VJ NOTICE
force et de sa dignité, sous des généraux choisis par lafaveur, se consolait de leurs défaites par des chansons.Aucun exemple, aucune exhortation ne pouvaient ra-mener à la victoire des officiers sa ns talens et des sol-dats sans discipline. O champs de Clostercamp, vousaviez vu tomber d’Assas, et son dévouement sublimen’avait point enfanté des héros î
M. de Bouille vint grossir le petit nombre des guerriersqui sauvaient du moins l’honneur de nos armes. En 1 ^ 56 ,il avait été nommé capitaine dans les dragons du régi-ment de La Ferronnays. En commençant la campagne ,il résolut de mettre à profit, pour son instruction, lesmarches, les campemens, les succès et les revers mômes.Dans l’attaque ou dans la retraite, on le trouvait toujoursau plus fort des périls. Passer des fleuves à la nage ,s’élancer dans la mêlée, soutenir une charge, emporterune redoute, enfoncer un carré, revenir du champ debataille , tout couvert de fumée , de blessures et degloire, tels étaient les premiers exercices, j’ai presquedit les premiers amusemens de sa vie militaire.
Déjà le jeune officier n’était plus cité qu’avec éloges }déjà son avancement avait été la récompense de plusieursactions d’éclat, lorsque les mouvemens de l’armée danslaquelle il servait alors lui présentèrent-une de ces occa-sions dont il était toujours avide. Au combat de Grum-berg, il commandait notre avant-garde. Apercevoir unecolonne ennemie, la couper, l’attaquer, la vaincre, cefut pour M. de Bouillé l’ouvrage d’un moment. Ce mou-vement liardi décida le sort du combat, et la victoire,nourun moment du moins, parut sourire à nos drapeaux.De rang en rangl’ou répétait le nom du marquis de Bouillé.Le maréchal de Broglie, témoin de son heureuse audace,