IX
SUR U A VIE DU MARQUIS DE ROUILLÉ.
provinces du nord de l’Amérique , disposa leurs habitansà la résistance; ni comment quelques ballots de thé jetésdans la mer, à Boston , produisirent une secousse dontle contre-coup se fit senLir dans les deux mondes (i). LaFrance fut-elle habile, imprudente ou généreuse dans sa'politique, en épousant laquerelle desinsurgés américains?C’est une question que je réexaminerai point davantage;mais il importe à la connaissance du caractère et des opi-nions de M. le marquis de Bouille, de montrer commentil prit une part brillante aux événemens de cette guerre,sans approuver l’esprit qui la dirigea.
Lorsque, après trois années de séjour à la Guadeloupe ,M. de Bouille revint en Europe , il fut frappé des progrèsque de nouveaux principes avaient faits parmi ses com-patriotes. Il devina bientôt quel sentiment de bienveil-lance animait, en faveur des colonies anglaises, les écri-vains qui commandaient en France à l’opinion publi-que. Le congrès de Philadelphie avait consacré leursmaximes , et réalisé leurs vœux par les déclarations danslesquelles il revendique les droits des peuples. Le ca-ractère national secondait puissamment, à cette époque,l’impulsion que le parti philosophique donnait aux es-prits. Un peuple généreux devait voir avec intérêt deshommes qui, sans expérience et pour ainsi dire sans armes,soutenus uniquement par l’espoir d’affranchir un jourleur pays , luttaient contre les bataillons aguerris et nom-breux de la Grande-Bretagne ; et cette ardeur guerrière,
(i) Les causes, les principales circonstances-, et surtout les résultatsde la guerre d’Amérique , seront exposés dans la notieequi précédera lesMémoires du maréchal de Rochamheau. Ce tableau général appartientplus nécessairement au récit des campagnes que firent, sur le continentaméricain , les troupes françaises unies aux soldats de Washington .