SUR LA VIE DU MARQUIS DE BOUILLE. vij
le chargea de porter à Versailles et la nouvelle et lesgages du succès. Aussi modeste que brave, il remit auroi ses dépêches , répondit aux questions du prince,vanta beaucoup les actions des autres, et garda le silencesur les siennes. Messieurs, dit Louis XV aux courtisansqui l’entouraient, il est le seul dont il ne parle pas , etcependant il s'est fort distingué : il a pris des canons etdes drapeaux. Mots flatteurs qui payaient déjà ses ser-vices ! Le roi joignit à ces paroles le rang de colonel.M. de Bouille fit avec honneur une seconde campagne enAllemagne (i); et, rappelé sur les côtes de la Norman die , il allait s’embarquer avec son régiment pour uneexpédition lointaine, quand les négociations entaméesmirent un terme à la guerre et à nos longs désastres.
Le traité de Paris , qui nous fit acheter la paix auxplus dures conditions, nous rendit cependant les îlesravies à la France , dans une guerre où la marine n’avaitpas éprouvé moins d’humiliations que l’armée. Nos pos-sessions coloniales avaient besoin d’un chef dont l’admi-nistration ferme, vigilante, éclairée, réparât les mauxqu’elles avaient soufferts, rallumât dans le cœur des ha-bitans des sentimens d’affection refroidis par nos désas-tres, et mît, pour l’avenir, leurs ports à couvert desinsultes, et leurs biens à l’abri du pillage. M. de Bouillé
(0 M. de Bouillé, en attendant la vacance d’un régiment, fit le ser-vice de colonel, sans quitter lesdragons de La Ferronnays. On lui con-fia souvent le commandement de nos avant-gardes. Il eut une affairebrillante sous les murs d’Eimbeck. Blessé d’un coup de sabre et ren-versé de cheval au combat de Quedlimbourg , il fut fait prisonnier. On1 échangea peu de mois après. Il eut, à cette époque, le régiment d’in-fanterie de Wostan, dont le colonel venait d’être tué au siège de Bruns-wick. Ce régiment porta le nom de Bouillé, qu’il garda jusqu'à la paix jil prit alors celui de Vexin .