les coupait trans-versalement avec le même coin, en employant les coups d’unmarteau tombant sur le coin un nombre suffisant de fois pourque le corps soumis à l’expérience fût complètement divisé dansson épaisseur; le nombre de coups employés servait, commeon va le dire, de mesure à la dureté. — L’auteur remarque queplusieurs corps, de poids spécifiques différents, étant donnés,comme ils ne renferment pas la même quantité de matièresous le même volume, et que les parallélipipèdes coupés ontmêmes dimensions, ce n’est pas une même quantité de ma-tière qui est divisée; elle est plus grande pour les corps plusdenses, moindre pour les autres ; en conséquence le nombrede coups portés sur le coin ne peut représenter la dureté qu’àta condition de le diviser par le poids spécifique de la matière
1. Muschenbroek parait avoir eu pour but la comparaison des bois; carc est surtout la recherche de leur dureté *qui l’a occupé. 11 a cependanta Ppliqué, comme on le verra, sa méthode à quelques métaux.