A'IJ] NOTICE
fut, à vingt-huit ans, nommé gouverneur de la Guade loupe . Des mers lointaines, un ciel, un climat, des lieux-nouveaux pour lui, allaient offrir de graves sujets deméditation à son esprit. Les devoirs de sa place, d’accordavec ses inclinations, l’attachaient plus que jamais auxétudes qu’exigeait son état.
Quelles sont les entreprises que peut tenter le cou-rage au milieu de ces îles séparées entre elles par d’étroitsbras de nier, occupées par des nations toujours rivaleset souvent ennemies? Sur quel point de ses possessionsla puissance anglaise est-elle attaquable?Pour triompherdans les Antilles faut-il employer la force ou la ruse ?Quels temps, quelles saisons, quels vaisseaux, quelsarmes y sont favorables aux combats? Voilà quels soinsoccupaient la pensée toujours active du nouveau gou-verneur. Il voulut savoir ce qu’on avait à redouter de lachaleur du climat et de la violence des vents. Il apprità connaître, sur la carte, par des voyages ou par delidèles rapports, la profondeur des eaux, la rapidité descourans, les mouillages que présentent les côtes,les for-tifications qui les couvrent, le nombre des soldats quiles défendent; en sorte qu’au sein même de la paix ilavait tout préparé pour les succès de la guerre-
Elle éclata, en 1778, à l’occasion de l’indépendanceaméricaine , et l’on put regarder comme un signe pré-curseur des intentions de la France , la nomination deM. de Bouillé au gouvernement général de la Martinique et des îles du Levant. Dans les récompenses données àl’administrate.ur, il était aisé de voir ce qu’on attendaitdu zèle et des talens du guerrier.
Ce n’est point ici le lieu de remarquer comment unimpôt abusif, établi par le gouvernement anglais dans les